PAROISSE DE L'ASSOMPTION
Curé fondateur... Rév. J. À. Charlaund....(1885-....)
A diverses reprises déjà, les Canadiens de Milbury, petite ville située à 7 milles de Worcester, avaient demandé à l’évêque de se séparer. Ne croyant pas le temps opportun, Mgr avait jusqu'alors refusé leur demande, quand une circonstance, qui menaça d’avoir des suites assez fâcheuses, hâta la conclusion de toute cette affaire.
Depuis longtemps déjà, les Canadiens étaient en délicatesse avec leur Curé.
Un Dimanche, il leur fit des reproches sévères, et leur dit des paroles très dures ; alors tous unanimement résolurent de s’ubstenir désormais d'aller à l’église des catholiques-américains.
Ils louèrent une salle publique, et là ils se réunirent pour y faire, tant bien que mal, les offices du Dimanche. Les hommes chantaient le Kyrie, le Gloria et le Credo de la messe de Dumont, tandis que les femmes disaient le chapelet et enseignaient le catéchisme aux enfants.
Ce petit schisme durait déjà depuis six mois, et rien n’en faisait prévoir la fin, quand les têtes les plus calmes de la congrégation comprirent qu'il fallait au plus tô4, faire cesser un état de choses aussi déplorable.
On résolut done d’envoyer unie nonvelle députation à l'évêque de Springfield.
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Les délégués, afin d’avoir plus de courage pour parler à Sa Grandeur, avaient cru bon de prendre un coup, et même quelques uns l'avaient pris un peu fort.
Admis en présence de l’évêque, ils exposèrent leurs griefs. Celui-ci ayant fait quelques observations, à l'encontre, l’un de ceux qui 1vaient un coup en tête, répondit avec vivacité et d'une manière fort impertinente “ que les Canadiens étrient bien décidés à gagner “ leur cause, coûte que coûte.”
La situation devenait difficile. Elle menaçait de tourner au tragique, quand un vieux Canadien, bien sobre celui-là, prit la parole. — “ Oubliez Monseigneur, “ dit-il, ces paroles insensées, ce n’est pas là ce que nous “ voulons ; maïs écoutez avec bonté ce que nous avons à “ vous dire. Nous autres les vieux Canadiens nous ne ‘“ perdrons pas ia foi dans ces pays-ci ; nous avons été “trop bien élevés pour cela, en Canada ; mais, Monsei- ‘“gneur, que vont devenir nos enfants ? Sans école ‘“ catholique, sans église, sans prêtre pour leur parler “du bon Dieu, ils vont grandir dans l'ignorance et “Pimpiété. Nous comptions sur eux pour nôs vieux ‘jours ; mais s'îils sont infidèles à leur Dieu, ïls le
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DIOCÈ;E DE SPRINFIELD 295
“ aurons tout perdu. En notre nom, Monseigneur, et au “ nom de nos enfants, laissez-vous donc toucher et don- “ nez-nous ce que nous vous demandons, un prêtre Cans- “ dien pour instruire nos enfants, nous consoler et nous “ aider.”
L'évêque attendri, leur promit un prêtre et nomma M Charland curé des Canadiens de Milbury.
C’était le jeudi. Avec une énergie admirable, le nouveau curé se mit à la besognc. Il loua la salle de l'Hôtel-de-ville, emprunta des vêtements, des vases sacrés, dressa un autel, et le Dimanche suivant 500 Canadiens entendaient la Ste Messe et bénissaient Dieu d'avoir enfin exaucé leurs désirs.
Protestants et catholiques secondant également les efforts du zélé pasteur, deux ans plus tard il acheta un grand terrain auprès de la station du chemin de fer, et bâtit une belle église avec presbytère et école.
Monseigneur, à sa première visite, félicita les Canadiens du succès de leur entreprise.
Depuis lors, tout va bien à Milbury.