ASPECT MACROSCOPIQUE
La lésion essentielle est la caverne cancéreuse.
À ce propos, il convient de remarquer que si le cancer suppuré est en règle excavé, tous les cancers cavitaires ne sont pas suppurés. À lautopsie de très nombreux cancers parenchymateux dont l’évolution a été de quelque longueur, on troave un ramollissement du centre de la masse cancéreuse, une bouillie d'aspect gélatineux, mais à aucun moment de l’évolution, les malades n’ont présenté de suppuration pulmonaire.
Le volume des cavernes cancéreuses varie de la grosseur d’un œuf de pigeon au volume d’une tête de fœtus à terme. Les parois sont irrégulières, anfractueuses, bourgeonnantes. Nous avons vu dans une de nos observations, des parois effilochées comme constituées par des faisceaux de fibres résistantes (obs. n° 4).
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Leur contenu est constitué par du pus d'aspect . variable, parfois verdâtre, plus souvent noirâtre, parfois ‘fétide, contenant des débris sphacéliques et nécrosés. °
On peut voir aussi de très gros fragments s’isoler de la tumeur à la façon d’un véritable séquestre, c'est ainsi que à l'intervention chez le malade de l’observation n°4, on a pu retirer un fragment de la grosseur du poing, libre dans la cavité.
A l’intérieur de la caverne, le squelette broncho-vasculaire peut subsister sous forme d’arborescences autour desquelles tout tissu pulmonaire a disparu.
Le drainage des cavernes est généralement assuré d’une façon très imparfaite par les bronches, l’orifice de communication est souvent très petit; ceci explique que le lipiodol injecté dans la trachée ne pénètre pas dans ces cavités : de la même façon s’explique l’opacité progressive qui a remplacé la clarté de l’image de la figure n° 4, le mauvais drainage bronchique ayant provoqué une réplétion de la cavité cancéreuse.
Tout autour le parenchyme pulmonaire est plus ou moins altéré. Il est le siège de lésions qui sont avant tout des lésions de sclérose et de suppuration.
Les feuillets pleuraux libres au début (obs. n° 1) sont le plus souvent symphysés quand la maladie a évolué pendant quelques mois. On a vu le poumon, la plèvre et la paroi adhérer d’une façon si intense, comme soudés par : le processus cancéreux, qu'il a fallu sculpter dans ii paroi pour faire l’éviscération.
L' adénopathie médiastinale n’est pas particulièrement
importante et toujours très tardive dans son apparition ainsi que nous l’avons vu à l'étude clinique.
Les lésions du péricarde ei du myocarde sont moins fréquentes ; néanmoins Caussade, Surmontet Lacapère, - ont rapporté une observation où le myocarde avait été envahi et perforé et l’une des parois des cavités cardiaques était constituée par une masse bourgeonnante néoplasique.
Signalons qu’il n’est pas exceptionnel de trouver des lésions tuberculeuses concomitantes (Gaillard et Donzelot).