INTRODUCTION XXVII
Les Canadiens-Français de l'Ouest ont-ils bien conservé leur langue et leurs habitudes nationales ?
Dans les établissements les plus exposés, ils n'ont pas toujours résisté à l'absorption étrangère ; mais la plupart ont su conserver, comme un trésor précieux, le signe le plus caractéristique de leur origine, la langue française. Les témoignages de maints voyageurs que nous pourrions invoquer ne laissent aucun doute à ce sujet.
Volney, auteur du Tableau du climat et du sol des Etats-Unis, dit que les Canadiens-Français établis, au nombre de quatre-vingt-dix, au poste Vincennes, sur la. rivière Ouabache, ne savaient point l'anglais, à la réserve de trois ou quatre, malgré leur contact avec les colons américains. Il reconnaît que le langage de ces Français n'est pas un patois, comme on le lui avait dit, « mais un français passable, mêlé de beaucoup de termes et de locutions de soldat. Cela devait être ainsi, tous ces postes ayant été primitivement fondés ou habités en majeure partie par des troupes ; le régiment de Carignan a
fait souche au Canada Voisiner et causer sont
pour des Français, un besoin d'habitude impérieux, l'on ne saurait citer, sur toute la frontière de la Louisiane et du Canada, un seul colon de cette nation, établi hors de la frontière et de la vue d'un autre : en plusieurs endroits, ayant demandé à quelle distance était le colon le plus écarté : «Il est «dans le désert, me répondait-on, avec les ours, à une « lieue de toute habitation, sans avoir personne avec « qui causer. » '
A la date de la visite de Volney, au mois d'août