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Les Cantons de la province de Québec [microforme]

J'offre aujourd'hui, aux lecteurs dn Bulletin de la Société de Géographie de Québec, une liste complète de tous les cantons de la province de Québec. Cette liste, d'ordre alphabétique, a été disposée de façon à donner, sur la même ligne, le rom du canton, l'indication du comté dont relève chaque canton, sa sunerficie, telle que calculée au service des arpentages, et enfin la date de la proclamation officielle, lorsque tel canton a été organisé en territoire de canton, on les mots ‘ non érigé ”, s'il n'y a pas encore eu de proclamation,

On compte, jusqu'à date, dans la province de Québec, — depuis l'extrême Kit de la proviuce, à Blanc Sablon jusqu'à sa limite occidentaie, dont le point d'origine est à la tête dun lac

Témiscaming, et entre la ligne interprovinciale au sud ct le

49ème parallèle de latitude au nord, à l'exception :outef les cantons de la Côte-Nord qui, par leur situation ont: en bordure du St-L:urent depuis Manicouagan jusqu'at | or,

se trouven’ sous des latitudes plus élevées, —un gran 802 cantons, dont 476 ont été proclamés officiellement qui ne le sont pas encore.

Ces 802 cantons, supposés À 55000 acres chacun, p 1 moins, occuperaient déjà une superficie globale de 44,11: acres de terre, équivalant à 68,922 milles carrés, à 52,210,4 arpents carrés et À 17,850,042 hectares.

C’est certes ün chiffre imposant, mais disons de suite qu'il

ne représente encore que le cinquième de ce qu'était la superficie totale de la province de Québec, de 1898 à l'an dernier, puisque cette s''perficie se chiffrait à 222,000,000 d'acres (90,000,000 d'hectares, à peu de chose près) jusqu'à l'annexion, (2 Georges V,) du Nouveau Québec (L'Ungava). Ce dernier territoire, do les géographes ne paraissent pas encore avoir eu la fantaisie de calculer l'immense étendue superficielle, devra être, à lui seul, près de deux fois encore les 222,000,000 d'acres suscités, puisqu'en effet, par cette annexion obtenue l'année dernière, du gouvernement fédéral, grâce aux démarches incessantes et reité rées de Sir Lomer Gouin, l'honorable premier ministre actuel, la limite extrême la plus septentrionale de la province, au lieu de suivre comime précédemment une moyenne sur le ème parallèle de latitude, passera désormais tout près du 63ème.

Disons <.pendant qu'entre cette superficie de 44,110,000 acres déjà divisée, sur le terrain ou sur les cartes, en territoires de cantons, et celle, d'un chiffre plus modeste, de 7:066,755 acres, que le dernier rapport du ministère des Terres & Forêts donne comn.e étant, jusqu'à ja date du 30 juin 1912, le total des terres publiques, divisées et disponibles, dans la province de Québec, il y a encore une marge considérable.

Le pouvoir exécutif décrèta l'organisation de territoires en antons lors de la constitution de 1791, dont le fonctionnement remonte au 26 décembre de cette année-là, et par laquelle l'Angleterre accordait au Canada le Souvernement responsable. Ce fut le 7 mai 1792, quelques semaines avant les premières élections parlementaires, que l'administrateur Clark proclama le partage du Canada en deux provinces, celle du Bas-Canada (aujourd'hui la province de Québec), et celle du Haut-Canada (Ontario), et qu'il effectua, dans le même décret officiel, la division de chacune de ces deux provinces en districts et en comtés, ces districts et comtés, à l'exclusion des seigneuries dont la superficie totale était alors et est encore de 10,679,000 acres,

devant être par la suite subdivisés en cantons.

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Le premier territoire érigé en canton, en vertu de la même autorité, fut celui de Stoneham, dans le comté & Québec, le 17 octobre 1792, soit à peine queiques mois après la proclamation du 7 mai,

Les autres cantons qui suivirent, et je n'e. cisrai que cinq ou six, furent : //uddersfield, comte de Pontiac, le 28 février 1793, Dunham, comté de Missisquo, le 2 février 1796, Clifton, comté de Compton, le 13 juillet 1797, l'olton, comté de Brome, le 18 août 1797 rmagh, comtés de Bellechasse et de Montmagny, et Cha’ 7, omté d'Argenteuil, tous deux le 13 juillet 1790.

Cette courte nomenclature des sept premiers territoires érigés en cantons dans le Bas-Canada, peu après l'organisation du premier gouvernement constitutionnel, fait voir et toucher du doig. en quelque sorte, quel parti l'historien pourrait tirer de l'étude de chacun des cantons de la province de Québec, par ordre de date de proclamation officielle, depuis 1792 jusqu'à nos jours, au point de vue du développement du pays et de la marche de la colonisation chez le peuple de la province.

Maïs le cadre de cet article qui n'est en somme qu'un modeste 1 mbule à ma liste de cantons ne me permet pas de pousser .s loin ces considérations, et je laisse anx amis de la “Société de (réographie de Québec," la tâche ue commencer et de poursuivre cette étude dont les résultats collectifs constitueraient nue masse imposante de renseignements, de statistiques et de données, sur l'histoire, étape par étape, du mouvement colonisateur de notre belle et incomparable province de Québec.

Qu'il me suffise de suggérer, comme division du travail proposé, les principales et grandes périodes de notre régime constitutionnel, 1791—184r, 1841—1867,et de 1867 aux temps actuels.

Les archives nationales canadiennes à ( )ttawa, et celles du

Ainistère des Terres et Forêts à Québec, me paraîtraient devoir

fournir, notamment les premières, quant à la période de 1791-1841,

EN dt

d’innapréciables matériaux, la plupart inédits, pour l'édification de tels historiques de cantons.

L'organisation de territoires en cantons, depuis le début jusqu'avant la dernière décade, porta successivement sur les régions appelées : cantons de l'Est, Vallée du St. Laurent, Outaouais, Gaspésie, Saguenay-Lac-St- -Jean, Matapédia-Matane, au fur et à mesure que les gouvernements contribuaient à l’ ouverture des grandes voies de coïonisation et à la construction des chemins de fer.

Mais depuis quelques années, à raison de la construction du Transcontinental Nation: il, le travail du ministère des Terres et Forêts, dans l’organisation des territoires en cantons, a dû être dirigé vers la région du St-Maurice et la zone argileuse de l’Abitibi, jusqu'au 49ème parallèle de latitude.

L'honorable M. Jules Allard, qui préside actuellement à ce ministère, n'a pas cessé depuis quatre ans, en homme clairvoyant et d'action, de faire converger les travaux des arpenteurs, des ingénieurs forestiers, et des explorateurs de tous genres, vers ces nd du Nord, ‘ régions, écrivait Arthur Buies, dès 1889, aux

“proportions colossales et jusqu'ici impénétrables, Nord im- ‘“‘mense, superbe Nord, espoir, grandeur, force et gloire future ‘de notre patrie.”

Québec, 8 février, 1913.

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