VOYAGE POLITIQUE EN EUROPE
FRANCE.*— Etat divisé. Des monarchistes sans :o', des ré- .ubiicains sans république, des fousqui ont embiassc la in«adie comme un remède, et qui aiment tniei'.x !a mort que la guérwou. Beaucoup d'esprit qui ne sÈrt à rien , de la générosité à tort et à travers, une passion pour la liberté qui fait du despotisme , un amour de l'éf^alité qui fait de l'oligarchie, de la tolérance qui fait de l'intolérance et de l'oppression, un besoin d'ordre qui fait du désordre, une rage d'économie qui fait un budget de douze cent millions, enfin un peuple se précipitant corps et bien dans un volcan pour s'immortaliser, semblable à Empédocle, et ne laissant au bord da cratère que. . . les escarpins àc M. Dupin.
Angleterre. — Vieille égoïste qui caresse la révolution en France , en attendant le moipent de la détruire. • Rlssif. — Avalanche qui roule en grossissant sur le INJidi. Géant qui, pour aiguiser se.s dents, dévore aujourd'hui la Pologne.
AuTRiCHE. — Monarchie des intérêts matériels, vivant pour elle-même ; ayant un œil sur la France , et l'autre sur ia Russie, enchantée que la révolution ait été blessée en Pologne pour la mutijtei- en Italie et la braver en France.
Prusse. — Monarchie en mosaïque, composée de laiiibeaux pris à tout le monde ; étant un peu partout, toujours bottée , toujoui's armée , toujours sur le qui-vive, donliant le change à l'esprit de révolution par l'esprit de conquête et d'invasionj temporisant , toisant, diplomatisant jusqu'à ce que les fruits soient mûrs et, que les échelles soient prêtes. Espagne. — Voisine et antipode de la France. Le pouvoir absolu y est populaire, la couronne du roi y est le joyau du peuple, les moines y sont tribuns, les libéraux y sont aristocrates, les théories démocratiques n'v soulèvent des passions que contre les démocrates; pays héroïque et emphatique en deçà et au-delà de la civilisation de celte époque. Grand^roblème dont l'avenir donnera le mot.
io8
Pologne. — Hérnique folie commencée par des écoliers, finie par des Cosaques.
TunQuiK. — Peuple qui a cessé de croire en lui,- qui a perdu toute sa grandeur en perdant son insolence, et tout son pouvoir depuis que les janissaires sont des f^renadiers de la g§rde , et que le sultan >i'est fait/ashionable.
Grèce. — Des esclaves révoltés ne sont point des hommes libres. Les grenouilles qui demandent un roi.
Suède. — Un peuple franc ave?un roi gascon.
Portugal. — Nation crée pour déconcerter toutes les idées du jour; une révolution qui fait un roi absolu; des assembléespriniaire^qui détruisent une Charte ; un souverain qui; pour règle de conduite, prend les doctrines à contre - poil , et qui , nonobstant , vit , gouverne et triomphe. •
Suisse. — Une république qui s'agite pour devenir
une république.
. Belgique. — Petite .pièce calquée sur un grand drame , l'éternel embarras de ceux qui l'ont faite. C'est la révolution française tombée dans la farce.
Hollande. -^ Rapetissée et fortifiée en perdant la Belgique. Il est de maxi'ne protestante qu'un bon divorce vaut mieux qu'un mauvais ménage.