A TRAVERS ROUEN
Au rétour de Bonsecours, la visite de la vieille capitale normande commence par :
La Fierte Saint-Romain. -- Edieule en pierre, adossé aux anciennes Halles rouennaises, au-dessus d’un passage faisant communiquer la Haute et la Basse-Vieille-Tour,où se trouvait jadis le premier château des ducs normands. Cet édifice, conçu dans le style italien, date de la Renaissance (1542-1543) et remplaca une ancienne chapelle Saint- Romain. Au premier étage de cet édicule, tous les ans, à l’Ascension, avait lieu la cérémonie de la L:cee de la l'ierte (chàässe de Saint-Romain). En vertu d'un privilège spécial, le Chapitre de la Cathédrale avait droit de présenter au Parlement un condanné à mort pour obtenir sa grâce. On amenait processionnellement, avec toutes les paroiïisses de la ville, ce prisonnier, qui, après être monté sur la plate-forme du monument et y avoir soulevé la Jierte, devant tout le peuple assemblé, était bre. Cet usage, extréinement ancien, n'a disparu qu'à la Révolution. Dans les bâtiments des Anciennes Halles (xvn° siéele) sont installés : l'Ecole régionale des Beaux Arts, le Magasin des décors du Théaâtredes-Arts, et la plupart des Syndicats et des Sociétés
de secours imutuels rouennais.
Rue de l'Epicerie. — Une des rues les plus pittoresques du Vieux-Rouen, tres souvent dessinée et reproduite, Maisons à pignons xvi° siecle, A gauche et sur la petite place du Marché-aux-Balais: Maison curieuse avec cartouche en bois sculpté
Place de la Calende. — Sur cette place, au au sud, s'aperçoit un grand bätiment à fronton décoratif, reste de l'ancien Hôtel-Dieu de la Madedeleine (xvin® siècle). En face : le Portail de la Calende (on appelait Calende, une assemblée ecclésiastique). « Le portail de la Calende, à écrit Viollet-le-Duc, est un chef-d'œuvre. Tout y est exéeuté avec une rare perfection, » Construit avant la fin du xv' siècle, restauré de 1854 à 1866. Dans Île tympan et sur le double linteau : Histoire de Jésus- Christ et de la Passion. Sur le trumeau : statue du Christ. Niches latérales : statues des Apôtres, Voussures du portail: figures d'anges et de martyrs. Très curieuse série de petits bas-reliefs : scènes grotesques ou allégoriques; Arbre le Jessé ; représentation des petits métiers; Vie de Jacob et de Joseph. À droite : homme suspendu à une fourche patibulaire, D'après la tradition, fausse du reste, le portail de la Calende aurait été construit avec les biens saisis d’un boulanger qui aurait vendu du pain à faux poids.
Premier pignon : Le Pésement des dines. Sous le dais du second pignon : Groupe de Jésus-Christ entouré d'anges, terminant l'ensemble du portail.
Rue des Bonnetiers, vieille rue rouennaise, tirant son nom de là Corporation des Bonnetiers, longeant Fabside de Ta Cathédrale pour mener au 'alais archiépiscopal. Grande porte d'entrée en hémieyvele (Kvint sieele). A lintérieur, suite de batiments du xv'siccle, remaniés aux siécles suivants, donnant sur les jardins, Belle porte d'architecture toscane, vers le chevet de la Cathédrale, construite par Mansard, Salle des Etats : tableaux d'IHubert Robert (xvin® siècle) 5: vues de Rouen, Gaillon, Dieppe et le Havre, données par le cardinal de La Rochefoucauld. Séjour de Louis XI, d'Henri IF, d'Anne d'Autriche; Assemblée des Notables en 1650, présidée par Louis XIV.
Rue du Change. où se trouvaient autrefois les échoppes des Changeurs. Bas-côté sud de la
Cathédrale avec chapelles du xiwv° siècle, Petite porte des Maçons : dans le fronton, Frésentation de la Vierge au Temple. À gauche, se trouvait l'église du Prieuré de la Madeleine : vestiges récemment découverts.
Place de la Cathédrale.— C'est le centre de la cité gothique : ancienne place du Parvis, jadis entourée de murs, où se trouvait une fontaine disparue. A beaucoup perdu de son caractère par la constructions d'immeubles modernes. — A l'ouest, à l'angle de la rue Amptre, Bureau des Finances.
Construit sous Louis XIE, en 1509, pour servir de Paluis des Aides; marque la transition du style ogival au style de la Renaissance, Edité par Rouland Le Roux, aux frais du général des finances, Thomas Bohier, Sur les deux facades : hautes fenêtres avec arabesques. Médaillons au chiffre de Louis XII avec EL couronnés et pores-épies, emblémes de la royauté, Partie sur la rue Ampére, postérieure, porte des F couronnés, emblèmes de François If, Cet édifice est actuellement occupé par la Société industrielle de Rouen. Sur la place de la Cathédrale, à l'angle de la rue de la Grosse-Horloge, existait autrefois l'église Saint-Herbland où fut baptisé Robert Cavelier, sieur de Ia Salle, le 22 novembre 165.
CATHÉDRALE. -—IaUathédrale fut commencée en 1201 et terminée en 1525 ; elle appartient donc à toutes les périodes de Fart gothique. Grand portail (xvr® siéele) par Rouland Le Roux. Nombreuses sttues par Théroulde et Desolbeaux. Arbre de Jessé. Porte pau Collin Castille, Pyramides supérieures, abattues par un ouragan en I6S3 (actuellement en reconstruction). Portes latérales : à gauche, Porte Saint-Jean (Nin° sivcle). Bas-reliefs se rapportant à saint Jean; Danse d'Hérodiade, Dévollation : à droite : Porte Saint-Etienne (x siècle): Lapidation de saint Etienne.
Tour de Beurre, à droite, construite avec largent des permissions pour faire usage du beurre en carème (1485 à 1507). Construite par Pontifz et
Jacques Le Roux. Statues d'Adam et Eve, Dernier étage très riche comme décoration. Autrefois S'y trouvait la cloche « Georges d’'Amboise », pesant 18,000 kilos, félée en 1786. Tour Saint-Romain (75 met. de hauteur), à gauche, avec toiture aiguë en ardoise. Base (xu° siècle), Etage supérieur (1467) par G. Pontifz. Belle salle intérieur. Beffroi des cloches. Gros bourdon refondu en 1850 (7.500 kilos).
Tour centrale et Flèche. -— Tour en pierre (x. siècle) sur le transept; a succédé à une flèche bois et plomb, foudroyée en 1822. Flèche en fonte par Alavoine (1824-1876), avec clochetons à la base (152 met. de hauteur).
Intérieur.-- L'intérieur étonne par la majesté et la grandeur des proportions, éclairé par 150 fenêtres ogivales. Triple nef avec 25 chapelles régnant dans tout le pourtour de l'église, Croisillons avec haute lanterne au transept. Chœur supporté par 14 piliers de style normand. Chapelle de la Vierge à l'abside (1302). Dimensions de la cathédrale: long., 136 mèt.; larg, 59 met, 50; longueur du transept, 5% méêt, 6) : hauteur de la grande nef, 23 mètres; collatéraux, 14 mètres; lanterne, 53 mèt. 30. Vitraux du xHi° au xvi° siècle, Maitre autel moderne, Escalier gothique de la Bibliothèque (1#78-1480) par G. Pontifz et Desvignes, Dans la chapelle de la Vierge : tombeaux de P. de Brézé, de Louis de Brézé (13% à l5r#), avec figure de Ja Vierge, figure de Diane de Poitiers en veuve et cadavre où € gisant » attribué à Jean Goujon. Dans le haut, Louis de Brézé en armure, Magnignilique Tombeau des cardinaux d'Amboise.
avec statues de Georges let Georges TE Nombreuses statueset figures allégoriques : bas-relief représentant saint Georges terrassant le dragon. Construit de A5IS à 1525 par Rouland Le Roux et de nombreux artistes francais. Dalles tumulaires de Farchevèque Cambacéres (SES), Blanquart de Bailleul (ISSN), curdinaux de La Rochefoucauld et de Bernis. Tombe de Pévèque Maurille (1255), du cardinal de Croy (I8##), par Barthélemv. Tombeaux modernes d'Henri le
Jeune et de Richard Cœur-de-Lion. Mausolée en marbre (Chapu) du cardinal de Bonnechose (France chrétienne par Carlus, architecte Sauvageot}, Dans la chapelle Saint-Etienne : tombeaux de Claude Groulard et de Barbe Guiffard, sa femme ; de Jehan Le Machon, fondeur de la « Georges d'Amboise ». Pierre tombale des Innocents (1627) condamnés injustement. Tombeau de Rollon et épitaphe. Picrres tombales de Jean de Bayeux, de Denis Gastinel, juge de Jeanne Dare. Dans la chapelle saint Joseph (Porte des Maçons), inscription en marbre et médaillon de l'explorateur Gavelier de la Salle, né à Rouen en 1643, baptisé à l'église Suint- Herbland, paroisse réunie à la Cathédrale. Médaillon et plaque par le sculpteur Alphonse Guilloux, inaugurés en grande pompe avec cérémonie musicale.
Stalles au nombre de 83. Représentations sculptées des métiers (1457-1489). Chaire moderne. Orgues refaites du xvi® au xvurt siècle : instrument actuel, par Merklin et Sekütz. Sacristie, avecclôture de pierre, don du chanoine Philippe de la Rose, par Gr. Pontifz. Trésor contenant diverses chàsses. Dans la chapelle de la Vierge : retable sculpté de Jean Racine (163). Nativcité par Philippe de Champaigne (1629). Bas-reliefs en albätre par Le Prince: en marbre blanc par Clodion et Lecomte, provenant de Paneien Jubé. Descente de Croiæ par Jouvenet (&vnf siècle), Dépendances de la Cathédrale, du côté nord: Cour d’'Albane avec Salle capitulaire, éclairée par des fe-
nôtres ogivales.
Portail des Libraires (tire son nom de ce que les libraires rouennais Y avaient leurs échoppes), — Construit de 14630 à 1470 par Gr, Pontifz. Kurleseôtés : 150 médaillons grotesques : La Truie jouant de la vielle. Dans 1e tympan : Jugement dernier. Pentures de porte en fer forgé.
Dans la Cour : à droite, ancienne Oflicialité (Maitrise Saint-Evode); à gauche, Bibliothèque du Chapitre. Avant-portail construit par G. Pontifz. (ID.
Rue Saint-Romaïin. — Une des plus anciennes rues rouennaises. Maisons xv° siècle, n°3 et 5 et n° 7#. — Ancienne maitrise où étudia Boieldieu. Logis de La Coupe, habité par R. de Chälon, ami de P. Corneille. Sur la droite : Chapelle des Ordres où fut rendue la sentence de mort contre Jeanne Dare (1431). Murs et tourelles de l'Archevèché,
Rue de la République. — Place Barthélemy : Eglise Saint-Maclou, construite de 1:33 à 19500, par P. Robin, A, Harel, J. Leroux. Flèche en bois et plomb, démolie en 179%, remplacée par flèche en pierre (IS68, arch, Barthélemy), hauteur 82 mèt, Sur la facade : cinq portaiis. Au-dessus du principal : Jugement dernier. Portes en bois sculptées, souvent attribuées à Jean Goujon : Porte centrale : La Circoncision, Baptême de Jésus-Christ, la Paix, la Justice, la Loi, la Charits; stitucttes de Hénoch, Elie, Moïse, Gédéon; médaillons de Dieu le père avant et après la création. — Porte des Jonts, à gauche : le Bon Pasteur; le Printemps, l'Eté, l'Hiver, l'Automne. Statuettes : Melchissédech, Aaron, saints Pierre et Paul. Porte rue Mar-tainville : Vierge; Arche d'Alliance, Mort de la Vierge. Statuettes de saint Jean et autres saints. Le Christ; le Buisson ardent.
A l'intérieur : escalier d'orgues, par P,. Gringoire (1518-1528). Colonnes en marbre noir par Jean Goujon. Boiseries (xvim® siècle), Tableau attribué à Murillo., Vitraux intéressants. Contre l'église : Fontaine (xvi® siècle) rappelant le Manneken-Piss. Sacristie Renaissance moderne, Presbytère gothique avec maison (xv° siècle) restaurée,
Rue Damiette. — Maisons anciennes, ruelles pittoresques. Hôtel de Sennecille (xvi* et xvir* siècles) où mourut lord Clarendon, chancelier d'Angleterre. Ancienne place des Ponts-de-Robec et rue Eau-de- Robec. (I existe au Canada un ruisseau de Robec, dénomimé par Cavelier de la Salle.) Rue des Boucheries- Suint-Ouen:; Jardin de Saint-Ouen, longeant la rue des Faulx ; là se trouvait le cimetière Saint-
Ouen, où eut lieu l'abjuration. de Jeanne Dare (24 mai 1431). Plaque commémorative, -- Statue de Rollon, chef normand, par Arsène Letellier,
EGLISE SAINT-OUEN. —- Eglise abbatiale, commencée en 1318, par l'abbé Marc d'Argent ; continuée, depuis le transept, par Alexandre de Berneval; achevée en partie aux xv° et xvr siècles, Grand portail, resté inachevé, terminé sur un plan différent du plan primitif, de 1846 à 1851 (arch. Grégoire), par deux flèches un peu grèles (haut. 76 mèt,), A labside : douze chapelles placées entre les contre-forts, Petite tour romane (Chambre aux Clercs), vestige d’une église plus ancienne. Au sud : Portail des Marmousets (x1v° siècle), porche à clefs pendantes ; tympan avec bas-reliefs : Ensevelissement, A ssomption et Elévation de la Vierge. Au-dessus, le Chartrier: pignon avec statues de Richard [et IT; impératrice Mathilde ; Philippe le Long et sa femme, Tour centrale, dite Tour couronnée (S2 mèt.), terminée par une couronne de pinacles, flanquée de quatre tourelles d'angle.
A l’intérieur, l’église Saint-Ouen, citée comme letype du style ogival, se fait admirer par l'harmonieuse grandeur de ses proportions, principalement par lélancement de ses piliers et de ses voûtes. (Larg. de Péglise, 138 meèt., sur 26 de large, dont 11 mét. pour la nef. — 52 mèt, de haut. sous voûte.) Vitraux remarquables. Tableaux de D, Hallé, P. Léger, Deshays, Lesueur, Marigny. Pierres tombales d'Alex. de Berneval ; tombe de Jean Morelet, bailli d'Eu. suffet d'orgue (xvu° siècle), — Bénitier de marbre à l'entrée, où se réfléchit l'intérieur de l'église.
Rue de l'Hôpital. — Ainsi nommée à cause de l'ancien Hôpital du Roi, situé dans cette rue. Fontaine de la Crosse, dont le nom provient d’une enseigne voisine, Etablie en 1482, aux frais des héritiers de Louis d'Harcourt, évèque de Bayeux. Vierge assise avec l'Enfant Jésus : le tout restauré par le sculpteur Jouen. Rue des Carmes : à gauche, le Marché aux fleurs. Rue Saint-Lô (Ecole pri-
maire supérieure professionnelle, construction moderne), Portail et vestiges de l'ancien Prieuré de Saint-Lô (xv° siècle), Hôtel des Soriétés sarantes, avec Porte aux armes de Normandie, (1717-1721).
PALAIS-DE-JUSTICE. — Construit sur l’ancien Clos aux Juifs, confisqué par Philippe le Bel (1306). Commencé en 1499, comine Salle commune des bourgeois de Rouen, puis siège de l'Echiquier de Normandie, devenu permanent sous Louis XII, Architectes présumés : Roger Ango, maitre des ouvrages de la Ville, ou Rouland Le Roux, auteur du portail de la Cathédrale. Aile droite moderne, rebâtie en 1842, par l'architecte Grégoire, pour remplacer un bâtiment du xvin* siècle, effondré en 1812, Sur la facade principale : hautes lucarnes sculptées avec arcatures portant les statues de Louis XIT, Anne de Bretagne, Georges d'Amboise, etc. Tourelle octogonale au centre, délicatement ouvragée.
A l'intérieur, à gauche. — Ancienne Salle des Procureurs dite des Pas-Perdus(long.,4s mèt.72; larg., 16 mèt.), Voûte en charpente en forme de carene de navire, avec mascarons grotesques. Table de marbre, juridiction des Eaux et Forèts où P. Corneille fut avocat. Salle des Assises, ancienne Grand’'Chambre du Parlement de Normandie, dont le Canada dépendait autrefois comme juridiction. Plafond en chène, à caissons sculptés avec pendentifs dorés. 'Tentures des Gobelins. Restaurée de 1857 à 1860, Plusieurs lits de justice y ont été tenus par Louis XIF, François I, Henri If. Charles IX s’y déclara majeur. Chambre du Conseil : nombreux portraits; Île Christ et les Saintes Femmes, donné par Louis XIE
Salle des audiences solennelles. Plafond par Eaugée : La Justice invoquée. Tapisseries des Gobelins. — Facade moderne sur la place Verdrel (4883, arch. Lucien Lefort). — Tour de l'Horloge.
Rue Thouret (député de Rouen en 1789). — Buste de Thouret, par A. Guilloux. Inscriptions. Ancien Hôtel-de-Ville, à l’angle de la rue de la
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Grosse-Horloge, construit en 41607 par Jacques Gabriel, et succédant à un Hôtel-de-Ville du xv° siècle,
LA GROSSE-HORLOGE.— Dans la rue de la Grosse-Horloge, principale ru ancienne et commercante du Rouen central : ensemble de constructions différentes reliées l'une à l'autre. Tour du Betfroi, datant des commencements de la Commune de Rouen, reconstruite de 1389 à 139) par l'architecte Jehan de Bayeux. Tour carrée, avec fenêtres ogivales, couronnée jadis par un clocher en pyramide, actuellement par un dôme construit en 1711. Cloches municipales. Dans le campanile : la Cache- Ribaud, qui « faisait fuir les ribauds », fondue par Jehan d'Amiens. Dans la tour : la Rourel, fondue pendant la mairie de Roger Le Féron par Jehan d'Amiens. On l'appelle la Cloche d'argent, bien que l'analyse faite par le chimiste Girardin, en 1830, ait démontré qu'aucun argent n'entrait dans sa composition. D'après un usage datant de Guillaume-le- Conquérant, la cloche communale sonne tous les soirs, à neuf heures, le couvre-feu, Depuis le xu° siècle, elle ne s'est tue que deux fois : au moyenâge, pendant l'occupation anglaise, et, à notre époque, pendant l'invasion allemande du 5 décembre 1870 au 22 juillet 1871. — Arcade de la Grosse-Horloge. Voüte supportant un édicule où sont placés les doubles cadrans d'une horloge. Cette voûte, traversant la rue, est ornée d’une archivolte sculptée portant l'écu de la Ville soutenu par des enfants. A l'intrados : haut-relief en ronde bosse : Le bon Pasteur gardant ses brebis. On a voulu y voir le berger Rouen; l'inscription : Pastor bonus animam suam ponit pro ovibus suis, indique le véritable sens. Cadrans en plomb, à une seule aiguille, laissant apercevoir les signes du Zodiaque, figurés par des Triomphes. Phases de la lune, Au haut du toit: crête en plomb doré avec trois épis : le Soleil, la Lune, les armes de Rouen. Ces cadrans sont actionnés par une horloge, faite par J, Delaistre et Jehan de Felins, en 1389. C'est la plus ancienne horloge de France ; elle est située au haut du beffroi. (Cage,
Pa
2 inètres de longueur sur {4 m.66 de largeur, hauteur, 1m. 75, — Pendule appliqué en 1712). Près d'une loggia en bois : Fontaine de la Grosse- Horloge, succédant à la fontaine Massacre (1456). Construite de 1731 à 1733 par De France, grace à la libéralité du duc de Montmorency-Luxembourg.
Groupe du « fleuve Alphée et de la nvmphe Aréthuse ». Inscription aux armes de France, de Normandie et de Rouen, supprimées en 1794, rétablies en 1816, lors d'une restauration,
Rue de la Grosse-Horloge. — Maisons anciennes., Place de la Pucelle (ancienne place du Marché aux-Veaux) : maisons du xv°, du xvu et du xuu® siècle, — Fontaine de la Pucelle. — Ie supplice de Jeanne Darce n'a pas eu lieu sur cette place; lai fontaine y a cependant succédé à une fontaine expiatoire, élevée sur cette place en 1525 et détruite au xvint siècle, — Fontaine en pierre avec piédestal triangulaire, orné de dauphins. Écussons de Jeanne bare, de Rouen et de Normandie. Inscriptions latines par l'abbé Kaas. Statue sous forme de Bellone par P.-A, Slodtz (xvin® siècle), Architecte Dubois.
HOTEL DU BOURGTHEROULDE.— Ilôtel particulier, commencé en 1501 par Guillaume Le Roux, sieur du Bourgtheroulde, conseiller au Parlement, continué par un de ses fils, Guillaume Le Roux, abbé d'Aumale, et par Claude Le Roux. — Façade extérieure restaurée ; armes des Le Koux et leurs alliances. Cour intérieure. Bâtiments à l’ouest : deux grandes lucarnes sculptées avec armoiries soutenues par des chevaux. Sous les fenôtres : triomphes et emblèmes allégoriques (Salamandre de Francois 1". Phénix d’Eléonore d'Autriche, sa seconde femme), Tourelle hexagonale, avec épi et bas-reliefs représentant les plaisirs champêtres : natation, jeu de main chaude, pêche, tonte des brebis, repas sur lherbe. A l'intérieur : cabinet avec boiseries et quatre tableaux : Amours de Mars et de Vénus, dans le goût du Primatice. Galerie du
Camp du Drap d'or. Bâtiment postérieur avec cinq arcades décorées d’arabesques. Frise supérieure: Les Triomphes, d'après Pétrarque : 1° deux basreliefs détruits ; 2° Triomphe de la Mort; 3 Triomphe de la Renommiée ; # Triomphe du Temps ; 5 Triomphe de la Divinité. — Frise inférieure. Bas-reliefs (80 cent. sur 3 mèt, 33 de haut) représentant l'entrevue du Camp du Drap d'or, entre Francois EF et Henri VII d'Angleterre (7 juin 1520). 4°" bas-relief : ville de Guines, d'où sortent les soldats anglais ; 2° : suite du cortège anglais avec le cardinal de Wolsey, précédé de la croix, ducs de Norfolk et de Suffolk ; 3° : rencontre des deux rois : à gauche, Henri VIT; à droite, Francois 1° ; 4 : suite des seigneurs français, cardinal de Boissy, légat du pape, cardinaux d’Albret, de Lorraine et de Bourbon ; 5°: seigneurs français sortant de la ville d'Ardres, En retour sur la cour : galerie en charpente : porte avec médaillons entourés de couronnes : Francois [°°et Henri VIH.
VIEUX-MARCHÉ.-—- Ancienne place où, depuis cinq siécles, se tient le marché; jadis beaucoup plus resserrée, élargie au nord en 1860, Là se dressa le bûcher où fut brûlée Jeanne Dare par les Anglais. A l'extrémité du pavillon sud des Halles centrales actuelles : plaque commémorative rappelant l'endroit exact du supplice, au chevet de l’église Saint-Sauveur, aujourd'hui disparue. Dans le trottoir : dalle portant la date du supplice : 30 mai 1431. Sur le terre-plein asphalté se trouvaient, jusqu'en 18#1, le Pilori et le licu d'exécution des criminels. Sur cette place : T'héâtre-Français, fondé en 1795. A l'angle sud-ouest : rue Pierre Corneille (anciennement rue de la Pie). Maison modernisée, où naquit Pierre Corneille (6 juin 1606). Buste en bronze, de Caftieri. Auprès, emplacement de la Grande-Maison où naquit Thomas Corneille, auteur dramatique, en 1625.
Rue de Crosne.— Rue ouverte au siècle dernier par l'intendant Thiroux de Crosne, auquel Rouen doit de nombreux embellissements. Elle devait se
spé M
prolonger jusqu’au portail de la Cathédrale, A l'extrémité ouest : Hôtel-Dieu (A75S), construit par Fontaine (700 lits),
Boulevard Cauchoise.— Créé au xvin siècle, sur les fossés comblés de l'ancienne enceinte fortifiée, Hôtel de la Préfecture, moderne, construit sur l'emplacement du couvent des Jacobins et de l'Hôtel de lPintendance et de la Généralité, bâti en 4780, Sur le boulevard : grille et piliers décoratifs, Pavillon des Archives départementales (architecte Lucien Lefort).
Quai du Havre. — Pont à transbordeur, le premier créé en France. Tablier supporté par deux pylônes métalliques ; nacelle roulante actionnée par l'électricité, faisant communiquer le quai du Havre et les quais Jean-de-Béthencourt et Cavelier-de-la- Salle, sur la rive gauche ; construit par lingénieur Arnodin, Sur le quai du Mont-Riboudet : hangars de la Chambre de Commerce, voies ferrées, grues et Tour du Marégraphe avec horloge (architecte Lucien Lefort), Sur le quai du Havre : Monument de Louis Brune, intrépide sauveteur rouennais (1807-1843), élevé en 1887 ; buste par F,. Deveaux ;: architecte Jules Adeline. Hôtel des Douanes remplacant l'Ancienne-Romaine. Construit en 1858 par l'architecte Isabelle, Deux hauts-reliefs : à droite, La Navigation ; à gauche, Le Commerce, par David d'Angers. Porte monumentale avec voussure, décorée de bas-reliefs emblématiques du commerce, A l'intérieur : cour sous coupole et grand fronton en marbre blanc (xvin® siècle), représentant le Commerce, par Coustou, anciennement placé à l'Ancienne-Romaine, transporté en 1838, — A l’extrémité nord de Ja rue Haranguerie (ancien marché au poisson) : portail latéral de l'église Saint-Vincent.
Cours Boieldieu. — Promenade plantée d'arbres où se tenait autrefois la Bourse des commercants. Iôtel et cafés principaux de la Ville. Statue de Boieldieu, célèbre compositeur de la Dame blanche, Cali/e de Bagdad, Petit Chaperon rouge,
EEE
né à Rouen, rue uux Ours, en 1776, mort en 1834. Statue élevée aux frais de la Ville (20 juin 183)), par Dantan. Cette statue, placée autrefois vers la rue Jacques-le-Lieur (ancienne rue des Lr'oquois), a été transférée à l'endroit actuel en 1899.
PALAIS DES CONSULS.—- Kenferme la Chambre et le Tribunal de commerce, le Bureau central des Télégraphes. Partie ancienne (173h, par l'architecte Blondel: partie moderne, en facade sur le Cours Boieldieu (1894, par l'architecte L. Lefort. Fronton : groupe seulptural par R. Verlet, A l'intérieur : bel escalier monumental, à deux volées; Sta. tue de Louis XV, d'après Coustou (xvin® siécle), placée en 1854. Boiseries dans la Salle du Concert, où se trouve le tableau L: Commerce, par Le Monnier (xvin® siècle), Toiles modernes de Schoppin, dont une représentant une Visite du roi Louis-Philippe entouré des principaux négociants (133). Bibliothègque de la Chambre de Commerce : tableau, Visite de Louis XVI à Rouen en 1786, par Le Monnier. Plafond : La Ville de Rouen rererant les Nations, par P. Beaudoüin. Bas-relief en marbre, /@ Seine, par Puech. Cabinet du Président. Plafond : La Seine et ses afluents. par P,. Beaudoüin. Salle du tribunal : Christ, par Dumont, Au rez de-chaussée : vaste salle à arcades où eut lieu, en 1805, la première Exposition rouennaise, inaugurée par Bonaparte,
Rue Jeanne-Darc.— Rue moderne, A droite :
Iôtel de l'Octroi et Cercle militaire. A gauche : abside ei sacristie de l'église Saint-Vincent (xv1° siècle); clocher inachevé. Célèbre par ses merveilleux vitraux de la Renaissance, ses boiseries et ses tapisseries. À gauche : Tour Saint-André (hauteur, 32 mètres), formait le clocher de l'église disparue de Saint-André-aux-Febvres (forgerons), commencée en 1541 par l'architecte Fresnelle, aux frais du cardinal Guillaume d'Estoutteville. Entre les fenêtres :
— Vois
statues de saint André, saint Adrien, saint Picrre, saint Jean-Baptiste. Escalier à vis conduisant à deux étages et à la plate-forme terminale. Maison de bois, facade sculptée de la Renaissance, avec pignon. Se trouvait jadis rue de la Grosse-Horloge, n°°129-131, où passe actuellement la rue Jeanne-Dare. Exproprice en 1861, réédifiée et restaurée en ISGS sur cet emplacement, Sur la place Verdrel: facade moderne du Palais-de-Justice. Rue Jeanne-Dare, à gauche : Bureau des Postes et Télégraphes.
Rue Thiers.— KRuceimoderne. À l'angle de la rue Jeanne-Dare : Jardin de Solférino, créé en 186. Petit lae et cascade alimentés par l'ancien ruisseau de la Renelle, qui coulait dans ce quartier, jadis oceupé par des tanneries. Monument de Gustave Flaubert. célèbre écrivain, né à Rouen en IS21, auteur de Madame Borary, Salammbo, l'Education sentimentale, ete. Haut-relief en marbre blane : la Vérité sortant du puits, avec médaillon de G. Flaubert, par Chapu. Inauguré en 1890. En face : Monument de Guy de Maupassant, célèbre Httérateur normand, né au château de Miromesnil, à Tourville-Sur-Arques (1850). Buste en bronze par Verlet, Piédestal en granit de Vire par Bernier. Branche de pommier par F, Marrou. Inauguré Je 27 mai 1900, Ces deux monuments ont été
élevés par souscription,
MUSÉE DE PEINTURE ET DE CÉRA- MIQUE. — Editice comprenant les Musées municipaux et la Bibliothèque publique, construit par Sauvageot, Sur les pavillons d'angle, frontons : l’Architecture, la Sculpture, par Bartholdi. A l'entrée : statues du Poussin et de Michel Anguier, artistes normands. Vestibule et escalier : fresque de Puvis de Chavannes: Znter artes et naturam. Deux panneaux : Les Arts de la Céramique, par le mûme,
Le Musée de peinture renferme plus de mille tableaux des écoles française, italienne, hollandaise, flamande, espagnole, Galerie de sculpture : Corneille, par Caffieri ; Armand Carrel, Bonchamps mourant
sa es
(David d'Angers); Géricault (Etex) ; Rachel (Leroux); Oreste (Simart); Les Gracques (Guillaume): Lutteurs (Boucher); Orphée mourant ((iuilloux) ; masque de Xapoléon I", A droite, salons de peinture ancienne : La Vierge et les Saintes (Gérard David): Triptyque (Pérugin): l'Homme à la mappemonde (Velasquez):; le Bon Samaritain (Ribera) ; Saint Barnabé (Paul Véronése); Saint François d'Assise (Annibal Carrache) 3; Vénus et Enée (Le Poussin): Songe de Poliphiyle (Lesueur). Galerie de dessins : Rembrandt. Watteau. Sépia d'Isabey : Bonaparte visitant une manufacture rouennatse.
A gauche, salle de la peinture moderne : La Justice de Trajan (Delacroix): Boissy d'Anglas à la tribune (Court); la Belle Zélie (Ingres): M"° Vigée- Lebrun (David); Bataille de Marengo (M Bel langé), Toiles de Cormon, Ferrier, Ribot. Pavsages : Corot, Daubignv, Courbet, Ziem, Pelouse, ete,
Musée céramique.-- ans l'escalier : groupe en pierre : {lercule terrassant l'hydre de Lerne, par Pierre Puget. provenant du château du Vaudreuil, retrouvé et offert par l'abbé de Ja Balle et M. Gaston Le Breton, Musée créé on IN6%, installé dans ces salles, ornées de boiseries provenant de l'ancienne salle des Merciers-Drapiers. Fest consaeré à la faïence de Rouen, industrie artistique intro. duite à la fin du xvit siéele par Masseot Abaquesne, portée à sa perfection par les Poterat, Pièces nombreuses des collections A, Pottier et abbé Colas, Spécimens nombreux des fabriques de Nevers, Strasbourg, Moustiers, Delft. Dans [es curiosités : le Violon de faience. les Sphères: Série d'assiettes et plats révolutionnaires,
Rue Thiers. — Fontaine Louis-Bouilhet.
poète normand, né à Cany (1822), auteur de Melrenis et du drame La Conjuration d'Anmboise. Buste en marbre par Guillaume ; édicule par Sauvageot. Eglise Saint-Laurent (1#10-13N2). Tour formant clocher (37 im. 50) très originale, se terminant autrefois par une aiguille en pierre de 15 metres. Au
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nord : balustrade formée de lettres gothiques « Post tenebras spero lucem ». Belles voûtes intérieures. N'a pas été maintenue pour le culte en 1806 ; propriété particulière; a été achetée par la Ville; monument historique.
Place de l'Hôtel-de-Ville.— Place créée sur la cour de l’ancienne abbaye de Saint-Ouen. Au centre : Statue équestre de Napoléon I, inaugurée le 45 août 1865 (auteur, Vital-Dubray); 5 m. 15 de hauteur; fondue avec le bronze des canons pris à Austerlitz. Inscriptions sur le piédestal en granit. Basrelief en bronze : Visite de Bonaparte, premier Consul, à la fabrique de velours de Sérennes, faubourg Saint-Sever, d'après un dessin d’Isabey.
HOTEL-DE-VILLE. — Ancien bâtiment de l’abbaye de Saint-Ouen, où l'Administration municipale fut transférée en 1800. Pavillons d'angle et péristyle modernes. A l’intérieur : beaux escaliers par Le Brument (xviu‘ siècle), Statue de P. Corneille (Cortot) ; Jeanne Darce (Feuchère). — Dans l'escalier : Louis XV, par Lemoyne (xvinr siècle). Nouvelle salle du Conseil : peintures par Paul Baudoûin : Saint Victrice fondant la Cathédrale, — Rouen au XVII* siècle, — Siège de Rouen, — Proclamation de la Commune, — Un Maire de Rouen au XV*° siècle, — Départ des volontaires auæ armées républicaines. C’est l’histoire résumée de la vieille cité rouennaise dont nous venons de visiter les principaux monuments.
GEorGEs DUBOSC.