POPULATION CANADIENNE DE LOWELL
Familles, A^nes, Couvent, Propr., Mect, '27^1. 16,326. IS60 éliv^f^. 191. 7^5.
MARLBORO, Pop. 10,941
Curé fondatewr Rév, Fr. Ooiiesse (1872-1873)
2ème Curé Rév. Oct. Lépine (1873-1878)
Shnc Curé Rév. Z, Duviontier (1878-1889)
4ime. Curé Rév. C. Caisse (1879-. . . .)
Marlboro, centre important de cordonnerie, est bâti sur des collines peu élevées à 12 milles de Worcester.
Au sommet de ces collines se trouve une rue plantée de beaux ormes, bordée de spacieux trottoirs en asphalte et de chaque côté, s'alignent de gracieux cottages tout entourés de verdure ; c'est le quartier Canadien. Au centre s'élève l'église, avec pelouse en avant, corbeilles de fleurs et bouquets de lilas qui descendent jusqu'à la rue.
Tout annonce le confort, l'aisance, la vie heureuse et tranquille.
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La paroisse Ste Marie fut organisée par M. Qouesse en 1872.
M. Oet. Lépine la desservit de 1872 à 1878. M. Zéph. Dumontier en fut alors nommé curé.
Son caractère aimable, son zèle ardent lui concilièrent bien vite l'affection des Canadiens, et durant plusieurs /innées, tout marcha à merveille. M. Dumontier lit restaurer l'église qui menaçait ruine, il bâtit un spacieux presbytère, et acheta en arrière un vaste terrain, pour y construire plus tard ses écoles de paroisse.
L'harmonie la plus complète n'avait cessé de régner entre le pasteur et son troupeau
Soudain, une violente tempête éclata, au moment même où M. Dumontier songeait à couronner sa carrière par la réalisation d'un double projet, qu'il avait fort à cœur : rebâtir l'église et avoir un couvent.
Le Curé désirait une grande et belle académie où l'on prendrait des pensionnaires, les paroissiens, eux, ne voulaient que des écoles de paroisse. De là, une opposition qui se fit de plus en plus opiniâtre. Enfin M. Dumontier, désespérant de pouvoir jamais se faire aider par la paroisse pour son entreprise, résolut d'aller de l'avant, et de bâtir l'Académie avec ses propres ressources.
Sur un vaste plateau, d'où l'œil embrasse un paysage
magnifique, et se repose avec délices sur un gracieux
. petit lac, tout au pied de la colline, il fit construire un
pensionnat qui coûta quelque 20,000 piastres, et le
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donna, avec le reste du terrain, aux religieuses de Ste Anne.
Elles songent, dijb-on, à y fonder une maison-mère pour les Etats de TEst, où elles dirigent de nombrei^ couvents. Ce serait sans doute un excellet projet qui donnerait de plus, des avantagée considérables aux paroissiens de Marlboro.
Mais les procédés de M. Dumontier avaient froissé les Canadiens, la division se mit dans la paroisse.
Bientôt une autre cause vint encore augmenter le malaise.
Le bon Curé, pour raisons de santé, ou par charité pour ses confrères, faisait de longs et fréquents voyages. Ces absences répétées avaient peu à peu refroidi l'affection des paroissiens pour leur pasteur, et, chose plus grave encore, elles avaient sensiblement diminué l'influence qu'il exerçait autrefois sur les esprits. On ne le voyait plus dans les familles, il n'était plus au courant des difficultés de la paroisse, on ne pouvait plus le consulter cpmme on faisait auparavant ; tout celia causait du malaise et donnait lieu à des murmui'es, qui n at^udaient qu'une occasion pour se produire au dehors.
M. Dumontier ne se doutait da ri^n, qui^nd une circonstance imprévue, vint tout-à-coup lui révéler tristement la profondeur du mal.
Il y avait dans la paroisse une espèce de médecin empirique que les Canadiens encourageaient «t soutenaient. A diverses reprises, le Curé aj^ant eu à se
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plaindre de l'ignorance ou de Tincurie de cet homme pour l'appeler auprès des malades, avait mis ses paroissiens en garde contre cet incapable ; rien n'y fit.
Enfin il lui déclara publiquement la tfuerre, mais J'affaire tourna mal.
Pour les raisons données plus liant, et aussi par •certaine disposition que les hommes ont assez souvent dans ces cas, à se mettre à l'encontre. d(î l'autorité plus celle-ci se montrait hostile à ce soit-disant médecin plus ils le favorisaient et l'employaient.
La situation s'aggrava, dos murmures se tireiît <:*ntendre.
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Les Suisseë, toujours sur le qui vive pour pêcher en eau trouble, s'abattirent sur Marlboro, et malheureusement ils réussirent à détacher de 1 église un certain nombre de familles mécontentes. Vite on organisa pour ces apostats une sorte de congrégation protestante, que soutient volontiers l'argent des puritains fanatiques de la Nouvelle- Angleterre.
Ce fut là un grand crève-cœur pour le bon M. Dumontier. Il en conçut un chagrin profond qui certainement hâta sa fin.
En 1889, il mourait subitement à New Bedford, où il «'était rendu pour les 40 heures de la paroisse.
Le Rév. C. Caisse, prêtre distingué du diocèse de Montréal, le remplaça.
La prudence du nouveau Curé, jointe à son zèle pour le bien spirituel de ses paroissiens, ramènera bientôt, je Tespère, l'union et le calme dans cette belle paroisse de Marlboro.