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PAROISSE NOTRE-DAME DE LOURDES

Curé fcmdatmr .,.,Rév.P,0, Bédard (1 87^-1 88i)

AdministrcUeur . . . Rév. McQee r

...Rév. Clark 1(188^^1886)

.,.Rév.Féron [

eème Curé Rév. M. Lafiamme (1886-1888)

Sèrne Curé Rév. J. Prévost (1888- ;

Dix-sept mille Canadiens, trois grandes paroisses françaises, un journal influent, VlTidépendant, de nombreuses sociétés religieuses, patriotiques et littéraires, font de F&Il River un des centres Canadiens les plus inyportants de la Nouvelle-Angleterre.

L'église Ste Anne bâtie en 1870, était très insuffisante pour les milliers de catholiques employés dès lors dans les filatures de Fall River. Le Rév. P. G. Bédard, prêtre canadien, actif et plein de zèle, entreprit de leur donner une seconde paroisse.

La Flint était alors un terrain désert, un peu en dehors de la ville. M. Bédard, prévoyant les agrandissements qui se feraient de ce côté, acheta un vaste emplacement et bâtit une église. Bientôt, en effet, les Canadiens accoururent en foule, autour de ce nouveau centre de vie, et formèrent un florissant village qui, depuis, n'a cessé de grandir et de prospérer.

Après l'église, vinrent les écoles. Les Révérendes Dames de Jésus-Marie, de Sillery (Québec), construisirent en 1877 un des plus beaux couvents de toute la Nouvelle- Angleterre. C'est un grand édifice de 120 x 50, à quatre étages avec toit français et d'élégantes tourelles aux quatre angles.

D'une activité extraordinaire, d'un patriotisme ardent, se jetant corps et âme dans son œuvre, M. Bédard entreprit de stimuler partout le zèle de ses compatriotes émigrés. 11 les pressa de s'unir pour se donner plus de consistance, il les poussa à fonder des sociétés nationales, à se rallier, à Fall River et ailleurs, au programme qui, sur la terre étrangère, devait conserver leur Religion, leur Langue, leurs Traditions catholiques et canadiennes. Ferdinand Gagnon, l'habile rédacteur du Travailleur de Worcester, eut en lui un allié puissant, un auxiliaire infatigable, pour organiser les convenfioriB

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nationales et les faire réussir. En un mot, M. Bédard était partout où il y avait des Canadiens, il se mêlait de tout ce qui pouvait contribuer à les unir comme peuple, et en toutes circonstances, sa parole, inculte parfois, mais toujours chaleureuse et énergique, ne cessa d'exciter parmi les émigrés un véritable enthousiasme.

Nul prêtre dans la Nouvelle-Angleterre n'eut sur les Canadiens un ascendant plus considérable, et nul ne contribua davantage à leur inspirer l'esprit patriotique qui n'a cessé de les animer depuis.

Parfois, malheureusement, l'ardeur de la lutte l'entrcdna au delà des limites de la prudence et d'une sage modération. Il eut des excès de parole, quelquefois même, des attaques peu mesurées contre des catholiques de nationalité différente.

Les passions humaines s'en mêlèrent.

Bientôt elles produisirent les tristes résultats qu'il était facile de prévoir ; la lutte devint archamée. Ceux qui se crurent visés par des paroles inconsidérées ou atteints par des plaisanteries qu'il eût été plus digne de ne pas relever, formèrent une coalition et réussirent à aliéner l'esprit de l'évêque Hendricken, jusqu'alors très sympathique aux Canadiens. L'on en vint même à dire publiquement que le French prieM, M. Bédard, serait le premier et le dernier curé Canadien de N.-D. de Lourdes.

Ces détails sont nécessaires pour comprendre les graves événements qui survinrent plus tard à Fall River.

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M. Bédard, ayant terminé une retraite de huit jours, chez les RR PP. Jésuites, au Sault-au-RécoUet, venait de rentrer dans sa paroisse, cyiand il mourut subitement d'apoplexie, en 1884, Cette mort fut le signal d'un déchaînement de passions des plus regrettables. Non content do s'attaquer à l'œuvre même du curé Csmadien, on poussa la méchanceté jusqu'à mettre en drcolation, à propos de cette mort subite, les rumeurs les phis odieuses comme aussi les plus invraisemblables. Les faits cités plus haut, sans qu'il soit nécessaire de donner le témoignage de prêtres qui furent présents à cette catastrophe^ suffisent pour faire justice de ces calomnies.

Cette haine aveogle et implacable d'une part, et d'autre part, l'ardeur enthousiaste avec laquelle les Canadiens avaient toujours soutenu leur Curé, et ffidt de sa cause leur propre cause, expliquent, sans la justifier pourtant, Tacrimonie de la lutte qui commença à la mort de M. Bédai-d.

Les adversaires du French priest, s'étaient donc vantés, avons -nous dit, d'imposer aux Canadiens un Curé de leur choix. Ceux-ci se préparèrent à résister. Mjiçr Hendricken nomma le Rév. S. McQee administrateur de N.-D. de Lourdes.

M. McQee était un bon prêtre, de manières affablès> parlant bien le français. En toute autre circonstance, il

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eût saDs cloute été bien accueilli par la population canadienne de N.-D. de Lourdes ; mais dans les conjonctures présentes» il lui était impossible de réussir. Bien résolus à n'aeoepter comme Curé qu'un prêtre de leur nationalité, les Canadiens refusèrent obstinément de reconnaîtare le nouveau pasteur» Ils remirent leurs bancs et s'abstinrent en masse d'aller à l'Église. L'Évêque, voyant qu'il. ne pouvait rien gagner, fit ediever le St Sacrement de l'Église et jeta l'interdit sur N.-D. de Lourdes.

La cause fut immédiatement portée à Borne.

Bientôt Tordre arriva de lever l'interdit, mais les Canadiens, persistant dans leur résolution, continuèrent à ne pas vouloir venir à l'église. Au bout d'un an, M. McGee, comprenant que la situation était intenable, donna sa résignation.

Le Rév. M. Clark prit sa place. L'opposition redoubla de violence. L'élément féminin de la paroisse, lui-même, se mit de la partie et fit la lutte, comme des femmes surexitées, seules, peuvent la faire, à coups de langue et à coups d'épingles, M. Clark, lui aussi, dût céder à l'orage et se retirer.

Le Eév. M. Féron, qui lui succéda, crut qu'en se donnant un vicaire Canadien, il réussirait à calmer les esprits. Il fit donc venir M. Laflamme, ancien curé d'Upton, dans le diocèse de St Hyacinthe. C'était un homme distingué, bon orateur, de manières faciles et agréables, mais dans l'état d'excitation où étaient alors les Canadiens, cette demi mesure, ne produisit aucun bon résultat. Le Rév. M. Féron donna sa démission.

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L'affaire, avons-nous dit, avait été portée à Borne Dès le commencement de 1885, M. Martineau fut délégué par les Canadiens de Fall River pour aller plaider la cause de ses compatriotes. Enfin après deux ans de lutte et de changements répétés, arriva la décision du Préfet de la Propagande.

Sans trancher directement la question, Rome invitait rÉvêque de Providence, dans l'intérêt de la paix et pour le bien des âmes, à donner aux Canadiens des prêtres de leur nationalité.

Mgr Hendricken se rendit à ce désir. Il nomma le Rév. M. Laflamme curé de N.-D. de Lourdes, et lui associa le Rév. M. Payan comme vicaire.

Cette même année 1886, le RR. PP. Rédemptoristes donnèrent une grande mission, et bientôt tout rentra dans le calme le plus complet.

Les nombreuses congrégations fondées par M. Bédard, reprirent leurs exercices de dévotion, les Canadiens, la pratique de leur religion, et cette violente tempête qui avait agité les esprits des catholiques dans toute la Nouvelle- Angleterre et au Canada, ne parut pas avoir laissé la moindre trace dans la belle paroisse de N.-D. de Lourdes.

En 1888, M. Laâamme fut forcé d'abandonner son poste, pour raisons de santé, et le Rév. J. Prévost, alors curé de New Bedford, fut appelé à le remplacer.

La mort imprévue de M. Bédard avait laissé la paroisse de N.-D. dans une situation financière des plus embarrassées. Les exécuteurs testamentaires du curé défunt étaient MM. Gaboury et Dauray. Par leur prudence et leur habileté, ils réussirent à sauver la situation ; mais il restedt encore sur l'Eglise et le collège une dette considérable Ce fut pour rétablir définitivement l'équilibre dans les finances que Mgr Harkins, le nouvel évêque de Providence, demanda au Rév. M. Prévost de quitter sa florissante paroisse de New Bedford, pour prendre la cure de N.-D. de Lourdes.

Habile financier autant que prêtre zélé, M. Prévost réussit, en deux ans, à éteindre presque complètement là dette de la paroisse, et à consolider toutes les œuvres commencées par M, Bédard.

Ces troubles de Fall River, tout regrettables qu'ils aient été, ont produit cependant, pour la cause des Canadiens, les résultats les plus impoi*tants.

Rome, il est vrai, n'a pas reconnu et ne pouvait pas leur reconnaître un strict droit de justice à n'être desservis que par des prêtres Canadiens, mais, concession précieuse pour les émigrés, Rome admit la valeur des raisons de haute convenance, et d'intérêt religieux de premier ordre, qu'il y avait de donner, autant que possible, à ces catholiques, des prêtres de leur propre nationalité.

Les Canadiens se déclarèrent pleinement atisfaits de. cette décision.

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Depuis ce temps, la lettre du Souverain Pontife aux Évêques d'Amérique, pour leur recommander les Italiens émigrés, et l'action directe du Pape, envoyant à ces catholiques des prêtres de leur pays, ont définitivement tranché cette question délicate.

 partir de 1886, nombre de paroisses avec des prêtres Canadiens à leur tête, ont été établies dans les Ëtata de la Nouvelle-Angleterre.

Les BB. PP. Dominicains de Lewiston ont pris la direction de Ste Anne et dans un des faubourgs de Fall River, à Bowenville, une paroisse nouvelle est en voie de formation.

Les Canadiens vont donc avoir trois églises à eux dans ce grand centre manufacturier.

Après avoir payé la dette de N.-D. de Lourdes, M. Prévost a entrepris des œuvres considérables pour sa belle paroisse.

L'an dernier il ouvrit un Orphelinat que dirigent les Révérendes Sœurs Grises de Québec.

Mgr Harkins, si sympathique aux Canadiens, à cause de ses vues larges et de l'intérêt qu'il porte à la cause catholique, sans distinction de nationalité, va demander à toutes les paroisses françaises de contribuer à la fondation de ce grand établissement de charité.

Pour remplacer l'église temporaire bâtie par M. Bédard, l'on va commencer au printemps, à construire on temple magnifique de 200 x 80 et qui coûtera environ 200,000 piastres.

Les BR. pp. Dominicains de Ste Anne, sont, eux aussi, de leur côté à rebâtir sur de grandes dimensions. Dans quelques années trois églises nouvelles témoigneront de la foi et de la générosité des Canadiens-français de Fall River.

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