‹ Les capucins en Franche-ComtéChapitre 132 sur 183 · V.F. Julien Vie, de Vollers-Bouton · texte numérisé non relu

V.F. Julien Vie, de Vollers-Bouton

Vêtu le 15 avril 1774.

COUVENT DE VUILLAFANS

R. P. Justiu Braichotte, de Baume, gardien.

Vêtu le 8 novembre 1748. — Le P. Justin de Baume (Donbs), de son nom de famille Braichotte, ne figure qu*eii une seule circonstance pendant tout le cours de la Révolutioa, etc*est tout à fait au" commencement de Torganisation du clergé schismatique, sur les listes duquel il est porté avec la qualité de vicaire de la paroisse de Baume. Le silence qui règne ensuite sur son nom est Tindice que cette inscription était fausse, ou que le P. Justin s'est non seulement rétracté de bonne heure, mais retiré.

R. P. Florentin Girard, deVuiUafans, vicaire.

Vêtu le 16 février 1766. — Le P. Florentin de Vuillâûuis

(Doubs), dans le monde François-Xavier Girard, fut pendant toute la durée de la persécution un des plus intrépides confesseurs de la foi. Sur une première dénonciation, il fut, avec plusieurs autres prêtres, condamné par le département du Doubs à être enfermé au séminaire de Besançon, transformé eu prison. Une seconde dénonciation, l'accusant d'avoir admîaistré un mourant à Vuillafans sans Taveu du curé constitutionnel, déterminale département (16 septembre 1792) à le faire tirer de prison pour être conduit à la frontière et exilé : c'était la déportation ; elle n'empêcha pas qn'on le fît figurer sur le premier supplément de la liste des émigrés, par décision du 9 brumaire an II. Le P. Florentin paraît être resté plusieurs années à l'étranger, on soigneusement caché dans le pays; on n'y voit pas sa présence signalée avant le 10 janvier 1797 : ce jour-là, il fut dénoncé comme présent à Passonfontaine, canton de Nods, en même temps que le P. Séveiin d'Arc était indiqué présent à Rantechaux, dans le voisinage. Il fut cependant relevé de la peine de la déportatioft le 10 mai suivant ; mais, peu après, il y eut unie recrudescence de persécution, et la police se mit à ses trousses. Nous allons le voir bientôt captif pour l'amour de Jésus- Christ, et le département, en commettant le crime de l'arrêter, se chargera, par une indigne contradiction, de proclamer l'illégalité ies premières peines dont l'avaient frappé les administrateurs de 1792. Maintenant nous copions M. Sauzay :

« Le 23 janvier 1798, le P. François-Xavier Girard, de Vuillafans, Capucin, fut arrêté par les gendarmes du Yaldahon. Le lendemain, lorsqu'ils amenèrent leur prisonnier dans la maison d'arrêt de Besançon, ils furent assaillis, entre MamiroUe et Saône. On leur tira plusieurs coups de fusil, et l'un des gendarmes fut atteint et blessé au bras droit. « Le 26 janvier, le département chargea le juge Mâle

d'interroger le prisonnier, et, six jours après, il prononça ainsi sur son sort :

« Le nom de François-Xavier Girard, ex-Capucin, est « inscrit sur la liste générale des émigrés du Doubs, et il « n'a été rayé que provisoirement le 6 frimaire an V. Il a « été déporté après la loi du 26 août 1792, puis relevé de la « déportation par arrêté du département le 21 floréal &n V. « Les motifs de cet arrêté sont que Girard n'était point fono «■ tionnaire public, et qu'il avait été déporté par suite d^une « dénonciation non motivée ; tandis que Girard, dans la pé- « tition sur laquelle est intervenu l'arrêté du 21 floréal « an V, fixe lui-même au 19 août 1792 la date de la dénonce ciation, laquelle alors ne pouvait avoir de rapport à la « peine de déportation, peine qui n'était point alors pro- « noncée, et qu'aucun ecclésiastique n'avait été dans le cas « d'éprouver, même sur cette dénonciation. Il est donc évi- « dent que Girard s'est déporté volontairement. Il s'est si « bien reconnu dans ce cas, qu'après la loi du 19 fructido: « il a pris un nouveau passeport de déportation à Vuillafans, « le 4e complémentaire an V. L'ex-Capucin Girard est un de « ces prêtres dangereux perturbateurs ; il a usé de tous les (( moyens en son pouvoir pour séduire le peuple. Les papiers « saisis sur lui prouvent qu'il est dangereux en plus d*aD « sens. Après avoir obtenu à Yuillafans, le 24 messidor « an III, un certificat de résidence depuis sa sortie des Capa- « cins jusqu'en septembre 1792, il s'est trouvé nanti d'un « autre certificat du 2 octobre 1792, portant qu'il a résidé « jusqu'alors à Avoudrey depuis le 21 août précédent, puis « enfin d'un autre acte de la même commune, en date « du 12 octobre 1792, qui porte que, Girard ayant ch(Hsi « pour domicile Avoudrey depuis le 21 du mois précédent, « il se présentait pour prêter le serment requis par la loi du « 14 de ce mois, serment que cet acte renferme. D'ailleurs,

« daus son interrogatoire, il avoue avoir été traduit ea réclu- « sion â Besançon, en suite de dénonciation, et y avoir resté « jusqu'à la publication de la loi du S6 août : ce qui prouve « lea vices du certificat que l'on, vient de rappeler, et qui, « s'entre-détruiaant, décèlent la surprise et le faus. Eu con- « séquence, sans prendre garde â l'arrêté du 21 floréal an V, « qui est basé sur des motifs faux, et qui est, au besoin, « rapporté, Qirard aéra déporté à la Quyane, et coBduit â « l'île de Rhé, après l'upprobatiou du présent arrêté par « le ministre de la police. ■

« Avec un peu de cette attention et de cette équité qui sont dues à tous les accusés, les administrateurs terroristes du Doubs se seraient facilement convaincus que l'arrêté qu'ils annulaient était parfaitement motivé ; que le P. Girard avait été englobé, le 19 août, avec tous les ecclésiastiques insermentés de Vuillafans, dans une dénonciation collective, etc..

« Le 17 février, ce religieux représenta, du fond de sa prison, que, ayant été relevé de la déporfation, il croyait ne. pouvoir être inquiété et vivait tranquille à Yuillafans, sans remplir aucune fonction ni donner lieu à aucune plainte ; que cependant il avait été arrêté et conduit dans les prisons de Besançon, où il était détenu depuis un mois. Affecté d'une maladie de poitrine, il demandait que son état fût constaté par les médecins, et qu'on te mît en surveillance, rm au moine dans la niaiaon de réclusion, atlendu que son mal s'accroissait par le séjour des cachots. Le 20 février, le département chargea les médecins Charles et Morel de vérifier l'état du prisonnier. Il était réservé à une autre ani fixer le sort du P. Girard. •

Sur l'avis de ces deux médecins, le département se

mais seulement six semaines après, le.SB mars, â tr

le P, Florentin daus laprison des autres prêtres : les '.

de l'art l'avaient déclaré infirme et incurable. Le 31 m

revenant à la sévérité des premières mesures, Tadministration, plus terroriste que celle qui venait de précéder, annula les arrêtés pris au sujet du P. Girard, et décida qu*il serait conduit à lUe de Rhé.

Le digne religieux goûtait donc depuis longtemps déjà les horreurs de la prison. H était là, dans l'ancien couvent des Capuctna de Besançon, avec plusieurs de ses eoufrères et d^autres vertueux ecclésiastiques, dévorés par une dyssenteiie putride et contagieuse qui avait envahi les prisons de li ville. Par un sentiment de compassion, Faccès jusqu^à ces infortunés avait été toléré ; de pieus^ femmes, dont une se rendit célèbre sous le nom de sœur Marthe, leur apportaient quelque nourriture et leur donnaient des soins ; en revanehef les confesseurs de la foi rendaient aux fidèles tous les services spirituels en leur pouvoir. Cependant, le bruit étast parvenu au département que Tun d'eux avait béni l'union de deux jeunes époux, des mesures plus rigoureuses firent prescrites au geôlier dès le 18 août 1799, et, le 15 septembre suivant, une nouvelle défense s'ajouta aux précédentes; sœur Marthe et les autres femmes ne purent plus que déposer leurs dons chez le geôlier. Le P. Fl(»:entin réussit à s'évader de ce lieu de douleur le 3 octobre suivant, avec un de tes compagnons de captivité. Enfin, le ^8 brumaire amena sur la France une période de paix et de sécurité ; les départements distribuèrent aux pauvres prêtres des certificats de résidence, qui mirent fin aux poursuites de la police : celii du P. Florentin était daté du 7 mars 180O.

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