‹ Les cannibales et leur temps: souvenirs de la campagne de l'Océanie sous le commandant MarceauChapitre 6 sur 11 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Après cet immense malheur, ils ne devaient plus vivre comme à l'aurore de leurs jours, où, dans TEden, ils pouvaient, sans fatigue aucune, et au milieu des joies les plus pures et des dons les plus ineffables, user des biens qui y venaient en abondance ; non, ils ne devaient plus vivre ainsi, condamnés qu'ils étaient à arracher péniblement à la terre une subsistance gagnée à la sueur de leur front Aucun bien, après leur lamentable catastrophe, ne devait leur venir sans peine, aucune joie sans douleur. Les enfants que Dieu leur avait donnés, auraient contribué à leur bonheur, si le mal qui était entré dans le monde par leur faute^ n'avait pris racine dans Tâme de Caïn, leur premier-né, dont on connaît la lamentable histoire : Abel, le juste Abel, était agréable à Dieu par les offrandes qu'il lui faisait; Caïn, son frère, en conçut de la jalousie, et par suite, le premier-né des enfants des hommes, devint le premier des meurtriers.

Depuis ce meurtre, qui a dû faire comprendre à nos premiers parents la grandeur du mal qu'ils avaient commis, les victimes se succèdent partout et toujours ; et si le crime appelle la ven-

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