‹ Les capucins en Franche-ComtéChapitre 139 sur 183 · V. F. Vincent Genot, de Prat · texte numérisé non relu

V. F. Vincent Genot, de Prat

Vêtu le 15 août 1769.

A tous ces religieux, il peut être utile d*ajouter deux noms incomplets, fournis par le registre du Vatican :

Frère Marc, étudiant de la province de Franche- Comté, de communauté à Besançon^ placé au couvent des Capucins de Macerata.

Frère Agathange, laïc de la province de Franche- Comté, placé au couvent des Capucins de Bologne.

« dans son interrogatoire, il avoue avoir été traduit en réclu- « sion à Besançon, en suite de dénonciation, et y avoir resté « jusqu*à la publication de la loi du 26 août : ce qui prouve « les vices du certificat que Ton vient de rappeler, et qui, « s'entre-détruisant, décèlent la surprise et le faux. En con- « séquence, sans prendre garde à l'arrêté du 21 floréal an V, « qui est basé sur des motifs faux, et qui est, au besoin, 4c rapporté, Girard sera déporté à la Guyane, et conduit à « rîle de Rhé, après l'approbation du présent arrêté par « le ministre de la police. »

« Avec un peu de cette attention et de cette équité qui sont dues à tous les accusés, les administrateurs terroristes du Doubs se seraient facilement convaincus que l'arrêté qu'ils annulaient était parfaitement motivé ; que le P. Girard avait été englobé, le 19 août, avec tous les ecclésiastiques insermentés de Yuillafans, dans une dénonciation collective, etc..

4c Le 17 février, ce religieux représenta, du fond de sa prison, que, ayant été relevé de la déportation, il croyait ne. pouvoir être inquiété et vivait tranquille à Yuillafans, sans remplir aucune fonction ni donner lieu â aucune plainte ; que cependant il avait été arrêté et conduit dans les prisons de Besançon, ou il était détenu depuis un mois. Aifecté d'une maladie de poitrine, il demandait que son état fût constaté par les médecins, et qu'on le mît en surveillance, ou au moins dans la maison de réclusion, attendu que son mal s'accroissait par le séjour des cachots. Le 20 février, le département chargea les médecins Charles et Morel de vérifier l'état du prisonnier. Il était réservé à une autre autorité de fixer le sort du P. Girard. »

Sur l'avis de ces deux médecins, le département se décida, mais seulement six semaines après, le. 2 8 mars, à transférer le P. Florentin dans la prison des autres prêtres : les hommes de l'art l'avaient déclaré infirme et incurable. Le 31 mai 1799,

revenant à la sévérité des premières mesures, Tadministration, plus terroriste-que celle qui venait de précéder, annnb les arrêtés pris au sujet du P. Girard, et décida qu*il serait conduit â rîle de Rlié.

Le digne religieuse goûtait donc depuis longtemps déjà les horreurs de la prison. 11 était là, dans Pancien couvent des Capucins de Besançon, avec plusieurs de ses eouirères et d'autres vertueux ecclésiastiques, dévorés par une dyssenterie putride et contagieuse qui avait envahi les prisons de h ville. Par un sentiment de compassion, Taccès jusqu'à ces infortunés avait été toléré ; de pieus^ femmes, dont une se rendit célèbre sous le nom de sœur Marthe, leur apportaient quelque nourriture et leur donnaient des soins ; en. revanehei les confesseurs de la foi rendaient aux fidèles tous les services spirituels en leur pouvoir. Cependant, le brait éUnl parvenu au département que Tun d'eux avait béni l'union de deux jeunes époux, des mesures plus rigoureuses firent prescrites au geôlier dès le 18 août 1*799, et, le 15 a^ten^re suivant, une nouvelle défense s'ajouta aux précédentes; sœur Marthe et les autres femmes ne purent pins que déposer leurs dons chez le geôlier. Le P. Flc^entin réussit à s'évader de ce lieu de douleur le 3 octobre suivant, avec un de ses compagnons de captivité. Enfin, le ^8 brumaire amena sur la France une période de paix et de sécurité ; les départements distribuèrent aux pauvres prêtres des certificats de résidence, qui mirent fin aux poursuites de la police : celii du P. Florentin était daté du 7 mars 1800.

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