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alement ce projet à la bonté de Notre-Seigneur, et à la protection de sa Divine Mère, ‘Je suis toujours, avec une profonde vénération, ‘ Monseigneur, de Votre Grandeur, le très humble,
‘trés reconnaissant et tout dévoué serviteur,
T. A. BAILE, ““Superieur du Seminaire de St. Sulpice de Montreal.”
A MGR. DEGOESBRIAND, Zveque de Burlington, Vt.
Mais on continura pent-étre à répéter que les Evèques de la Nouvelle-Angleterre négligent les Canadiens. Mais enfin peut-on les blamer de n'avoir pu trouver immédiatement un nombre suffisant de missionnaires parlant la langue française ? Un Irlandais me faisait comprendre derniérement qu'il aurait aimé un changement dans le gouvernement de sa paroisse. Bien entendu, il aurait aimé à voir un prêtre Irlandais à la tète de sa paroisse. Je lui répondis, vous êtes déraisonable, je n’en ai pas à vous donner. Peut-on s’imaginer qu'il a été possible à nos Evèques de trouver sur le coup assez de missionnaires pour subvenir aux besoins spirituels des émigrés qui leur arrivent par milliers comme une avalanche ? Peut-on s’imaginer que les Evèques du Canada eux-mêmes pouvaient nous fournir un nombre suffissant de prètres Canadiens. Il faudrait s'informer des Evèques du Canada s'ils n’ont pas recus assez de demandes de notre part: il faudrait leur demander s'ils ont connaissance d’un Evèque Américain qui ait refusé les services d’un bon prêtre Canadien. Ilest vrai pourtant que Nous avons refusé bien des offres de services. Inutile de dire pourquoi Nous Pavons fait. Mais, enfin, si l’œuvre a été lente cette œuvre est déja magnifique et tend sensiblement à se développer. Si les Eveques du Canada avaient pu faire d'avantage ils l’auraient fait; mais ils n’ont certes qu’à se réjouir des sacrifices qu'ils ont fait, car leurs missionnaires et leurs communautés religieuses se trouvent dans un grand nombre de diocéses depuis l'Océan Atlantique jusqu’à l'Océan Pacifique, et dans toutes ces
missions les fruits de leurs traveaux sont abondants.
Nous en venons à la lettre de Leon XTIT. aux Archeveques et Zveques d'Amerique, relativement aux Italiens residents aux Etats- Unis
Cette lettre devra jeter du jour sur la question de l’évangélisation des Canadiens, car on apperçoit facilement le paralelle qui existe entre la position des immigrés de ces deux peuples. Le Saint Pére commence par déplorer les dangers aux quels sont exposés les immigrés Italiens vivant au milieu des sectes protestantes, au milieu d’un peuple dont toutes les pensées sont terrestres, privés de prètres parlant leur langue, d'ou il arrive que les enfants ne reçoivent pas le baptème, que leurs malades meurent sans sacrements. Dieu-merci telle n’a pas été encore la position des Canadiens immigrés. Mais le Saint Pére afin d’accomplier son devoir, et rempli d’amour pour ses compatriotes 8e met a l'œuvre pour les secourir. C’est présisément ce qu'on fait et que feront encore les Eveques du Canada et avec eux leurs prêtres et leurs fidèles suivant la mesure de leurs forces.
Que va faire Léon XIIT. pour les Italiens émigrés ? La question est importante, Il s’aide des conseils de la Congrégation de la Propagande, et il a résolu d'envoyer d'Italie plusieures prètres capables de subvenir aux besoins spirituels de ces pauvres émigrés en les instruisant dans la langae qu'ils connaissent, puis il a déja fondé un séminaire à Plaisance, dont le but sera de former des missionnaires pour les Italiens émigrés.
Léon XIIT ne doute en aucune sorte que ces missionnaires Italiens seront bien reçus par les Evéques d'Amérique, ras qu’on le remarque, il ne recommande pas à ceux-ci de les constituer conseillers où coadjuteurs de PEvéque à leur arrivée. Mais il leur recommande simplement de leur accorder les facultés dont ils auront besoin pour exercer le ministére au milieu de leurs concitoyens immigrés. “Quippe ad vos venturi sunt quasi auxiliares copiæ, ut sub auctoritate cujuque vestrum, cujus in dioces iversantur, sacræ militiæ operam navent.” Voi-ci donc l’exemple que Léon XTIT. Gorne anx vénérables prélats du Canada. Il s’agit de préparer des inissionnaires pour vos enfants spirituels Canadiens émigrés aux Etats-Unis.
Que nos chers Evèques du Canada veuillent bien excuser Notre
franchise, en vertu de Notre age, et de l’esprit qui dicte ces lignes.
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Je ne parle point de l'érection d’un coilége pour former des missionnaires, mais je me permets de suggerer que lPon s’aplique à donner aux étudiants pour l’état ecclésiastique une forte instruction sur le dogme comme sur la morale. Un des principeaux dangers de nos immigrés a été, et est toujours, le manque d'instruction solide sur les fondements de la foi. De la sont résultés une facilité prodigieuse à violer la loi de l’abstinence, à fréquenter des temples protestants, à se faire marier par des ministres, à envoyer leurs enfants aux écoles où aux fêtes des sectaires pour acquerir leurs bonnes graces ou en obtenir des secours matériels,
Des prêtres Canadiens avancés en age ne conviennent pas pour les missions Canadiennes aux Etats-Unis, non-seulement parcequ'il leur est difficile de se former à la discipline qui existe ici, mais surtout parceque l'ignorance de la langue anglaise les rend incapables d'exercer le ministére même dans une paroisse exclusivement Canadienne (s’il y en a), parceque mème dans ces paroisses, il y : bien des personnes qui ne connaissent pas le français. Des jeunes prètres bien vertueux et bien instruits son ceux qui conviendraient le mieux. Les vocations pour nos missions sont bien communes depuis qu'il y a chez nous des centres populeux, et ou lon trouve de grandes ressources. Bien entendu que les vraies vocations sont celles qui portent à chercher les ames. Da mihi animas. Léon XIIL suggere aux Italiens d'Italie et aux Evèques d'Amérique d'envoyer des élèves à son collège missionnaire de Plaisance. C’est comme si 1l disait au bon peuple du Canada: “ Envoyez vos enfants dans des colleges ou il pourront se préparer à la vie missionnaire; aidez de vos deniers les enfants pauvres qui aspirent a cette vie, et vous prêtres pieux, dirigez les dans cette voie, Puis afin que cette grande œuvre réussisse, il faut prier et prier beaucoup.”
Nous autres, Evèques, prêtres, fidèles de ce côté des lignes, nous avons évidémment des devoirs à remplir dans cette mission si nécessaire, dont Nous sentons la présence et la difliculté. Ces devoirs sont analogues à ceux que Nous nous sommes permis de suggérer aux habitants du Canada. Nous devrons continuer à demander du secours à l'étranger: Nous devons prendre un soin spécial des enfants qui sembieront donner des marques de vocation,
Nous les enverrons dans les colleges ou ils pourront apprendre la langue qu'ils ignorent et dont ils auront besoin plus tard; Nous engagerons les fidéles à fonder des bourses pour leur éducation classique et sacerdotale, Un temps viendra, sans doute, que les Canadiens des Etats-Unis fourniront eux aussi des missionnaires de leur nation élevés dans l'Amérique. Nons en avons déja quelques uns, mais leur nombre est bien restreint, La cause s’en trouve surtout dans la position des familles dont la plus grande partie n’est pas à méme de subvenir à Péducation de leurs enfants, et aussi parceque la vie des grands centres où ils habitent est peu propre à développer les vocations, Aïnsi longtemps encore le Canada devra étre la pépinière ou nous irons chercher des missionnaires. Bénissons Dieu des résultats déja obtenus: mais continuons à travailler, et à travailler en nous aimant les uns les autres. ÆZonore invicem provenientes, * * * non alta sapientes.
Nous constatons avec plaisir et reconnaissance que plusieurs prétres du diocèse de Burlington poursuivent le vrai moyen de trouver des missionnaires pour l'avenir, c'est de payer dans un college la pension d’un ou plusieurs enfants qu'ils croient appelés à l’état écelésiastique.
Voici une priére qui fut répandue dans Notre diocèse à l'époque ou commenca la grande émigration du Canada:
Reine des Apotres, concue sans la tache du peche originel, priez le maître de la moisson, qu'il envoie des ouvriers dans sa moisson.
Norre PÈRE, JE Vous SALUE MARIE, GLOIRE Soir AU PÈRE, etc., une fois.
Une indulgence de 100 jours peut être gagée une fois par jour à perpétuité, dans le Diocése de Purlington, Vt., par les personnes qui réciteront ces prières.
Cette indulgence fut accordée par le Pape Pie IX le 25 Mai 1866, à la requète de Mer. l’'Évèque de Burlington.
Burlington, Vt., 6 Février 1889.