PAROISSE ST FRANÇOIS -XAVIER
Curé fondateur Rév. H. Lessard (1884-- . . . j
Quelqu'un de mes lecteurs a-t-il connu le faubourg de Nashua, qu'on nomme Indian Head, avant qu'il y eût là une église et un prêtre Canadien ?
Qu'il y retourne aujourd'hui, il verra de ses yeux la transformation merveilleuse que, par sa parole et son ministère, un Curé Canadien peut opérer parmi ses compatriotes.
Il y a quelques années, Indian Head avait une triste réputation.
C'était le rendez-vous de tous les buveurs, de tous les tapageurs, de tous les viveurs de Nashua et des environs. Là, il y avait au moins une quinzaine d'auberges, et le Dimanche soir, les homnêtes gens ne pouvaient se risquer
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dans" lés rués, sans s'exposer à rencontrer des bandes d'hommes îvres qui blasphémaient comme des démons et souvent se battaient comme de vrais sauvages.
Voilà ce qu'était Indîan Head avant la venue du prêtre.
En 1884, Mgr de Manchester offrit au Rév. H. Lessard, fitlors vïcttire i St- Augustin, de former k Indian Head une paroisse, cèlùî-ci accepta.
Au sommet de la côté qui, de la rue principale d'Indîan Hèad, tombé dans Grand stfeet, la compagnie des fabrique^ possédait un terrain fori avantageusement localisé poiit la future églîi^. M. Lessard en obtint la cession, mais avant de construire lé soubassement projeté, il y avait lin' obstacle sérieux à surmonter. Il fallait faire disparaître au moins la moitié de cette colline de sable. C'était une rude besogne.
M. Lesisiard rassemble ses Canadiens, les harangue et leur fait accepter d'enthousiasme des corvées volontaires.
Le soir, c'était un spectacle étrange de voir le sommet d'Indian Head, illuminé par les centaines de torches de résine éclairant les travailleurs qui, leur journée finie, venaient aider à déblayer le terrain de la future église. De longues files de charrettes descendaient lentement de la colline, la gaieté et l'entrain régnaient partout et Ton s'encourageait à la besogne eu chantant les vieilles chansons du Canada. Le curé était là, au milieu de ses
braves gens, les soutenant par de bonnes paroles, au besoin provoquant de joyeux éclats de rire par des plaisanteries et des souvenirs du vieux pays.
Au bout d'un an les Canadiens étaient installés dans un bon soubassement en brique.
Alors commença un travail de régénération spirituelle qui donna bientôt les plus heureux résultats.
Les auberges disparurent, il n'en resta que quelques unes et la police put facilement les maintenir dans l'ordre. Les danses et les soirées tapageuses cessèrent aussi peu à peu. Les rudes viveurs de Nashua qui avaient fait d'Indian Head leur quartier-général, comprirent que désormais ils devaient transporter ailleurs le théâtre de leurs exploits.
Témoins de ce changement, les protestants ne se lassaient pas d'admirer Tinfluence extraordinaire du prêtre sur ses compatriotes et, les premiers, ils félicitaient pasteur et troupeau, d'une réforme aussi complète, et en même temps aussi pacifique.
Ils ignorent, en effet, le secret de cette influence sur les âmes, même en apparence les plus endurcies.
Ce secret, le voici :
Presque tous ces émigrés ont reçu dans les vieilles paroisses, une bonne éducation religieuse. Une mère pieuse les instruisit de la religion et les forma a la
piété. Or, ces premières impressions ne s'effacent jamais complètement du cœur des Canadiens. Ces hommes plus tard, peuvent sans doute, plus ou moins négliger leurs devoirs de chrétiens ; mais dès qu'ils ont une église auprès d'eux, qu'un prêtre vient faire appel à ces souvenirs d'enfance, la foi se réveille et sous les décombres que les passions avaient amoncelés dans le cœur, reparaît le cachet de la mère. L'homme facilement redevient fidèle à son Dieu et à sa religion.
Le protestant lui, n'aura malheui*eusement jamais cette ressource de salut. Au fond de son âme, il n'y a jamais eu, et la plupart du temps, il n'y aura jamais^ que le doute ou l'indiffference absolue pour toute religion révélée.
Durant la retraite de 1888, M. Lessard fit, pour sa paroisse, une acquisition magnifique.
Juste en face de l'église, se trouvait un vaste terrain, avec une maison entourée d'un verger. Il acheta le tout pour la somme de 7,000 piastres. L'année suivante il bâtit un grand couvent qu'il confia aux sœurs de Ste- Croix, puis il transforma la maison en un presbytère, nivela le terrain, le planta d'arbres, l'orna, bref, il fit là un établissement qui, au bon goût, joint tout le confort que peut raisonnablement souhaiter un curé des Etats.
La jeune paroisse d'Indian Head n'a pas encore atteint la perfection, il est vrai, mais avec de la patience et du travail, elle ne peut désormais que s'améliorer de plus en plus et prospérer.