‹ Les canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre [microforme]Chapitre 33 sur 190 · PTE DRE ER TE · texte numérisé non relu

PTE DRE ER TE

nistre en toute indépendance les revenus de l’église. Une fois l'an, seulement, il doit rendre compte de l’état financier de sa paroisse, à l’Evêque et aux paroissiens.

Cette situation, tout en favorisant la liberté d'action du pasteur pour les œuvres nouvelles qu’il désire créer, lui impose en même temps une charge bien pénible, surtout dans les grandes paroisses, et lui fait encourir

une responsabilité, qui n’est certes pas exempte de périls.

Ce ne sera pes assez pour lui, d'être un prêtre pieux et zélé, il faudra encore qu'il possède les qualités d’un administrateur temporel sage et prudent.

Les Canadiens sont généreux pour leurs églises, j'en conviens, mais ils ont toujours au cœur, le souvenir des vieilles fabriques du Canada. Il faut bien le reconnaître, ce n’est pas sans quelque difficulté qu’ils se soumettent à la discipline qui régit les paroisses de la Nouvelle- Angleterre. Ils aiment à savoir où va leur argent. Si donc le pasteur néglige de leur donner un état satisfaisant des finances de l’église, et de l'emploi qu'il en a fait, les murmures ne tarderont guère à se faire entendre, et les revenus diminueront dans la même proportion.

Les paroisses canadiennes aux Etats-Unis forment, pour ainsi dire, des colonies distinctes, au milieu de populations diférentes de langage et d’habitudes sociales. Ces émigrés récemment installés aux États, se sentent pas mal dépaysés, au milieu des Américains

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protestants. Ce sont des groupes d'hommes qui ont besoin d’un chef, des catholiques à qui il faut un pasteur, Le prêtre seul a les qualités nécessaires pour réunir ces éléments épars en un faisceau solide et résistant. Scul aussi, il peut, par son influence morale, faire contrepoids à l'autorité suprême des agents de fabriques, et prévenir ou supprimer, en grande partie du moins, les causes de troubles entre les employés et les patrons.

Au temps de la conquête, le curé canadien parvint à coriserver à son peuple sa langue et son autonomie nationale, malgrés les assauts répétés des races anglosaxonnes qui cherchaient à l’entamer et à le détruire. La forte organisation de la paroïsse sauva la nationalité canadienne, en ces jours d’épreuve. La même force la maintient et la maintiendra longtemps je l'espère, au milieu des populations protestantes des États-Unis.

L'arrivée d’un prêtre canadien dans un centre industriel, produit en peu de temps, des changements merveilleux. Les Canadiens isolés jusqu'alors, se connaissant à peine, se rallient autour du chef qui leur inspire confiance, et bientôt, l’on s'occupe avec ardeur à élever la citadelle qui gardera la langue, la religion et la nationalité, l’église canadienne catholique. Nombre d'hommes oublieux jusqu'alors de leurs devoirs de chrétiens, reviennent au Dieu de leur enfance, les désordres cessent, la jeunesse se discipline, elle prend des

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allures respectables, le quartier canadien qui, assez souvent, jouissait d’une réputation peu enviable, devient

très vite calme et rangé.

Témoins de ce changement, les Américuins sont les premiers à en exprimer leur étonnement, et à féliciter le pasteur de l’heureuse influence qu'il exerce sur ses compatriotes.

On le voit, elle est noble et féconde en fruits de salut la mission que le prêtre canadien remplit aux États près de.ses concitoyens éinigrés.

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