‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 2 sur 132 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'exposé de la genèse de ce livre me permettra de dire, en peu de mois, quelles raisons m'ont déterminé à l'écrire et quelle en est l'idée dominante.

Placé, en 1890, par la confiance de M. le professeur Le Dentu, à la tête de son laboratoire de l'hôpital Necker, je fus alors vivement sollicité par lui de m'occuper de la question naissante du parasitisme des cancers. La théorie microbienne de ces affections disparaissait à peine, en effet, de l'horizon scientifique, éclipsée par la découverte des « Psorospermies ». J'obéis avec d'autant pins d'empressemenl au désir de mon Maître, que cette recherche semblait rentrer dans le cadre de mes études antérieures sur les Protozoaires et que, n'ayant aucune raison de douter de l'interprétation de mes prédécesseurs, je voyais là une occasion favorable d'appliquer à la Pathologie humaine toute une branche de nos connaissances cantonnées jusquelà dans le domaine de la Zoologie pure. J'abordai donc la question, non seulemenl sans parti pris contre la théorie coccidienne, mais mieux encore avec l'espoir d'apporter ma pari de t ra va i I à son édifical i< m .

An lieu de trouver cependant dans les « corps de Damer

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et de Wickham » les caractères des Sporozaires, je constatai que les descriptions de ces auteurs ne Se rapportaient qu'à des altérations cellulaires. A quoi étaient ducs ces altérations? La recherche de ce second point qui n'était au début, dans ma pensée, qu'un moyen d'éclaircir l'obscurité du premier, ne tarda pas à me présenter autant el sinon plus d'intérêt. Poursuivant alors mes constatations sur l'importance du rôle de la désorientation cellulaire dans les tumeurs épithéliales, je fus conduit à reconnaître que cette désorientation ne permettait pas seulement d'expliquer l'apparition des corps dégénérés que nous appellerons par la suite des « pseudo-coccidies », mais aussi de faire comprendre l'unité histogénétique et philogénétique des tumeurs épithéliales, le mécanisme de leur ulcération et de la cachexie essentielle qu'elles occasionnent. C'est ainsi que de l'étude des prétendus parasites des cancers s'est dégagée peu à peu pour moi la notion du processus formatif de ces affections.

On trouvera, dans les premiers chapitres de ce livre, l'exposé de mes recherches sur la désorientation et l'application de ce principe à l'étude des tumeurs épithéliales en général. Il ne m'a pas été possible de tenter, dans cet ordre d'idées, d'en faire une monographie. L'expérience clinique, le temps, les matériaux m aniaient manqué pour celte étude.

En ce qui concerne l'harmonie qui doit forcémenl s'établir entre les données de la clinique et celles d une classification histologique naturelle, je dois me borner à dire que le peu d'observations complètes (pu- je possède semblent promettre d'encourageants résultats à <pii tenterait de réaliser ce problème, soit en utilisant l'immense quantité de faits accumulés dans Le Bulletin de lu Société

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de Biologie, de la Société anatomique et des autres recueils spéciaux, soit en essayant de recueillir directement de nouvelles observations i i i.

Dans un chapitre spécial, un peu en dehors du cadre de ce volume, et renvoyé pour cette raison à la suite de tous les autres, j'ai essayé de démontrer que la constatation du non-parasitisme des cancers, que la démonstration même de leur origine térato-cellulaire, loin de nous laisser désarmés contre ces affections nous ouvriraient, au contraire, une voie rationnelle et peut-être féconde pour leur thérapeutique à venir.

La place qu'il m'a fallu consacrer à l'exposé et à la discussion de l'origine coccidienne sera peut-être estimée un peu considérable. Force m'était cependant d'attribuer à cette question l'importance que lui ont donnée, par lenombre et l'étendue de leurs travaux, les partisans du parasitisme. Si toutefois on consent à reconnaître qu'en dépit du caractère purement négatif de ses conclusions, cette partie est plutôt, en réalité, une contribution à l'étude des altérations cellulaires des cancers qu'une simple description de pseudo-coccidies, peut-être accordera-t-on quelque indulgence aux longueurs inévitables qu'elle contient.

Je ne saurais terminer cet exposé sans adresser l'expression de ma reconnaissance à tous ceux qui, au cours de mes longues recherches, m'ont aidé de leurs conseils et soutenu de leurs sympathies.

|i) Pour rire utilisable ;ui point de vue qui nous occupe, une observation complète doit réunir, outre l'examen hislologique détaillé du néoplasme, l'histoire du porteur de ce néoplasme, s<>ii jusqu'à su morl — suivie, autant que possible, d'autopsie et d'examen histologique — soit pendant plusieurs années après l'opération. De telles observations sont à peu près impossibles à réunir dans un hôpital en raison de l'instabilité des malades qui y passent.

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L'hommage à mon excellenl Maître, M. le professeur Le Dkntu, inscrit on tête (le ce volume, nest pour moi qu'un faible moyen de dire la grande pari qu'il v a prise.

J ai trouvé près do M. le professeur Guyo.n un appui moral extrêmement ferme et pour lequel-je suis heureux de lui exprimer ici ma profonde reconnaissance.

Enfin mes amis Pichevin, chef du service gynécologique, Lyot, Brodier, Mauclaire et Morestin, chefs de clinique, ainsi que les Internes qui se sonl succédé dans le service durant ces huit années, me permettronl de leur adresser collectivement mes affectueux remerciements.

Pour r exécution matérielle de ce volume, je suis heureux de témoigner ma satisfaction à l'habile artiste M. 0. Cassas, à qui je dois une bonne partie des figures intercalées dans le texte.

TVBLK DES CHAPITRES

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