‹ Les campagnes de 1799. Souvarow en ItalieChapitre 92 sur 112 · Armée de Korsakotf · texte numérisé non relu

Armée de Korsakotf

tants de la rive gauche du Khin et de la Belgique le sollicite encore à y porter le théâtre de la guerre.

Quant à nous, notre ohjet est de lutter sans cesse pour recouvrer ritalic. Nous forçons par là Fennemi à entretenir de nombreuses troupes ; nous Tempôchons de se porter en force sur le Rhin, frontière sur laquelle le voisinage de la Prusse et de la Hollande et d'un pays conquis, sourdement agité, appelle la plus grande sollicitude; par là, nous vivons sur un territoire étranger à la France et qui offre aux besoins de la guerre un aliment inépuisable, et nous combattons sur un terrain favorable à notre tactique. La possession de l'Italie est d'ailleurs de l'influence la plus vaste pour nous, contre l'Autriche qu'elle ouvre à nos armes et sur laquelle nous pourrons de ce côté porter des coups plus sensibles.

D'après ces considérations, quel est le parti que nous devons adopter pour que toutes nos forces concourent à ce but? L'ennemi, formé en deux armées qui se touchent et se prêtent ainsi un mutuel appui, peut toujours se trouver en supériorité en Italie à la faveur des versements de troupes qu'il opère de son centre sur sa gauche. La facilité de ses communications nous a été Jusqu'ici trop fatale pour ne pas la lui ravir. On peut le tenter de deux manières.

L'armée du Rhin, débouchant dans la Souabe et menaçant le flanc droit et les derrières de l'armée du prince Charles semble devoir le forcer à abandonner l'Helvétie et à n'occuper que les positions fortes qui couvrent le passage du Rhin depuis Constance jusqu'à sa source ; par l'effet de ce mouvement, il s'établirait, entre les généraux ennemis, le prince Charles et Suwarof un intervalle qui leur ôterait la faculté de se prêter rapidement des troupes, ou du moins nos communications deviendraient aussi faciles que les siennes. Cette opération ne pourrait être entamée qu'en faisant passer, de l'armée du Danube à celle du Rhin, 20.000 hommes et, pour être poursuivie avec succès, cette dernière armée devrait être successivement augmentée à mesure qu'elle s'avancerait vers la Bavière.

Ce jjrojet audacieux offre de grands avantages ; mais, comme il faut tout prévoir, je dois observer que, pendant

qu'on retiiLMuil 20. 00»» hommes de THelvélie pour réunir ïi rarra«^e du Rhin, l'armée autrichienne pourrait profiter de leur départ et s'engager plus avant, de manière à compromettre B41e et notre frontière. D'ailleurs, en attirant l'ennemi sur le Rhin, on s'expose à de fclcheux événements dans le cas où notre offensive en Souabe serait sans succès.

Le second parti qui se présente est de reconquérir les Grisons, d'occuper le Mont Gothard et de prendre à revers l'ennemi qui occupe le Piémont et la Cisalpine en portant à Glarens un corps de 20.000 hommes, ou intercepter les communications ennemies, et l'on prête une puissante faveur aux opérations des armées d'Italie et des Alpes.

Cette entreprise parait tendre plus directement au but nécessaire que nous avons établi ; elle évite d'exposer notre faible cavalerie dans les plaines de l'Allemagne devant un ennemi particulièrement fort dans cette arme, et elle donne à notre infanterie habile et heureuse dans la guerre de montagne toute sa force ; mais la difficulté des subsistances est un obstacle qui demande de grands sacrifices pour être surmonté et des apprêts de longue baleine. Si ce parti était adopté, il n'en faudrait pas moins conserver une armée formidable sur le Rhin, soit pour garantir les derrières du corps agissant vers les sources du fleuve, soit pour résister à toute diversion que Tennemi pourrait tenter à la faveur du Necker et du Main, sur notre ligue défensive.

Dans moins d'un mois, le nouveau corps russe sera en mesure d'agir. A la même époque, la position de l'Italie peut être changée et quels que soient les événements, nous ne pourrons rester en inaction en Helvétie ou sur le Rhin, car l'armée d'Italie soutiendrait alors seule tout le poids de l'ennemi.

Si des moyens d'argent secourent ceux de zèle et d'énergie que j'applique aux différents services du matériel et du personnel de l'armée, nous avons à espérer (|ue les troupes de la République refaites par quelques décades de repos et sentant le besoin d'arrêter les progrès des Austro-Russes, obtiendront des avantages que consolidera la nouvelle sous« cription.

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