MATHILDE, EUGÉNIE, PITOIS, MAILLAIID
MAILLARD
Eugénie! Dieu! quelle nouvelle !
PlTOlS.
Nous nous moquons de votre nouvelle ! elle ne vaut pas la mienne... cmbrassez-moi, beaupère! (Il appuie sur le mot.)
Comment! elle consentirait!., on a beau être philosophe, ces choses-là font un plaisir ! C'est bien, Eugénie... mais tu ne sais pas... Anatole, ton cousin...
EUGÉNIE, vivement.
Eh bien?
MATHILDE, de même.
Qu'est-ce donc ?
MAILLARD
Il est arrivé !
EUGÉNIE, tâchant de maîtriser son trouble. Arrivé !..
MATHILDE, à part, troublée.
Anatole ! S'il venait ici... il ne faut pas qu'il
me voie encore. (Haut.) Pardon, mes amis... je
vous quitte... une scène de famille... je sais ce
que c'est. (Fausse sortie.)
EUGÉNIE
Anatole!.. Oh! non, reste, Mathilde!.. mon père se trompe, c'est impossible ; il n'est point revenu.
MAILLARD, montrant une lettre.
Mais puisqu'il m'écrit... le timbre de Paris!..
EUGÉNIE, vivement.
Une lettre! (Elle veut la prendre.) Et... il VOUS dit?..
MATHILDE, à part, l'observant.
Quel trouble !
MAILLARD
Des complimens... des choses charmantes... pour moi. 11 est très aimable.
EUGÉNIE
Et... et pour moi?
MAILLARD
Rien... pas un mot... je te dirai même que ça m'a étonné,
EUGÉNIE, très vivement.
C'est qu'il viendra !.. n'est-ce pas, Mathilde ? c'est qu'il doit venir?.. (Se remettant.) Reste donc, tu seras charmée de le voir.
MATHILDE, à part.
Oh ! décidément, il y a quelque chose !
PITOIS
Permettez!., permettez!., si M. Anatole avait dû venir, il naui'ait pas écrit.
EUGÉNIE, piquée.
Vous croyez ?
MATHILDE, à part.
M. Pitois a raison... il ne viendra pas.
PITOIS
\ C'est mal... je lui aurais appris mon maiiage ; '^ ça lui aurait fait plaisir.
EL'GKME, vivement, avec dépit.
Votre mariage!.. (Se remettant soudain.) Ah! sans doute... vous avez raison... c'est une nouvelle qui lui sera très agréable.
ENSEMBLE
PITOIS cl MAILLARD, à part.
Âin du lîal du grand niniide.
Encore un caprice, je gage !
Mon Dieu! quel cliangement soudain!
Le temps se remet à l'orage; Pour un amoureux, quel destin !
MATIHLDE, à part, obsertani Euuiiiie.
Sur son front, quel soudain nuage!
Son secret se révèle enfin.
Moi, je vois clair dans cet orage:
Eugénie aime son cousin!
ECGÉME, à pari.
Sans doute, un autre amour l'engage!
Ici ne pas venir soudain !
Puisqu'il m'oublie et qu'il m'outrage.
Pourquoi penser à mon cousin?
MATHILDE
Moi, je cours pour cet iiéritage !
PITOIS, à Eugéiii.: avec emprujsfni'iil.
Plein d'amour, je vais de ce pas M'occuper de mon mariage...
EUGÉNIE, vlTemeiit.
Ah ! Monsieur , ne vous pressez pas !
iPitois reste stupéfait.) REPRISE DE l'ensemble.
(Matbilde sort; Eugéiiiu rentre dans sou appartement.)