PES
fe ‘#
dont la moitié, bien souvent, aurait suffi pour permettre de vivre en Canada. Certes il n’y a pas de sot métier, et personne ne blâmera nos pauvres compatriotes qui se so"t laissés prendre par de faux rapports, de faire ce qu’ils peuvent pour gagner leur vie une fcis rendus à l'étranger. Que ce soit seulement une leçon pour ceux qui seraient portés à suivre leur exemple.
Mais, dira-t-on, comment se fait-il que ces émigrés écrivent si souvent à leurs amis du Canada pour vanter leur position là-bas ? comment se fait-il que lorsqu'ils reviennent au pays pour voir leurs parents, ils puissent dépenser si largement leur argent ?—Mon Dieu, n'est-ce pas là un effet bien commun de la vanité humaine? Nul n'aime à confesser qu’il s’est trompé; nul n'aime à faire parade de sa misère. il fallait juger nos compatriotes par
LES APPARENCES EBXTÉRIEURES,
dans tous les pays du monde on pourrait croire qu’ils sont riches.
Mais a côté de ces lettres et de ces rapports, écrits sans réflexion sur les conséquences qu’ils peuvent avoir et dictés par les motifs que nous venons d'indiquer, qu’on lise les journaux français de la Nouvelle-Angleterre et les études des Canadiens les plus éminents de ces états. Il n’en est pas un, malgré l'intérêt qu’ils peuvent avoir de le faire, qui voudrait conseiller aux Canadiens de laisser leur pays. Qu'on réfléchisse sur les paroles suivantes, pronontées par le Dr. Gédéon Archambault, de Woonsocket, R. I., lors du grand congrès national de 1884 ; il parle du Canadien qui revient au pays :—
‘* Le Canadien est naturellement léger et vaniteux ; rendu au pays, il a voulu