‹ Les canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre [microforme]Chapitre 119 sur 190 · PA · texte numérisé non relu

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Le Rév. G. Mahoney devenu curé de Pawtucket en 1881, ramena promptement le calme et le bon ordre dans la belle paroisse qui lui était confiée.

Homme habile et dévoué, il est très estimé et aimé de ses Canadiens, et cependant il est Zrlandais d'origine, comme le sont aussi les Curés de Taunton, Slatterville et autres paroisses de Providence, également aimés de leurs ouailles.

N'est-ce pas la meilleure réponse aux accusations si souvent portées contre les Canadiens, dé ne vouloir absolument être desservis que par des prêtres Canadiens ?

Quand une nouvelle paroisse se forme, Canadiens et Irlandais préfèreront, sans doute, avoir pour pasteur un prêtre de leur propre nationalité. C'est un désir très naturel et qui, du reste, facilite beaucoup l'exercice du saint ministère. Mais si la chose n’est pas possible, les catholiques canadiens, comme les autres, se laisseront volontiers guider par un prêtre étranger, pourvu toutefois que ce prêtre parle leur langue, qu’il comprenne leurs besoins spirituels, et que, par tempérament ou par vertu, il sache se plier à leurs mœurs et habitudes sociales.

Les Canadiens sont profondément religieux.

Il leur faut des sociétés pieuses, des dévotions spéciales qui rappellent le vieux pays. Ils ont besoin de pouvoir consulter leurs prêtres sur toutes sortes de sujets.

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Les femmes surtout, veulent trouver en lui un confident, toujours disposé à écouter leurs peines, un conseiller dans toutes leurs difficultés de ménage.

De plus, disons-le franchement, les Canadiens, aux États du moins, sont parfois d’une susceptibilité quelque peu excessive. Une parole un peu brusque les blesse, une remarque faite sans trop de ménagement, leur portera ombrage, parfois même elle les piquera au vif. Alors, pendant plus ou moins de temps, ils garderont rancune pour ce qui leur aura semblé un manque d’égards ou une insulte à leurs sentiments. De plus, ils ne peuvent souffrir d’être traités un tant soit peu haut la main.

Le prêtre en charge de paroisse, devra donc, s'il veut vivre en paix avec ses gens, tenir compte de cette sensibilité délicate. Mais s'il sait dissimuler ou excuser ces faiblesses humaines, et d'autre part, tirer parti des qualités sérieuses de ces émigrés, il est sûr de gagner

léurs sympathies, et de mener sa barque sans difficultés.

Après avoir fait des améliorations considérables à son église en 1889, le Rév. G. Mahoney vient d'acheter au prix de 16,000 piastres un grand terrain pour y bâtir un beau couvent Canadien.

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