‹ Les Canadiens-Fran{rcedil}cais de la Nouvelle-Angleterre [microform]Chapitre 93 sur 129 · PAROISSE ST-PIERRE · texte numérisé non relu

PAROISSE ST-PIERRE

Curé fondateur. .Rév P. Hévey (1871-1881)

Sème Cwré RK PP. Dominicains. . .(1881- ;

A la fin de Tannée 1869, les Canadiens de Lewiston se séparèrent des Irlandais, et sous la direction du Rév. Ls Mutsaers, prêtre flamand, se réunirent dans le soubassement de Téglise St- Joseph. Ils étaient à peu près un millier d'âmes.

En juillet 1870, le Rév. M. Létoumeau, prêtre de St Hyacinthe, mis à la tête de la congrégation naissante, la transféra dans la chapelle S t- Jean, rue Lincoln ; mais les progrès étaient lents, presque nuls. Il était réservé au Rév. Pierre Hévey, lui aussi du diocèse de St- Hyacinte, d'imprimer à cette paroisse un élan qui ne fi'est pas ralenti depuis.

En 1871, M. Hévey se sentît inspiré de consacrer soa ministère au salut de ses compatriotes émigrés. Il suivit cette inspiration et bien il fit ; car il devait fournir aux États une longue carrière toute pleine de dévouement et de bonnes œuvres.

Le 11 octobre 1871, il arrivait à Lewiston.

A cette époque, le prêtre Canadien -français était bien peu de chose aux yeux des américains protestant*. M. Hévey se mit à la recherche d'un logement, mois partout il reçut la réponse que les Juifs donnèrent autrefois à St Joseph : " Il n'y a pas de place pour vous ici." Après plusieurs jours de démarches inutiles, M. Hévey trouva enfin une personne un peu moins fanatique, qui, pour la considération de $18.00 par mois, consentit k loger le prêtre catholique-dons un galetas.

Le nouveau pasteur se mit à l'œuvre.

Facilement il démontra à ses paroissiens la nécessité de construire une église, le projet fut accepté d'enthousiasme et l'on ouvrit une souscription.

Hélas ! il n'y avait pas même assez d'argent pour commencer les travaux.

Que faire ? Ce fut alors que M. Hévey déploya, pour la première fois, cette fécondité de ressources qui plus tard, devait lui permettre de mener à bonne fin tant d'entreprises importantes. Il proposa un emprunt sous forme de banque d'épargne. Le projet fut approuvé par rÉvêque du diocèse, et le premier dépôt fut fait par M. Eleusippe Garneau le 26 février 1872.

inÔdhSE DE PORTf.ANlJ 407

Ce dépôt était de dix pastres; mais ce grain de sénevé devait bientôt devenir un^grarid artre. Dans Tespace de 9 ans, le P. Hévey reçut de ses Canadiens la jolie somme de 110,000 piastres.

Le 7 juillet 1872, Ton posait la première pierre de la nouvelle église, et le 4 mai 1873, ^çrr Bacon, évêque de Portland, f>éiiissait la j)aroîsse dé fet- Pierre de Lewiston.

Dfes gu'ils eurent une église à eux, les Canadiens ûiîgifièhtèrént rapidement à Lcwiston.

Au début en 1869, ils n étaient que lOOOâmes.

En 1871. 1,400

En 1873 2,054

Ènîé74 2,604

En 1875 2,896

En 1890 9,250

Fatigué par «es travaux excessifs, M. Hévey en 1877 dût, sur avis du médecin, faire un voyage d'Europe pour sa santé. A son retour, il songea à avoir un (îcftivent, et le 20 novembre 1878, quatre Sœurs Grises de la maison de St Hyacinthe arrivèrent à Lewiston à la grande joie de la population Canadienne.

Outre les écoles, lés bonnes îSœut's devaient encore âvôîr soin dès orphelins. Elles eii reçurent un certain ndmtre, maïs lés proportions de leurs établissement et lit rriôdidlté de leurs revenus, né leur permirent pas de satisfaire à toutes les demandes.

Cette belle œuvre ne devait avoir son épanouissement complet que quelques années plus tard.

En 1881, le Rév. M. Hévez eut une autre bonne inspiration, et cette fois encore, il la suivit.

Les RR. PP. Dominicains établis à St Hyacinthe désiraient un établissement permiinent aux États^ pour s'y emploj^er au service des Canadiens émigrés. Du consentement de Tévêque de Portland, Mgr Healy, M. Hévey ofiFrit aux RR. Pères de leur céder sa paroisse, ce qu'ils acceptèrent avec reconnaissance. L'ancien curé ne se réservait sur les revenus de l'église, qu'une rente viagère qu'il abandonna généreusement pour le support de l'orphelinat des Sœurs Grises.

Peu de temps après avoir donné sa démission, M. Hévey prit la direction de la nouvelle paroisse Ste Marie dans la ville de Manchester. Là nous le verrons accomplir des œuvres encore plus considérables que celles qu'il avait si bien conduites à Lewîston.

Le Rév. P. Mothon, fondateur de la maison-mère de St Hyacinthe, fut le premier curé dominicain de Lewîston.

En 1886, il construisit dans la rue principale de la ville, un bloc magnifique connu depuis sous le nom de domican hlock. Le rez-de-chaussé est occupé par des magasins tandis que les étages supérieurs servent d'école Je paroisse. ^

DIOCÈSE DE PORTLAND 403

L'église St Pierre étant devenue insuffisante pour l'augmentation toujours croissante de la population, les RR. PP. sont à constiniire une succursale à Aubum, un des faubourgs de Lîwiston.

Ils ont adopté le système en vogue aujourd'hui, et bâtissent' une église-école. L'église au rez-de-chaussée, Tes écoles au dessus. Plus tard, ils élèveront le temple définitif, et la chapelle actuelle sera entièrement affectée aux enfants.

Ce système mis en faveur tout d'abord par les Allemands de rOuest, commence à se répandre à l'Est, et semble s'adapter parfaitement aux besoinâ les plus urgents des populations catholiques : l'École d'abord pour sauver les enfants, l'Église ensuite.

Sur une population de 22,668, les Canadiens comptent près de 10,000»âmes à Lewiston.

Ils ont un représentant à la législature locale, M Jos. R Cloutier, trois juges de paix, MM. P. X. Angers, F. X. Belleau et Jos. Cloutier, un conseiller de ville, M. H. Lizotte, enfin bon nombre sont dans le commerce et fo*nt de bonnes affaires (V. Guide de la Nouvelle-Angleterre.)

Sous la direction intelligente et zélée des RR. PP. Dominicains, la belle colonie canadienne de Lewiston gardera longtemps sa religion, sa langue et sa nationalité.

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