INTRODUCTION XXXIII
entonner des airs qui nous rappelaient la patrie, en retrouvant sur ces rivages éloignés, chez ces fils de la Nouvelle-France, le courage et la gaieté de notre ancien caractère national 1.»
On ne saurait citer rien de plus touchant, rien qui puisse natter plus agréablement notre amour-propre national.
Le voyageur qui parcourt nos solitudes du Nord- Ouest est tout surpris d'y entendre notre langue, que Canadiens et Métis français ont portée jusqu'aux rivages arctiques. Henry disait 2, il y a un siècle, que les traiteurs anglais parlent d'ordinaire le français dans le Nord-Ouest, et cela est encore vrai pour un grand nombre. Le français est aussi la langue du missionnaire et celle que les Sauvages connaissent le mieux. Si les Anglais ont eu le mauvais goût de substituer bien des noms nouveaux aux anciens noms français des localités, nos voyageurs montrent leur singulier respect pour leur origine en s'obstinant à conserver ces mômes anciens noms, n'en déplaise à la géographie moderne.
Plus d'une de nos colonies franco-canadiennes possède des « Sociétés Saint-Jean-Baptiste, » qui sont à la fois des associations nationales et de bienfaisance. Tous les ans, elles chôment avec un enthousiasme indicible la fête de la grande famille française du Canada, célébrée avec tant de pompe, à pareille époque, sur les bords du Saint-Laurent.
1 Tbid, p. 183. ,Voir aussi Voyages en Californie et dans VOrégon, par M. de Saint-Amant, envoyé du gouvernement français, en 1851-1852.
2 Travels and Adventures in Canada, and ihs Indian Territorùa between 1760 and 1770, p. 329.