‹ Les canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre [microforme]Chapitre 74 sur 190 · PAROISSE DE L'ÉTOILE DE LA MER · texte numérisé non relu

PAROISSE DE L'ÉTOILE DE LA MER

Curé fondateur. ...Rév. I. Miuchaud......(1575-1879) Yème C'uré.........Rév. Jos. Kerlidou....(1879-1880) ème Cureé.........Rév. N. Proulx...... .(1S8S0-1SSS ) 4ème Curé.........Rér. F. Yuinec........(1888-....)

L'Étoile de la Mer, tel est le nom poétique donné à cette paroisse, et jamais nom ne fut mieux choisi.

L'église en effet, comme un phare de salut domine Ja jolie petite ville de Newport, toute entourée d'un amphithéâtre de collines qui s'ouvrent du côté du lac, et laissent voir des îles de verdure, des promontoires aux formes bizarres, tout couverts de grands et beaux ormes, qui rendent lu navigation si pittoresque sur le lac Memphremagog.

M. Michaud, prêtre Canadien, né aux États-Unis, fonda cette paroisse en 1875,

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Un vieux Canadien me racontait d’une manière assez

originale les origines de Newport et de Barton.

M. Michaud avait réuni son monde dans une salle

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224 PAROISSES CANADIENNES publique. Il leur exposa le but de sa mission : “ Mes chers “ amis, je ne viens point vous arracher votre argent de la “ poche, maïs je viens vous consoler, vous aider à bien pratiquer votre religion, à bien élever vos enfants, à rester de bons Canadiens et de bons chrétiens.”—"* En entendant ce sermon, le cœur nous sautait de joie, me disait le vieux Canadien.— A la bonne heure, voilà un curé comme il nous en fallait un. Il est bien avenant, il va travailler pour nous autres, et il ne veut pas d'argent, c’est ben superbe ! mais, ajoutait le vieux bonhomme avec malice, ça ne dura pas longtemps, ct bientôt il fallut de l'argent au Père Michaud tout comme aux autres curés.” !

On lui en donna généreusement, et il l'employa bien. Il bâtit la jolie église de Newport, et à côté le preshytère qui, en été du moins, est gracieux comme un petit paradis terrestre.

Le Rév. N. Proulx, un prêtre Canadien, lui succéda.

Par

RÉV. N. PROULX (1880-1888) Le curé de Newport avait alors une vraie vie de missionnaire,

Fidèle au plan qu'il avait essayé de réaliser par son

1. Un mot encore sur ce brave homme, ‘Quand je vins en Amérique, me ** dit-il, j'avais ma vieille mère avec moi et six enfants. Je travaillais chez ‘les américains. Ma mère mourut. J'étais trop pauvre pour la faire ‘enterrer. Les américains firent une souscription, et donnèrent un beau ** cercueil à ma vieille mère, mais ils voulaient la mettre dans le cimetière ‘* protestant. Que faire ? on était dans l'hiver et l’église catholique était à 1? ‘milles, Je me levai de bon matin et je m'en allai jeter de l'eau bénite dans ** la fosse qu'on avait creusée pour ma mère, C'était tout ce que je pouvais ‘* faire pour elle, ”

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œuvre de Rutland, Mgr de Goësbriand le mettait en pratique, avec les prêtres que le Canada lui envoyait. il établissait le curé dans un centre assez populeux déjà, et, de jà, le faisait rayonner dans un immense circuit, en attendant que ces groupes isolés fussent assez forts pour supporter un prêtre résident.

Qu'on juge de la besogne de ces curés-missionnaires par les localités qu'avait à desservir le curé de Newport. C'était d’abord Barton, 15 milles, puis Lowell, IS milles, Esland-Pond, 25 milles, Wells River, 65 milles et entin. Hile, 100 milles.

On n'avait pas alors, on le voit, beaucoup de temps pour s’ennuyer au presbytère.

M. Proulx bâtit une école de paroisse, attenante au presbytère, et mit toutes choses sur un très bon pied,

En 1888, il fut transférée à Rutland, et le Rév, Fr. Yvinec le remplaçait à Newport.

RÉV. F VVINEC(ISSS-....)

M. Yvinec appartient au dernier détachement que Mer de Burlington alla chercher dans la vieille Bretagne. Il prit aisément racine en Amérique, comme tous les autres prêtres bretons, du reste, mais en même temps, il garda fidèlement dans ses allures et dans sa personne, les traits les plus caractéristiques comme aussi les plus otiginaux de la vieille race d'Armorique.

C’est plaisir de voir le calme habituel, la simplicité patriarcale, la bonhomie aimable de ce breton-américain.

C'est réjouissant d'entendre les saillics curieuses qui, sans apprêt, mais non sans finesse, lui partent droit de la tête où du cœur, Connu de tous les prêtres du Vermont, aimé aussi de tous, M. Yvinec est ce qu'on nommait au XVIIe siècle un fort galant homme, ce qu'on appelle aujourd’hui un bon cœur d'homme. Ce qui est à lui, est aussi À ses amis, c'est-à-dire, À tous ceux qui le connaissent.

I n'aura jamais, j'en suis sûr, 5,000 piastres, ni même 1,000 piastres en banque. Jamais du reste, l’idée ne lui viendra de songer à pareille folie.

Si vous voulez passer quelques jours agréables, allez frapper à la porte du presbytère de Newport. Vous y recevrez une hospitalité franche et cordiale qui vous fera du bien au cœur.

Si vous êtes breton, et que par conséquent, vous ayiez un faible pour lu galette de sarrazin, Von vous en servira d'excellente, accompagnée bien entendu, du pichet de cidre, qui aide efficacement la galette bretonne à faire son chemin.

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