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d'argent pour acheter un terrain et jeter les fondations de la nouvelle paroisse.
Avoir une modeste église en bois, était toute l'ambi tion des Canadiens ; mais la Providence Jes aida d’une manière tout-à-fait inespérée à faire bien mieux que cela.
À Turner’s Falls vivait un brave catholique qui, par son travail, avait amassé une fortune considérable. Voyant le zèle et l’activité que M. Perreault déployait pour son œuvre, il se prit pour lui d’une vive admiration, qui bientôt se changea en amitié profonde.
Un jour, en compagnie du curé, il visituit les fondations de l’église qui sortait de terre “--M. le Curé, ‘“ comptez.-vous bâtir en brique ? ” — ‘“ Non, ceiu nous “ coûterait trop cher” -- “ Allôns donc, bâtissez tou- ‘jours, et fiez-vous à la Providence, elle vous viendra “en aide.”
Là-dessus on se sépara. |
M. Perreault finissait justement une neuvaine à la bonne Ste Anne, pour trouver de l'argent ; il n’y en avait plus dans la caisse.
Le lendemain l’entrepreneur se présente, et lui dit qu'une personne bien intentionnée offrait de fournir toute la brique nécessaire pour l’église, à la condition qu'il payât seulement la main-d'œuvre.
Le Curé devinant sans peine qui était cette personne bien intentionnée, accepta avec reconnaissance, et peu de jours après, les larmes aux yeux il remerciait l'homme généreux qui donnait ainsi plusieurs milliers de piastres, pour la gloire de Dieu.
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La bonne Ste Anne s'étant, elle aussi, trouvée mêlée à cette heureuse affaire, il fut décidé que l'église porteruit son nom,
A lu tin de 1884, le soubassement étant terminé, on en prit possession, et le P. Hamon vint de Worcester faire le sermon de circonstance.
L'église avait été bâtie dans le bois, au milieu de rochers et de ravines qui avaient nécessité des travaux de nivellement considérables,
Le 31 décembre 1884, la pluie qui tombait à torrents depuis plus de 24 heures avait défoncé les chemins en construction, et l’on était dans la boue, bien au dessus de la cheville du pied ; pourtant, malgré tont, il manquait bien peu de Canadiens ce soir-là, à lu bénédiction de leur nouvelle église. Ces braves gens étaient si heureux d’avoir réussi, et d'être enfin chez eux !
Quelques années plus tard, en mai1890, Mgr O’Reilly bénissuit l’église Ste-Anne complétement finie, et décorée à l'intérieur de fresques et de verrières magnifiques,
Monseigneur félicita à bon droit les Canadiens de leur succès.
Ces pauvres ouvriers avaient trouvé moyen de bâtir en 6 ans, une église de 32,000 piastres, avec un beau presbytère de 7,000 piastres pour leur curé. Ils ont aujourd’hui une propriété ecclésiastique de la valeur de 50,000 piastres.
288 VPAROISSES CANADIENNES
La singulière théorie d'églises bâties aux États ‘ par ‘“ des growpes seulement de catholiques, tandis que la “masse reste indifférente et apathique,” ne trouve guère, on le voit, son application à Turner's Falls, pas plus qu'ailleurs du reste, au moins dans les Etats de l'Est.
Depuis de longues années, les catholiques de langue anglaise priaient dans une église qui rappelait à l'esprit l'humble grange de Bethléem. L'exemple des Canadiens les stimula et leur fit élever un temple digne de Dieu et de la religion.
L'émulation religieuse n'est pas, on le voit, sans amener des résultats heureux pour la gloire de l'Église et le bien des âmes.
De ce temps-ci, certains écrivains affirment dans les journaux du Canada, que les Canadiens des États sont en train de perdre leur religion et leur nationalité.
Ecoutons le témoignage de ceux qui peuvent avec le plus de compétence, répondre à ces assertions.