IX. — Influence du cancer du col de Vutérus
sur le cœur.
Grâce à sa localisation spéciale, le cancer peut, de façon indirecte, retentir sur le cœur : ainsi le cancer du col amène l’atrophie rénale par compression ou envahissement urétéral, et cette néphrite par stase réagit à son tour sur le cœur. Chose curieuse, les diverses statistiques publiées sur le poids de ce dernier sont assez contradictoires. Artaud (37) donne des poids qui sont ceux de cœurs notablement hypertrophiés, et il en est de meme de M. Weill (35). Il ressort, au contraire, de la note de Féré et Quermonne (40), qu’il y a plutôt
atrophie du myocarde, de même que des observations de Lancereaux publiées par M,Ie Warchawskaia (43), qui attribue ce fait à l’absence d’hypertension artérielle causée par les hémorragies anémiantes et au manque de réaction chez les cachectiques.
De fait, comme l’a déjà montré M. Weill dans sa thèse (35), la question est très complexe. On doit en effet tenir compte d’un grand nombre de causes dont la résultante finale sur l’état du cœur est variable suivant le rôle plus ou moins prédominant que chacune a joué. Dans une première période de l’évolution du cancer utérin, c’est en effet son influence cachectisante et atrophiante qui prédomine sur le cœur; ensuite les lésions rénales se constituent et tendent à agir en sens contraire en hypertrophiant le myocarde, d’où cette première notion de la rapidité plus ou moins grande de l’évolution de l’affection et de l’époque à laquelle survient la mort.
On doit tenir compte, de plus, de l’état constitutionnel du système circulatoire qui, comme nous l’avons vu, est fréquemment aplasique.
Enfin, récemment Uteau (45) a attiré l’attention sur les lésions dégénératives antérieures des reins, constituées avant l’apparition du cancer et ayant déjà eu une réaction hypertrophiante sur le myocarde. C’est un point sur lequel Gauthier (12) a aussi insisté, et c’est à cette cause qu’il rapporte l’hypertrophie du cœur qu’on rencontre chez les cancéreux âgés.