‹ [Les Cancans]Chapitre 258 sur 297 · LE CRI DU SANG · texte numérisé non relu

LE CRI DU SANG

Pourquoi le sang ficuçais a-t-il coulé en Belgique? Estce pour étendre les limites de la France, comme sous Louis XIV? Non.

Est-ce pour la défense du sol de la patrie, comme sous la république? Non.

Est-ce pour conquérir l'empire de monde , comme sous Napoléon ? Non.

Est-ce pour châtier des rebelles qui traînaient leur roi depuis Madrid juscju'à Cadix, comme sous Louis XVIII? Non.

Est-ce enfin pour purger l'Europe d'un repaire de pirates , comme sous Charles X ? Non , mille fois non !

Quel est donc le motif pour lequel des milliers de Français ont disparu devant la citadelle d'Anvers? Pourquoi tant de veuves et d'orphelins , tant d«' familles en larmes ?.. L'histoire impartiale répondra.

Pour conserver leurs portefeuilles, des ministres français ont versé le sang de leurs co'n[î;itriotes ; ils l'ont versé pour affermir ie siér;e d'un préfet anjjlais, placé à Bruxelles. Ils ont sacrifié les intérêts de leur patrie à un cabinet étranger, qui a vu impassiblement la France sacrifier ses richesses et ses enfans, et qui, de son côté, n'a pas perdu un seul honmie dans cette lutte sanglante.

Voilà ce qu'on dit à La Haye... et ce cjuc l'on peut répéter à Paris... C'est le cri du sang : c'est le cri de la vérité I

ÉCL.ITS.

Tandis que le mortier-monstre, à l'aide du génie, battait les murs de la citadelle d'Anvers , nous avions à Paris un monstre-mortier qui défigurait nos monumens, et qui

n'avait pas besoin de gt'nie pour cela Demandez à M.

Fontaine I

'Caroline au malheur oppose un grand courage, > ses persécuteurs un iront tranquille et doux, pdien ne peut l'ébranler: elle affronte l'orage : On la plaint, on l'admire , on tombe à ses genoux, r-a fierté des vainqueurs devant elle est craintive, (^invincible, elle règne et brave les revers, i^ioble fille des rois, elle n'est point captive : Klle impose des lois , en recevant des fers.

Le comte de MARCELLUS.

« Les Français ressemblent à des abeilles , dit un diplomate étranger , à des abeilles qui se disputent sur la forme

des cellules et oublient de faire du miel >» Faites-en

donc, pour qu'il nourrisse un gros vilain frelon I

Après les doctrinaires , qui donc aurons-noiis pour ministre? — Un avocat. — M. Barthe? — Assez. — M. Dupin? — Peut-être. — M. Odillon-Barrot ? — Après? — EtM.Berryer? — Ensuite. — Alors: vive !e juste-milieu! vive la république! vive! chacun aura son tour.

Quàtid oh voulut perdre Louis XVI et l'héroïque reine Mariè^Antoînette , deS placards annoncèrent â tout Paris que cette princesse faisait venir de Lyon pliisieurs centaines

de boulets rouges enfermés dans des potirons. Nous crevons, nous, avec plus de raison, que pour nous perdre, on nous a donné une poira'çXexuc cVartifici'.

Le vocabulaire caractéristique de la révolution s'est enrichi d'un nouveau mot.

Quel gâchis! avait dit M. Lobau en voyant éclater la confusion entre les deux partis qui avaient établi l'ordre nouveau.

Quel pillage ! s'était écrié M. Cabet en entendant exposer les résultats de nos lois de finances.

Quelle mystification I a dit M. de Puyraveau en repoussant les honunajjes du ministère aux héros des glorieuses journées.

Ainsi , gâchis , pillage , mystification , voilà la révolution de juillet peinte par elle-même.

Dans un procès fait à l'occasion d'un charivari à certain préfet , l'avocat a cité le couplet suivant dont l'application cit susceptible de s'étendre :

0 bienheureux pays de France , Où l'on rencontre un homuie assez complet

Pour cumuler la triple chance De conseiller , de pair et de préfet !

Conseiller-d'élat , sa science

Prépare et j^onfle le budjct;

Pair, il le vote en conséqance ,

Et puis enfin il le dépense

En sa qualité de préfet.

L'Académie de médecine s'est réunie dernièrement poui renouveler son bureau et pour désigner , par la voie du sort, les membres qui doivent , selon l'usage , se rendre aux ïui- L'ries à l'occasion du nouvel an. On a remarqué que M. le j)résident, ayant prononcé un nom terminé en e//:i , M. le docteur Dcneux s'est écrié : Ah ! moi ! je n'ai plus affaire aux Tuileries, je ne m'y rendrai pas. M. le président ayant répondu : Mais , Monsieur , ce nest pas vous , cest M. Dey eux , M. Deneux a répliqué : Hé bien, Monsieur , si ncon nom. sort , je vous prie de vous tenir pour averti.

Voici le dernier cours de la Bourse de Paris r i'2inprunt des luiiiistrcs , ;i la baisse. Emprunt lé;;itimiste , à la hausse.

Mouvement de la renie et des affaires , zéro.

« S'il y a au monde une cliose absolue, et qui n'admette pas le plus ou le moins, c'est la Icgitimilé. Elle existe ou elle n'existe pas; mais une quasi-lé^ilimilc est la plus gran(^e des absurdités. Si la branche aînée n'est pas valablement déchue, si elle a conservé quelques droits, la branche cadette , quelque proche en déféré qu'elle fût du trône, n'en est pas moins, réputée usurpatrice aux yeux des

lo{jiciens H y a entre elle et ses aînés, comme Bossuet

le disait du Dauphin relativement au roi , ilj- a toute Vépaisseur d'un royaume. H y a plus; aux yeux des légitimistes, le duc d'Orléans , parent du roi déchu, est plus odieux qu'un étranger... » Ce n'est pas mal pour M. Dupin... Un plaisant, à qui on lisait ce passage de sa dernière brochure, s'écria : « Ce diable d'homme est capable d'user une autre « paire de souliers sur la route de Paris à Prague I »

Un ministre du juste-milieu l'a dit : Le sang de la France ii appartient nu à la Frnnec. Depuis le siège d'Anvers, et pour empêcher (ju'on accuse le grand homme d'avoir menti, JMme Léopold n'appelle plus son mari que le père La France.

Il a fallu deux jours à la dépêche télégraphique qui nous ;ipportait la nouvelle de la capitulation de la citadelle d'Anvers pour parvenir aux Tuileries. Le brouillard Ta retardée aussi long-temps. H n'appartient pas aux doctrinaires de le dissiper ; d'ailleurs, la lunette était pleine de sang français Que voir après cela?

Un journal du nord prétend que la Foudre s'est éteinîe. La Fo'idre vit et gronde et sans songer à lui... le pauvret I La Foudre ne tombe pas dans la boue.

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