V. P. GratianBuRGEY, de Baudoncourt
La Révolution a trop malti'aité les prêtres originaires de Baudoncourt, pour que nous n'indiquions pas d'une façon sommaire leurs états de service, fort embrouillés^dans les archives officielles, qui comptent, par exemple, six prêtres du nom de Valot, tandis qu'il y en avait seulement quatre, en comptant le P. Charles-Philippe, précité. Voici les noms de ces confesseurs de la foi.
1« Claude-François Barbaud, Cordelier, qui fit le serment,
le rétracta, fut déporté â l'île de Ré, puis curé de Blondefontaine et de Genevreuille. Né en 1766, mort en 1855.
2» Jacques Valot, curé d'Ailloncourt, né en 1732, déporté, réintégré, et mort â son poste en 1817.
3o Jean-Baptiste Yalot, .son frère. Capucin sous le nom de P. René, dont on trouvera la notice au couvent de Lure.
4* Claude-François Valot, Bénédictin de Favernev, captif pendant dix-huit mois, né en 17*56, mort curé de Baudoncourt, le 29 décembre 1830, connu sous le nom de dom Claude, neveu des précédents.
50 et 60 Les PP. Isidore Burgey et Gratian Burgey, frères germains. Capucins du couvent de Luxeuil. Ils avaient pris rhabit le même jour, 13 juillet 1757, et furent expulsés ensemble.
Grâce à la connivence des autorités locales et des habitants, tous ces prêtres purent demeurer cachés dans le pays, et nous avons des actes signés par eux jusqu^à Tan 1798. A cette époque, ils furent tous saisis ou dispersés. Le P. Isidore fut conduit â Tîle d'Oléron, et le registre d'écrou de la prison d'Auxerre le signale comme ayant fait étape du 15 au 16 pluviôse an VII (3 ou 4 février 1799). Il figure encore sur la liste des détenus dans cette île de douleur le 18 brumaire, ou 9 novembre 1799.
Le P. Gratien doit avoir suivi une voie semblable ; mais nous le savons seulement par tradition. Quand la liberté leur fut rendue, les deux confesseurs de la foi se mirent en route pour leur pays, où les autorités diocésaine et préfectorale leur destinaient les deux cures voisines de Betoncourt- Damvalley et Cuve-Pouligney . Ils ne les occupèrent pas ; car, au bout de chaque nom, le préfet écrivit ce mot fatal : Mort* Le P. Gratien paraît être mort d*épuisement et de chagrin. Quant au P. Isidore, il fut assommé dans un pré, à coups de pelle et de fauls, par des paysans, dans le département de
Safloe-et-Loire. Sa nièce, âgéa de quatre-vingts -huit aoa, noua donne encore aujourd'hui (février 1882) ce navrant détail, confirmé par les vieillards de la paroisse. On peut donc ranger le P. Isidore parmi les martj-rs de la Révolution. Il avait soixante-deux ans.