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LES PIONNIERS DU WI8CONSIN

Madame Bella French a publié, sous le titre de History ofBrown County, Wisconrin, un ouvrage qui renferme beaucoup de renseignements sur les Canadiens qui furent les pionniers de cette partie du Wisconsin : Augustin et Charles de Langlade, Pierre Grignon et ses descendants, Charles Kéaume, Jacques Pôrlier et autres. Pour qui concerne les Langlade, l'auteur est tombé dans quelques-unes des erreurs que nous avons signalées dans la biographie de Charles de Langlade.

Nous reproduisons en entier la pièce suivante qui a été communiquée à madame Bella French par une arrière-petitefille de Langlade, madame Ursule M. Grignon :

« Ma grand'mère Langevin (veuve Grignon) et sa mère, madame Charles de Langlade, vécurent ensemble dans leur vieil âge. Ces bonnes dames étaient des mères pour presque tous les habitants de la Baie- Verte. Toujours les voyageurs étaient reçus avec bienveillance par elles, car il n'y avait pas d'hôtellerie à cette époque. Leur hospitalité était proverbiale, et les naturels les considéraient comme des reines. Madame Langevin étant invalide dût garder le lit pendant les trente années qui précédèrent sa mort ; mais elle n'en prit pas moins l'initiative de toutes les bonnes œuvres dans cet espace de temps. Pendant l'Avent, la population se réunissait d'ordinaire une fois la semaine pour chanter des hymnes et les louanges du

Seigneur. La première réunion se tenait toujours chez elle, et après le chant et la prière, un repas somptueux était servi. A Noël, chacun allait lui rendre ses hommages, et ses tables étaient toujours chargées des meilleurs comestibles. Quelqu'un était-il frappé de maladie, grand'maman était la première à le savoir, et elle envoyait ses serviteurs panis prendre soin du malade. Si un enterrement avait lieu, les restes du défunt étaient transportés dans sa maison, ou l'on récitait des prières pour le repos de son âme. Lisant beaucoup, elle savait toujours trouver de6 mots de consolation pour les affligés. Mme de Langlade mourut en 1818, et, au mois de novembre 1823, s'éteignit ma grand'mère.

« Du mariage de Domitilde de Langlade et de Pierre Grignon sont issus neuf enfants, dont sept fils et deux filles. Pierre et Charles reçurent leur éducation au collège de Montréal, et revinrent, en 1795, à la Baie- Verte. Augustin, Louis, Baptiste, Domitilde et Marguerite se préparaient aussi à partir pour Montréal quand survint la mort de leur père, en novembre 1797. Les autres enfants ne purent recevoir l'instruction collégiale, à l'exception de Louis. Pierre, étant l'aîné, prit la direction des affaires de son père. En peu de temps il devint un personnage important ; il fut nommé agent de plusieurs compagnies, etc. Il mourut en 1823. Son fils Eobert se fixa à la Butte-des-Morts, mais Bernard resta à la Baie-Verte, ou il a Jempli plusieurs charges de confiance, telles que celles de greffier de la cour, de shérif, etc. B épousa l'aînée des filles du juge Lawe, et eut de ce mariage cinq enfants, trois fils (dont un seul survit— le juge David Grignon, de la Baie- Verte) et deux filles. Augustin Grignon s'établit à Kaukauna et s'occupa de traite toute sa vie. Charles habitait Oshkosh ; Baptiste, Paul et Amable firent aussi le commerce des pelleteries.

c Mon père, Louis Grignon fit d'abord la traite, en compagnie d'Augustin Grignon, en 1801. Dans la guerre de 1812, il obtint une commission de lieutenant ; mais il fut constamment engagé depuis dans le trafic des fourrures. Mon père était un homme inswuit, et il fit élever ses enfants avec tout le soin possible. Lui et le juge Lawe furent malicieusement vilipendés. Des hommes de leur position auraient pu épouser des femmes riches et intelligentes, mais ils avaient trop d'honneur et de sentiment religieux pour abandonner leurs femmes et leurs enfants, comme font plusieurs autres dans ce sic oie de lumières. En ces temps-là, on savait apprécier la vertu. Les colons vivaient simplement et innocemment, payaient leurs dettes et avaient la banqueroute en horreur. »

Ce qui nous a intéressé particulièrement dans" le livre de madame French, c'est nne poésie de sa composition, qui ne couvre pas moins de treize pages, dans laquelle elle chante le» gloires et les vertus de Charles de Langlade, le pionnier du Wisconsin. Ce poëme se termine par la stance suivante :

The relicts of tke past are in decay ;

Another people owna the land to-day ; And every where the word « progression » is engntved ;

But still a name, most dear to momory :

De Langlade's is and ever more Trill be A noble name by History's bright annals saved.

« Les reliques du passé disparaissent ; un autre peuple poa-< sède le sol aujourd'hui ; et partout est gravé le mot « progrès» ; il reste cependant un nom hien cher à notre souvenir : de Langlade est et sera toujours un noble nom sauvé de l'oubli dans* les pages brillantes de l'histoire. »

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