‹ Les canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre [microforme]Chapitre 150 sur 190 · JOSEPH, BIDDEFORD · texte numérisé non relu

JOSEPH, BIDDEFORD

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BIDDEFORD, Por. 14,418

PAROISSE ST-JOSEPH

Curé fondateur Rév. J. Ponsardin...(1872-1878) £ème Curé Rév. P. Dupont (1878.....)

En 1873, au retour d’un voyage en France, nous nous trouvâmes cinq prêtres à bord de l’infortunée Ville du Havre qui, au voyage suivant, périt en mer avec plusieurs centaines de passagers.

L'un de ces prêtres était le Rév. P. Mothon, O. P. qui s’en allait fender la première maison de son ordre à St. Hyacinthe ; deux autres étaient Sulpiciens : les RR. MM. Lévêsque et Deschamps, morts depuis ; l’autre enfin, était un curé français, au visage jovial et intelligent, aux manières engageantes et pleines de courtoisie. Vif à la réplique, d’une gaiété intarissable, :ontant avec entrain histoires sur histoires, anecdotes sur anecdotes

ce joyeux compagnon fut durant la traversée, la consolation des affligés, l'ami de tous.

C'était le Rév, Jos. Ponsardin.

Il avait entrepris de bâtir une grande église pour les Canadiens de Biddeford.

Déjà le soubassement était terminé, il voulait finir l'église et pour avoir des ‘ressources, il avait fait le voyage de France. M. Ponsardin revenait en Amérique, le cœur content. Il rapportait avec lui nombre de cadeaux destinés à un bazar, qui lui permettrait d'achever son œuvre. 4

Hélas ! une triste déception l’attendait à New-York.

Les journaux américains ne parlaient que de faillites, les maisons les plus fortes, les banques les mieux établies tombaient de toutes parts. (C'était ûn désastre comme les Etats-Unis n’en avaient encore jamais vu de pareil.

Au moment de toucher au port, le pauvre Curé français, voyait. toutes ses espérances s'évanouir en un instant.

Pourtant cette épreuve ne l’abattit pas.

Tant bien que mal, il traversa la crise, et quelques années plus tard, il put enfin réaliser son projet.

La grande et belle église de Biddeford était finie à l'extérieur.

En 1878, M. Ponsardin donnait sa démission et: s'en allait fonder: une nouvelle paroisse canadienne à Lead: ville (Colorade):

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Ancien professeur de philosophie et directeur des études au séminaire de Trois-Rivières, M. Dupont résolut de se dévouer tout entier aux Canadiens établis à Biddeford. Cachant sous des manières lentes et réservées, une grande hardiesse de vues, il sait mûrir des plans qui, au premier coup d'œil, font parfois hésiter les plus entreprenants. Mais les mesures sont si bien prises, les ressources si bien calculées, que le Curé de Biddeford a toujours la satisfaction de voir ses entreprises couronnées de succès,

En 1882, il finit l'église et la décora avec goût.

Il y mit tout ce qui peut contribuer à entretenir et à développer la piété des fidèles : Statues du Sacré-Cœur et de N.-D. de Pitié, Christ en Croix, de grandeur naturelle et d’un fort beau travail. Puis il établit de nombreuses sociétés qui, par la communion fréquente, main-

tiennent la ferveur dans les familles et dans la paroisse.

En 1885, le P. E. Hamon, S. J, y fondait la Ligue des Hommes avec 400 membres. Cette société s’est muintenue depuis.

Dès que son église fut terminée, M. Dupont aménag: a le soubassement pour en faire ses écoles de paroisse, qu’il confia aux Sœurs du Bon Pasteur de Québec.

Tout était donc déjà sur un bon pied, dans la belle paroisse de Biddeford ; mais l’entreprenant, pasteur, ne se. contentant pas de ce bien relatif, voulut encore

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réaliser le mieux. Il conçut un plan qui, par son audace, déconcerta tout d'abord et l'Évêque et les paroissiens.

Au centre de Biddeford, sur une colline qui domine la ville et donne au loin une large perspective sur l'océan, un riche américain avait fait construire une vaste résidence privée. Des jardins plantés de pins et d’érables, faisaient de cette habitation un séjour tranquille et délicieux. Mais l’américain seul avec sa femme, s’'ennuyait dans cette grande maison. Il cherchait à vendre. M. Dupont résolut d'acheter et de faire de cette propriété, une maison-mère de religieuses enseignantes.

Le coup était hardi.

On offrait cette propriété pour 20,000 piastres, c'està-dire la moitié de sa valeur ; d'autre part, il y avait encore sur l’église une dette de quelque 40,000 piastres, se mettre sur les épaules un pareil fardeau additionnel, semblait être bien téméraire.

Aussi l’Evêque hésitait, il n'osait consentir au projet, M. Dupont s'en va le voir à Portland. De vive voix il expose ses plans, additionne ses revenus certains, met dans la balance les recettes probables que donneront les bazars, soirées, etc. ; bref, il emporte la situation de haute main et l'Evêque signe le contrat.

En 1886, les religieuses du Bon Pasteur de Québec prirent possession de leur magnifique établissement, Jamais elles n'avaient rêvé d’être si bien logées sur terre. Il leur fallut cependant se résigner à garder les riches candélabres, les lavabos en marbre, les tapis somptueux

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que la générosité de l'Américain leur avait laissés. Les bonnes religieuses, à l'exemple de St Paul, après avoir connu Ja pauvreté à Québec, durent se résoudre à vivre dans une maison luxueuse à Biddeford,

Elles ouvrirent un noviciat de leur ordre, et l'essai fut heureux ; 16 religieuses et 10 novices habitent aujourd'hui cette maison-mère, la première que les communautés du Canada aient ouvert dans les Etats de l'Est.

L'année suivante, M. Dupont bâtit sur ce nouveau terrain une vaste école de paroisse, et se mit à l’œuvre pour payer ses dettes. Un seul bazar rapporta 14,000 piastres. La dette sur le couvent fut réduite à quelques milliers de piastres, et celle de l’église n’a rien qui puisse inquiéter une population généreuse et du reste, fort considérable.

% Biddeford est un des centres Canadiens les plus importants des Etats de l'Est.

Les Canadiens sont plus de la moitié de la population totale de la ville. Ils ont une large part aux offices publics.

M. Daniel Côté est depuis plusieurs années député à la législature locale du Maine. M. David Garnache est échevin, et MM. Jos. Carrier, Ad. Simard, Jos. Lachance et Ph. Gendron conseillers de ville. Enfin grand nombre de Canadiens sont dans le commerce et réussissent, sans avoir eu besoin pour cela, ni d'abandonner leur religion, ni de se faire francs-maçons, ainsi que le prétendent

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