‹ Les Canadiens des Etats-Unis [microforme]Chapitre 8 sur 22 · TOUCHANTE LETTRE · texte numérisé non relu

TOUCHANTE LETTRE

qu'on va lire et qui prouve à quelle misère, à quelles déceptions nos compatriotes sont souvent exposés daais ce Far West que tant de personnes considèrent encore comme le pays les fortunes toutes faites. Cetta lettre m'était adressée par un Canadien du comté de Bottineau, Dakota-Nord, er 1890, alors que j’habitais le Michigan. Je n’en puis donner que des extraits :

‘ Depuis longtemps j'aurais aimé à vous écrire; mais j'ai toujours retardé, parceque la position dans laquelle se tronvent nos colons nous porte plutôt à garder le silence et à vivre en ermite qu'à rechercher la COFTESPONAANCE... see soveve soenee sonese rose oo ER AT TE I LPC

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“ Depuis quatre ans, il y a toujours eu quelque chose pour détruire la récolte. Depuis deux ans surtout, les pauvres cultivateurs ont consacré toutes leurs forces et toutes leurs ressources à ensemencer leurs terres, allant jusqu’à hypothéquer toutes leurs propriétés : ils voulaient mettre le plus de terrain possible en culture dans l'espérance de récolter assez pour rencontrer leurs redevances, vivre et s'habiller. Bien loin de voir leurs espérances de ce côté se réaliser, ils ont assisté à la ruine presque «“omplète de leurs récoltes par la sècheresse.

“ I] s’en est suivi une misère si grande, que si nous n'avions reçu quelques secours des places étrangires, il y aurait un grand nombre de familles qui seraient mortes de faim et de froid,

“ 11 faut dire, cependant, que les Canadiens et les catholiques ont été presqu'oubliés dans la distribution des serours que l’on a reçus jusqu'à ce jour.

“ I] m'est impossible d'exprimer toute la pauvreté qui règne dans notre place. Les plus en lieu de vivre sont obligés d’endurer mille privations, de se contenter de la plus grosse nourriture. Des familles qui sont venues ici ily a 4 ou 5 ans avec quantité de hardes et de toutes les choses nécessaires, n'ayant récolté depuis leur arrivée, sont rendues à la dernière extrémité. Après avoir travaillé en mercenaires, ils sont obligés de se priver de nourriture...... Les femmes et les enfants sont devenus si faibles qu’ils peuvent à peine marcher: à force de misère ils ont contracté toutes sortes de maladies. Plusieurs mères de famille sont infirmes pour la vie....

“ Dans nombre de familles, l’on est si pauvre, que ies mères sont obligées d’ôter le linge de leurs enfants pozr le laver, et ces petits restent nus jusqu’à ce que le linge soit séché.

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‘# Dans d'autres familles, l'on a pour toute nourriture que du pain de son, et l'on n’ôse pas demander de secours, l'on £#. trop honte, l’on préfère se tenir renfermé dans les petits chantiers afin de cacher sa misère. Certainement que le froid doit faire souffrir ces gens beaucoup; car après avoir été habitué à être chaudement vêtus de flanelle, ils se trouvent dans un dénuement presque complet ; les enfants vont pieds nus et les femmes se chaussent de haillons.

‘On n’a jamais vu régner une misère aussi générale : pour croire il faut voir. 11 y a longtemps que l’on sait que la misère règne; mais elle est infiniment plus grande qu'on le croyait : l’on apprend chaque jour des détails navrants.

‘“ Des parents sont morts des suite des privations, laissant leurs familles dans une misère encore plus grande; des hommes obligés de sortir pour voir à leurs animaux, se sont gelés des membres at se trouvent infirmes. Cela n’a rien d'étonnant, si l'on considère qu'ils étaient à moitié vêtus et affaiblis par la faim.”

Il est difficile de donner un état précis de la fortune de nos compatriotes dans l'Ouest, car ils son: tellement d':;ersés qu’on n+ ies aperçoit guère varmi les autres nationalités.

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