LOIN D'AVOIR AMÉLIORÉ LEUR SORT
n’ont pas encore pu se faire une position égale à celle des Canadiens de la province de Québec.
11 ne s’agit plus de comparer la condition générale des Etats-Unis avec celle du Canada ; pour celui qui a envie d’émigrer il lui suffit de savoir quelle est la position des compatriotes qui l’ont precédé. Il ne saurait se flatter de faire mieux que les siens.
En 1888, parlant devant le Club National de Montréal sur les Canadiens des Etats-Unis, j'en arrivais à dire:
“ Les Etats-Unis n’offrent point des occasions quotidiennes de faire de ces fortunes merveilleuses, dont l'éclat attire et éblouit tant le peuple canadien. Quelques hommes doués de talents et d'énergie exceptionnels, quelques favorisés du hasard, trouvent dans le commerce ou la spéculation le moyen de s'enrichir rapidement. Mais en général les Canadiens qui vont chercher fortune aux Etats-Unis végètent pendant de longues années avant de se faire aux mœurs du pays, d’en apprendre la langue, en un mot, avant d’être en état de lutter sur un pied d'égalité avec ceux qui sont arrivés avant eux. Conséquemment je n’hésite pas à dire que, pour la plupart des émigrés, il aurait