PRÉCIEUX SANG, HOLVOKE, MASS
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avec une justesse de coup d'œil remarquable, l'importance que ce centre d'industrie ne tarderait pas à prendre, résolut &e s'y tixer. 1
A l'ouest de la ville, se trouvait un vaste terrain
sablonneux et inoceupé. La compagnie qui en était pro- 1 priétaire permit volontiers à M. Dufresne d'y élever une modeste chapelle en bois, et, quelques années plus tard ï elle donnait à l’évêque de Springfield les titres de cette propriété qui allait devenir l’une des plus florissantes j paroisses de la Nouvelle- Angleterre .
* î à En 1873, M. Dufresne jeta les fondements de la grande .
et belle église du Précieux-Sang : déjà même le soubasse ment était presque terminé, quand une terrible calamité ; vint éprouver la paroisse nouvelle,
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Les exercices du mois de Marie se faisaient dans une
chapelle en bois attenant à l'église en construction. à
Tout-à-coup le feu prend dans les tentures de l'autel, }. et en quelques instants il gagne le sanctuaire et le reste }. de l'édifice. |
Il y eut alors une panique indeseriptible. 4
Au lieu de se sauver facilement en sautant par les a. fenêtres sur les échaufaudages de la nouvelle église, les | quels se trouvaient tout proche, les personnes assises # dans les galeries se précipitèrent dans les escaliers et 4 vinrent se heurter à la masse compacte qui sortait par 4 la grande allée. Ce fut alors un spectacle horrible. De À
nombreux assistants entouraient la chapelle en feu
impuissants à porter secours aux malheureux que meuaçait une mort terrible. Le feu s'avançait toujours : Can bientôt, passant sur la tête de cette foule qui ne pouvait plus ni avancer, ni reculer, il prend dans les vêtements, Alors on vit des mains crispées s’agiter dans lair, l’on entendit un cri suprême d’agonie et de terreur, puis le silence se fit.
Soixante-sept victimes, parmi lesquelles un des frères de M. Dufresne, avaient péri duns les flammes.
Le Curé ne se laissa pas abattre par cette catastrophe. rece Il transféra aussitôt ses paroissiens dans le soubassement de l’église nouvelle, fit hâter les travaux, et l’année suivante, en 1874, il prenait possession de l’église du Précieux-Sang, l’une des plus grandes et des plus belles que les Canadiens aient bâties dans la Nouvelle-Angle. terre.
Alors commença pour la paroisse de Holyoke une ère de prospérité qui alla toujours en augmentant depuis. De nombreux et beaux blocs s’alignèreut autour de l'egiise, et des milliers de Canadiens furent heureux de venir habiter à l'ombre du clocher catholique.
Seul pour desservir une population qui comptait déjà plus de 4,000 âmes, sans presbytère, couchant sur un canapé dans sa sacristie, M. Dufresne faisait face à tous les besoins. Son activité était infatigable, son initiative ne se ralentissait pas un seul instant. Il ne cessait d'aider ses compatriotes de ses conseils, souvent
même de sa bourse. Aussi, vn quelques années, réussit-il
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8 frères
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à créer à Holyoke un centre important et exclusivement Canadien.
Ardent promoteur des principes de l'Église en matière d'éducation ; intimement convaincu que, pour les Canadiens, comme du rest pour les autres catholiques, l’école paroissiale est le seul moyen de garder la religion, M. Dufresne bâtit, en 1883, un grand couvent qu'il confia aux Sœurs Grises de Saint-Hyacinthe. Huit cents enfants, arrachés aux écoles publiques, vinrent recevoir une éducation catholique et française.
En 1884, à la suite d'une grande mission prêchée pour les hommes par le R. P. Hamon, $. J. la Ligue du Sacré- Cœur fut établie à Holyoke.
Oina cents hommes s’y enrôlèrent, et leur nombre n'a fait qu'augmenter depuis ; aujourd’hui ils sont un millier. Cette Ligue, berceau de toutes les autres Ligues qui ont été fondées aux États, s'est toujours distinguée par sa ferveur et son ardent patriotisme.
Le Rév. M. Dufresne en avait fait son œuvre de prédilection. Fidèle à réunir ses hommes, à les préparer aux communions générales, son cœur de prêtre jouissait du saisissant spectacle qu'offrait alors la grande église de Holyoke. Au sanctuaire flottait le beau drapeau de la Ligue, don de M. Dufresne. De cinq à six cents Ligueurs, l’insigne du Sacré - Cœur sur la poitrine, venaient dans un ordre parfait recevoir la communion des mains de leur curé, et renouveler leurs promesses au Cœur de Jésus.
rité à l'adnm conve signale
En 1887, l'infatigable pasteur songeait à avoir une école de frères ; déjà même le terrain était acheté, l'on allait bâtir quand la mort vint arrêter le rude travail
leur. ;
: qu'exc { M. Dufresne mourut le 24 mai 1887. Tel {é M aux C4 [hr miers
D'une activité extraordinaire, d'une énergie de volonté gables. que rien ne décourageait, et qui finissait par triompher Lon: des obstacles, M. Dufresne sut façonner peu à peu les un so éléments divers et difficiles qu'il avait sous la main, et corps les former en paroisse régulière et disciplinée comme amaig l’une des vieilles paroisses du Canada. Bien que seul, il étonna réussit cependant à mener à bonne fin de nombreuses charité entreprises religieuses et patriotiques. Il rencontra longue des critiques, il eut même des ennemis déclarés : (quel Sang (
prêtre dans sa situation aurait pu éviter cette épreuve ?) Il laissa dire les critiques et alla son chemin. Par ses
vertus sacerdotales il réduisit ses ennemis à l'impuis Vomne (
sance, ou, — triomphe encore plus beau, — les força enfin à rendre hommage à son zèle et à son dévoue- Le ment. rempla Du reste, il ne garda jamais dans le cœur le Son moindre ressentiment contre ceux qui, trop souvent de la p payèrent des services reçus par la persécution la plus Holyol injuste. Dans l'intimité de la conversation il les plai- Sang 1 gnait, et son seul désir était de les voir revenir à Dieu lation. et à la pratique de leurs devoirs de chrétien, En 1 Canadi
Obligeant envers ses confrères, toujours disposé à leur
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DIOCÈSK DE SPRINGFIELD 241
rité à toute épreuve, Jamais on ne l'entendit critiquer l'administration ni la conduite des autres, et si dans la conversation quelqu'un relevait une imperfection ou signalait un défaut, vite le P. Dufresne trouvait quelqu'excuse ét mettait l'entretien sur un autre sujet.
Tel fut l’homme et le prêtre que ln Providence donna aux Canadiens des États-Unis, comme l’un de leurs premiers apôtres et de leurs travailleurs les plus infatigables.
Longtemps les paroissiens de Holyoke conserveront un souvenir reconnaissant de ce grand vieillard, au corps droit comme une flèche, au visage ascétique, amaigri par le travail et une vie d'abstinence vraiment étonnante. Longtemps ils se rappelleront le zèle et la charité de celui qui fut le fondateur et durant de longues années, le guide de la belle paroisse du Précieux- Sang de Holvoke.
Vôme Curé......... Rév. H. Landry... (1887-1890)
Le Rév, H. Landry, curé de Webster. fut appelé à le remplacer. ,
Son premier soin fut de faire un recensement exact de la paroisse, et l'on trouva plus de 13,000 Canadiens à Holyoke. Evidemment, la grande église du Précieux- Sang ne pouvait plus suffire aux besoins de la population. :
En 1890, Mgr O'Reilly créait me nouvelle paroisse Canadienne qu'il confiait au zèle de M. Bruneault. alors
curé de Gardner.
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Bientôt la ville de Holyoke aura donc deux belles églises pour les Canadiens, et peut-être même avant longtemps lui en faudra-t-il une troisieme ; car ces Canadiens des États, bien loin de diminuer, comme certains prophètes l'annonçaient avec assurance, montrent au contraire une tendance très prononcée à se multiplier au delà de toutes les prévisions. |
L'année même de la division du Précieux-Sang, M. H. Landry mourait le 5 juillet 1890.
Le Rév. Chs Crevier, ancien curé de Nortl: Adams et d'Indian Orchard, a pris la direction de la belle paroisse du Précieux-Sang de Holyoke.