BERNARD
Pre'sent, capitaine.
LE CAPITAINE , ai'ec emphase.
Le ge'néral m'a enjoint la f.iveurde vous remettre celte somme à titre de gratlHcation , une fois payée, pour la belle conîîuite que vous avez tenue dans la charge de ce jour contre les rebelles ; et de pliis, il vous autorise par e'crit de porter le ruban delà Lëgion-d'Hoimeur, en attendant l'tixpedilion de votre brevet. [Avec un ton d'importance ridicule.) Continuez, jeune homme , et votre avancement s'effectuera graduellement. Vou.s voyez qu'on gagne toujours à être de plus eu plus fidèle aux principes invariables d'un ordre quelconque de clioses établies psr la re'volution de juillet; car, moi qui vous parle , c'œt aux Irarricades que mon avancement s'est eflècluc; c'est Sa Majesté lui-même qui m'a gratifié de mon brevet en main-; propres, et vous voyez la manière dont je m'en acquitte. Et puis le devoir, toujours le devoir... [Il sort.)
FBANCTs, après le départ du capitaine.
11 est bon là le capitaine avec sa fidélité! ça ne l'a pas empêihé de tirer furieusement sur nous, qu'étions pour lors à la
liarrière de Mous^eau, S*"^ régiment de ia garde royale
J'voudrais ben savoir lequel de nous deux qu'était, comme il dit, le pu fidèle aux principes invariables d'un ordre quelconque. ( Il rit.) Ah ! ah ! ah' il est bon enfant monsieur l'ofiicier. En attendant , mon fils Bernard , te v'ià riche à régaler le diable : j'cspèie qtte c te fois-ci t'en enverras à ton père, qui t'a écrit qu'on lui avait vendu ses meubles pour payer l'zimpositions. A propos, c' pauvre cher homme qui désirah tant te voir, v'ià une bonne occasion, j'espère, d'obtenir une permissien.
LES PEECEDENS, LA CANTINIERE.
LA CANTINIERE.
Caporal la Mèche, vous êtes un bon enfant, vous; laissez
donc qu'on entre un biin au corps -de -garde ce vieux brave lioijime qu'est tombe blesse' à la porte de la canline; y s'inenrt
de froid ; il a reçu un vilain coup c'malin dans la bagarie
Heim? Allons , vums aurez un p'iit verre d'eau-de-vie par dessus Tmarcbé.
LA MECHE
A la bonne heure iloiic, nous savons ce que parler veut dire. Amenez vot' vieux.
{La c anlini ère sort joyeuse , et rentre bientôt, soutenant le vieillard blesse. )
Allons , allons , (^i\ courage.
LE VlElLLABn.
Oh! oh!.,.,. comn>e je souffre! ! Pardon, nia chère dame.
nERNABD, se précipitant au-dei'ant du vieillard- Que vois-je ! Mon jière! mon père! Grand Dieu!
FRATfCIS.
Qu'est-ce qui dit donc , l'autre?
LE V1EIU.ABU, sanglottant dans les bras de sonjils.
C'est donc toi; c'est toi, mon enfant, mon fils Bernard
J'ai fait ben du chemin pour te venir voir; mais ça ne serx
rien; console-toi Il v avait si long-temps que tu n'mavais
vu, tu n'pouvais pas me r'connaîfre ; et puis il y avait tant de monde J'tai pourtant appelé deux ou trois lois avant.
BERNA5U, dans le plus grand désespoir.
Ali ! malheureux ! ah! monstre que je suis! c'est moi (jui IV.i assassiné!!!!
LE VIEILLABI).
Puisque tu ne me reconnaissais pas.
LECAPITAIHE, entrant, avec préeipitatiun.
Allons, allons, soldats, à vos armes! Par ordre du gc'ncral il faut (juitter la ville; le peuple se soulève de nouveau
liERNARD , a\'ec égarement.
Partez, partez tous; laisc/.-moi je reste ici; je ne le
quitte plus î