ELLE S'AMÉRICANISE, CETTE JEUNESSE FRANÇAISE
malgré elle, presque sans s’en apercevoir; elle n’apprend à aimer et à estimer que ce qui est américain; tout ce que la France et le Canada ont fait de glorieux et d’excellent, elle n’en sait rien, ou si peu et si mal, l'ayant puisé aux sources américaines ou anglaises, que mieux vaudrait que ces épopées, ces hauts faits, ces œr vres surhumaines lui fussent lettre close.”
Et, tout récemment, M. l’abbé Boucher, du Fond du Lac, Wisconsin, parlant devant la Convention des Canadiens des Etats-Unis à Chicago, et s’appuyant sur les décrets du Pape et des conciles, condamnait les écoles publiques des Etats-Unis, parce qu’on n’y donnait pas l’enseignement moral et parce qu’elles conduisent la jeunesse catholique aux mariages mixtes, au divorce et à l’apostasie,
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Mais les Canadiens des Etats-Unis sont TAXÉS POUR LE SOUTIEN DES ÉCOLES ATHÉES,
et il ne leur reste pas toujours le moyen ensuite de soutenir une école catholique et française.
La preuve conclusive de la apidité avec laquelle se fait l'assimilation de nos compatriotes aux Etats-Unis se trouve au recensement des Etats- Unis. Les chiffres pour 189 ne sont pas encore publiés, mais on peut voir par celui de 1880, que dans l’état du Massachusetts on ne comptait que 35,266 enfants nés aux Etats-Unis de parents canadiens, tandis qu’on en comptait plus de 70,000 qui étaient nés d’un père canadien marié à une étrangère, ou d’une mère canadienne mariée à un étranger. Et il en était de même dans toute la Nouvelle-Angleterre. Dans l'Ouest