‹ Les capucins en Franche-ComtéChapitre 183 sur 183 · DE L*ORDRE · texte numérisé non relu

DE L*ORDRE

N.-B. — Les documents par lequels ces religieux nous sont connus donnant la plupart de leurs noms d'une manière imparfaite, nous ne pouvons les classer que par Tordre alphabétique des noms de famille.

ABBE, alias Abbey, Nicolas, Capucin, placé par Seguin vicaire en chef à Buffardy figure, â la date du 33 juin 1794, avec la qualité d'ex-intrus de Buffard, sur la liste dos abdiçateurs. Son absence des listes du clergé constitutionnel à ce moment-lâ, et le silence qui existe ensuite autour de son nom, jettent un doute sur la vérité de son abdication, et donnent fortement lieu de croire qu'il fut un des premiers à se rétracter et â se soustraire à la persécution par la fuite ou par une retraite absolue.

ANSELOT, Capucin, porté d'abord sur une liste de sexagénaires destinés à être enfermés â Besançon, ne fut pas retenu en prison parce qu'on reconnut qu'il était en complète imbécilité. (Sauzay,tome VI, p. 5.)

BELAMY, Capucin, était en prison à Pontarlier le 21 août 1792, avec plusieurs de ses confrères de cette ville (Sauzay,'tome III, p. 15).

BIGAXJD, Pierre, Capucin, intrus à Villeneuve, figure sans date sur les listes d'abdicateurs, puis disparaît, d*oii probabilité très forte de non abdication et de rétractation.

BOULT, Claude-François, ex-Capucin, âgé de quatrevingts ans en 1801, a droit à une pension de 1,000 francs. (Arch. de la Haute-Saône.)

BOYON, Charles, el-Capucin, est porté sur les listes de la Haute-Saône (1801) comme ayant droit à une pension de 800 francs.

BRACHET, Henri, en religion P. Cosme de Montécheroux en Franche-Comté, principauté de Montbéliard, âgé de cinquante-six ans. Capucin du couvent d*Arnav-Ie-Doc (Côte-d'Or), comparaît, le 7 octobre 1790, devant le district, et dit opter pour la vie commune. (Archives de la Côte-d'Or.

BULLE, Je AN- Anatole, Capucin, mène la vie commune avec ses confrères au couvent des Minimes de Besançon e& 1790-91. Il refuse de reconnaître la juridiction de Seguin le 24 mai 1791. Le 30 vendémiaire an YIII, trois prêtres, condamnés par le département du Doubs à la déportation, font étape dans la prison d*Auxerre ; ils en repartent le 2 brumaire. Parmi eux s'en trouve un, nommé Denis Bulle, qui pourrait bien être le nôtre (Registre d*écrou de la prison d*Auxerré), et qui devint plus tard, sous la Restauration, aumônier du ldO« régiment de ligne {Victimes de la loi du 19 fruct,, par ToupioUe.)

KN FRANCHE -COMTÉ 3*) 5

CHAUVIER, François-Philippk-Timothée, en religion P. Jérémie de Lure^ était Capucin de la province de Lyon et habitait le couvent de Beaune lorsque Tinventaire en fut fait, le 3 mai 1790. Il avait alors trente-trois ans, et il opta pour la vie privée. (Archives de la Côte-d'Or.) Revenu en Franche- Comté, il accepta la cure constitutionnelle de Levier, et on le voit figurer, à la date du 2 mai 1794 sur la liste des abdicateurs. Mais il semble qu*il avait abandonné sa cure avant cette data (Sauzay^ t. VI, documents) ; et depuis il disparaît entièrement, ce qui est un indice de rétractation et de fuite.

COINCENOT. La présence du P. Coincenot, de Servin, ex-CapuciU; réfractaire en ce qu'il a rétracté le serment qu'il avait fait de soumission aux lois de la République, est signalée à Cuisance le 15 frimaire (6 décembre 1795), ainsi que celle d'un autre Capucin, dit Salomon, qu'on croit émigré. (Sauzay,' tome VIII, p. 63.)

CÔLI1>Î, Antidb-François, Capucin, est intrus aux Verrières. Il figure sur les listes d'abdicateurs à la date 30 juin 1794. Il est intrus de Pontarlier en 1798-1800. En août 1801, il est ainsi noté par l'autorité préfectorale : « Colin, Antide, à Pontarlier, ex-Capucin. Il a du caractère, est âgé, très moral, peu instruit. » (Sauzay, passim.)

COTTON, Antoine, Capucin, intrus à Châteauvieux, figure sur les listes d'abdicateurs à la date du 17 juin 1794, puis disparaît, d'od probabilité très forte de rétractation.

COURTY, Capucin, paraît uniquement sur une liste de rétractés pendant le cours de la persécution. (Sauzay, tome VII, à la fin.)

DUNAND, Joseph-Marie, Capucin de la province de

Lyon. On lit dans une notice historique inédite, éc/ito pendant ou après la Révolution, sur le couvent des Capueias d'Auxonne, et conservée aux archives de la Côte-d*Or (Série H, n« 1006) :

« Nous devons à la reconnaissance de mentionner ici honorablement le R. P. Joseph-Marie Dunand, né à Ruffer, en Franche-Comté, membre distingué de plusieurs académies, et qui fut longtemps gardien à Auxonne.

« Pendant tout le temps qu'il demeura en cette ville, ce religieux s'était livré à des recherches savantes et curieuses sur les deux Bourgognes, et spécialement sur les alentours d' Auxonne, l'antiquité de ce pays, ses mœurs et ses anciens usages. Il puisa utilement dans les archives de la ville, des tribunaux, de la paroisse; des confréries et corporations, et en recueillit une immensité de notes intéressantes, de faits ignorés, matériaux précieux d'une histoire qu'il se proposait de rédiger. Mais ses notes, n'étant pas même classées, tombées entre les mains d'héritiers peu lettrés, ont subi le sort des vieux chififbns. Ainsi toujours quelque cause vient à retarder les progrès de nos connaissances en histoire, et, malgré notre pauvreté de détails, nous devons encore nous étonner de tout ce qui nous en a été conservé (1).

« Le P. DuUand fut de société avec MM. Boguinot et Courtépée pour la description du duché de Bourgogne. Un différend survenu entre ces écrivains sépara d*evx le P. Dunand, et son nom ne fut point attaché à cet ouvrage, pour lequel cependant il avait fourni des morceaux précieux. Sic vos non vobis.

« Dans ses Recherches sur les anciennes monnoyes du

1. Les notes du P. Dunand entêté recueillies. Leur immeiMÎtâ forme de nombreux volumes, d'une écriture une et serrée, couserves à la bibliothèque de Besançon.

comté de Bourgogne (Besançon, 1782, in-8), Dom Grappin a fait tin ample usage des notes du P. Dùnand. On peut juger de leur importance par ce seul ouvrage, le plus minutieux, mais lé plus utile peut-être par les détails de Thistoire. M, Chevalier, dans ses Mémoires sur Poligny, M. Droz, dans son Histoire de Pontarlier, ont aussi fait usage de matériaux fournis par le R. P. Dunand, auquel ils en ont fait hommage.

« Afin de pouvoir donner plus de temps à Tétude de l'antiquité et du moyen âge, à laquelle il se livrait tout entier, et avoir de plus vastes dépôts pour les 7 déterrer, le P. Dunand sollicita et obtint sa sécularisation (i), et quitta le couvent d*Auxonne pour aller habiter Besançon, où la place d'aumôiiier. de Fétat'-major de la place lui fut offerte par le prince de Montbeney. L'illustre et ancienne confrérie des chevaliers de Saint-Georges se l'attacha en qualité de généalogiste et juge d'armes. Cette place, qui coïncidait merveilleusement avec ses premiers travaux, et lui fournissait le moyen de continuer le genre de ses recherches, l'occupa tout entier jusqu'à la Révolution.

« Le P. Dunand avait beaucoup d'aménité. Son caractère était enjoué, et ses réparties vives, amusantes et polies. Dans quelque ville qu'il habitât, il ne trouva que des amis véritables. Il était lié, à Besançon, avec tout ce que cette ville renfermait de plus respectable et de plus distingué. 11 mourut regretté de tous, sur la fin de 1790, et voulut être enterré aux Capucins, à Besançon, dont il n'avait jamais quitté le costume et la règle. » .

1. L'auteur de cette notice n'a pas su distinguer entre une sécularisation, qui retranche entièrement le religieux de «a Société à laquelle il appartenait, et une simple pei^mission de vivre hors des cloîtres, dont il s'agit ici.

A cette notice sont annexées quelques notes historiques et une lettre du 28 pluviôse an XI, signée par M. Amanton premier adjoint, adressée au maire d^Auxonne. L*un de ces deux personnages en est donc Tauteur.

DURAND, frère Capucin, a suivi la vie commune au couvent des Minimes de Besançon, et a refusé de reconnaître U juridiction de Seguin le 24 mai 1791. (Sauzay, tome !«'» p. 469.)

F AVE ROT, Capucin, curé constitutionnel d'Ëtalana, eauton de Nods, en 1798-1800, n'y jouissait d* aucune confiance du public. (Sauzay, tome X, à la fin.)

FAVRET, Charles, est porté sur les listes de la Haute- Saône (1801) comme âgé de trente-cinq ans, et ayant droit â une pension de 688 francs.

FLEURY, Germain, Capucin, né â Porrentniy, desservit plusieurs paroisses constitutionnellement, et continiu d*exercer malgré les lois qui imposèrent le culte de FEtre suprême ; aussi est-il absent des listes d'abdication, et fùt-ii incarcéré pour ce fait le 4 décembre 1794. (Sauzay, tome VI, page 442). On peut espérer que cet emprisonnement, après lequel il disparaît, aura aidé à sa conversion. Quatre prêtres condamnés à la déportation et acheminés vers File de Rhé s'arrêtèrent à la prison- d'Auxerre du 25 au 27 prairial an Vil: parmi eux était Antoin%Fleury ; il peut être le même que le Germain ci-dessus, qui se trouverait ainsi désigné en un lieu par son nom de religion et en l'autre par son nom do baptême. (Registre d'écrou de la prison d'Auxerre.)

FOURCAULT, Capucin, dit le P. Eugène, intrus â Fou-

cliécourt, fit sa rétractation à Besançon le 2 avril 1795, en pleine persécution. (Sauzay, tome YII, à la fin.)

GRUET, Jean-François, Capucin, vicaire constitutionnel de Saint-Ferjeux de Besançon ; premier électeur du district de Quingey pour Télection des députés à la convention ; intrus à Mont-sur-Lison ; abdicateur, 17 juin 1794; intrus de Grand-Mercey 1798-1800. (Sauzay, passim.)

JE ANNE Y, Claude, Capucin, en religion P. Joseph de

Gondenans-lez-Montby, intrépide confesseur de la foi. Il fut

un des premiers prêtres frappés d'un arrêté de déportation

par le département du Doubs, en septembre 1792, et, très

probablement, il n'exécuta pas cet arrêté, puis qu'il figure

sur la liste des prêtres fidèles qui exerçaient le ministère en

cachette dans le pays. Il est porté sur la liste des émigrés

par décision du 9 brumaire an II. La police^ bien entendu,

s'émut de sa présence ; il était signalé comme conspirateur.

Deux fois il réussit à échapper aux mainç de la gendarmerie ;

moins héhreux une troisième fois, .il fut enfermé dans les

prisons -de Besançon, où il se trouvait en janvier 1796. Ici,

nous laissons parler M. Sauzay (tome VIII, p. 110) :

« Désespérant d'adoucir les nouveaux administrateurs, et d'éviter une déclaration qui devait entraîner la peine capitale, il (M. Curasson, jeune avocat chargé de là défense) engagea les prisonniers à chercher leur salut dans la fuite. De pieuses femmes, également touchées du sort des deux prêtres (deux compagnons de captivité du P. Joseph), se mirent en devoir de leur procurer des moyens d'évasion. Elles envoyèrent dans leur cachot, dit M. Narbey, une somme de 3,000 francs, qu'ils promirent à la concierge de la prison, si elle consentait à leur ouvrir la porte pendant la nuit. Celle-ci eût agréé de bon cœur la proposition,

et ae fût échappée avec eux pour se soustraire à la vengeance de la Révolution ; mais la lune était dans son plein ; il eût été facile de les découvrir, et il y allait de sa têt<*. Elle n'osa pas courir un si grand danger. XJa, expédient plus hardi fut imaginé. Le cachot des trois prêtres communiquait à une chambre qui n*était pas occupée ; à Taide des clefs qu'on leur procura, ils y entrèrent, se mirent à percer U voûte, en recevant sur des matelas les pierres qui tombaient, afin de ne pas éveiller l'attention des gardes et des voisina. Les instruments nécessaires leur étaient apportés du dehors. Deux jours et trois nuits furent consacrés à ce t^vail. Quand il fut achevé, l'abbé Balanche et l'intrépide Capucin embrassèrent le vieux prêtre^ qui refusait de s'engager daD« une telle entreprise, et qui leur dit en les quittant : « Je crains fort de vous revoir demain avec les menottes aux mains et les fers aux pieds. » Cette scène se passait le 22 février, à huit heures du soir.

« Pendant que les amis des deux prêtres, au moyen d'une diversion iugénieuse, retenaient toute l'attention des gardiens' et des soldats du côté de la rue, les fugitifs^ montés jusque sur le toit de la maison, en descendaient du côté opposé au moyen d'une corde, passaient auprès des jardins du séminaire, et arrivaient à la rue Saint-Vincent, où ils étaient attendus par deux dames charitables. « Aussitôt, dit M. Narbey, elles les conduisirent dans la rue de la Vieille- Monnaie, chez un honnête vieillard, qui, tout effrayé d'entendre leur histoire, se hâta de leur donner un pain avec une bouteille de vin, et de les congédier. Ils furent forcés de s'arrêter dans une maison de la rue du Clos, où bon nombre de dames étaient réunies. Toutes se disputaient l'honnenr de les fournir de provisions de route ; ils se dérobèrent à grand'peine à leurs instances, rendirent les 3.000 francs qui leur étaient parvenus dans la prison, et se dirigèrent,

EN PRANCHB-COMTÉ • 381

par la porte de Brégille, vers les bords du Doubs. La sentinelle, gagnée, ne les arrêta pas ; leur guide s'en retourna, et ils franchirent la rivière sur uûe barque, dans la direction du Champ-Brûlé. Après avoir traversé les vignes, les broussailles, il s'assirent dans la forêt de Chailluz, vis-à-vis du Grand-Vaire, et là ils purent mesurer toute l'étendue des dangers qu'ils venaietit de courir. De là, le P. Capucin s'achemina vers Vesoul, tandis que l'abbé Balanche gagna les hautes montagnes.

« Le signalement du P. Jeanney avait été envoyé partout, mais sans succès. Cependant, le commissaire Quirot fut informé, le 17 septembre 1796, que le fugitif s'était retiré dans les environs de Villersexel. Il manda aussitôt au commissaire près le département de la Haute-Saône de le faire arrêter. Celui-ci répondit que l'asile ordinaire du P. Joseph était à Montby, près de Clerval, dans le département même du Doubs. Quirot ordonna aussitôt au commissaire de ce canton de l'y faire saisir. Le 22 novembre, perquisitions complètement inutiles à Montby. Le 2 janvier 1797, Quirot fut informé que l'introuvable conspirateur était retiré à Dole, chez l'avocat Cahuet. 11 écrivit sans retard au commissaire de DôIe de le faire arrêter. Le 6'janvier, nouveau procès-verbal de perquisitions sans résultat.* Mêmes déceptions de la police le 20 janvier, le 26 mars et le 3 juin 1798. (Sauzay, tome ÏX, p. 156). Tout ceci dit combien dure, mais aussi combien héroïque et méritoire était la conduite du digne religieux, qui ne fut relevé de sa déportation que le 2 février 1800, par un^'acte où il était dit qu'il n'y avait jamais été sujet. La Révolution flétrissait ainsi ses propres actes.

JOUFFROY, Claude-Louis, Capucin, à Pontarlier, dans les premiers mois de 1793, fut frappé d'un arrêté de dépor-

382 LES CAPUCÎINS

tatioii.(Sauzay, tome III, à la fin). Le 22 janvier 1798, il était signalé à la police par un patriote de Goux,

LALOUELLiE, curé à Baumotte-le-Pin, qualifié d'ex-Capucin dans les listes de la Haute-Saône (1800-1801).

LANDRY, Capucin, porté en 1794 sur la liste dea résidants sans fonctions dans le Doubs. Il y est indiqué comme habitant Avanne.

LANOY, Henri, menait la vie commune en 1791 avec les autres habitants du couvent des Minimes de Besançon, et il ne voulut point reconnaître la juridiction de Seguin. Nous ne savons pas d'une manière certaine s'il étaij; Capucin.

LEBRETON, Louis -Ange, Capucin du couvent de Baveux, d'après quelques historiens, d'après d'autres du couvent de Rouen, en religion P. Pierre de Jussey, prêta le serment schismatique le 16 janvier 1791, avec plusieurs autres prêtres, suivant le récit de l'abbé Langlois. {Essai historique sur le chapitre de Rouen pendant la Révolution, Rouen, 1856, in-8 ; page 42) ; Il le refusa au contraire, d'après le Martyrologe du clergé français. Arrêté à Paria vers la fin d'août 1792, il fut enfermé aux Carmes, et massacré le 2 septembre. Voici l'inscription qui lui est consacrée sur 1^ théâtre même de son martyre : Lebreton, Ludovicus-Angelus, alias Pater Frater Petrus, ordinis S. Francisci e convenlu Capucin. Rothomagen, Hospes domûs S. Franc. Sales, Issiacen. Aux archives de la Haute-Saône, nous avons vu une réclamation de pension faite par un Lebreton, Capucin de la province de Normandie, après serment.

LECLERC, de Blamont, Capucin, fut un des adeptes da schisme, qui l'envOya à Glay, puis à Blamont, où il ne pot trouver que ce qu'il méritait, c'est-à-dire un mépris univer-

sel. 11 figure, à la date du 22 juillet 1794, sur les listes d*ab« dicateurs, avec la qualité de curé de Châtenois; cependant, en 1795, il était encore curé de Blamont, et Tobjet du mêm^ mépris qu'auparavant. (Sauzay, passim.)

LiENFUMEZ, Adrien, Capucin du couvent de Honfleur, nommé en religion P. Firmin de Vesoul, fut emprisonné à Rouen au commencement de 1793 comme insermenté, et condamné à la déportation. Son départ de Rouen pour les pontons eut lieu le 16 ventôse' an I (mars 1793). 11 mourut le 16 juillet 1794, sur un de ces navires où les confesseurs de la foi endurèrent tant et de si cruelles tortures. Il fut enterré dans l'île d'Aix. (Langlois, page 122; Sauzay, tome IV, p. 56; Martyr, franc,, etc.)

LESCHINE, Marc-Augustin, Capucin, embrassa d'abord la vie commune dans une des deux maisons de Besançon où on la suivait. Il< refusa de reconnaître la juridiction de Seguin, fut condamné à la déportation au commencement de l'an 1793, reçut du département un ordre spécial d'évacuer Besançon, « où sa présence troublait l'ordre public par les principes de fanatisme qu'il répandait, » se retira en Italie, et fut placé par la charité du Souverain Pontife au couvent des CapUcins de Bologne. (Registre du Vatican). Le 3« supplément de la liste des émigrés contient son nom en vertu d'une décision du 21 messidor an II. Il y est dit que son dernier domicile avait été Arc-sous-Cicon.^

MANGIN, Joseph, Capucin, en religion P. Désiré de Lonsle-Saulnier (Jura). Il appartenait à la province des Capucins de Provence, et était vicaire du couvent de Pertuis, lors de l'inventaire de cette maison, qui fut dressé, au sujet du personnel, le 20 décembre 1790. Il y déclara être né le 27 juin 1732, et avoir fait sa profession le 25 mai 1757. Son

884 LSS CAPUCINS

option est ensuite formulée en ces termes : « Déclare que, s*étant engagé librement et volontairement, il ne peut, sans se rendre coupable du parjure le plus odieux, vider ($ic) d^ promesses faites au Dieu souverain, prononcées dans le lieo saint, â.la face du ciel et de la terre, et souscrites de sa main ; qu'en conséquence il est résolu et déterminé à êtn constamment fidèle au Seigneur et à ses engagements, i vivre et â mourir, s*il lui est possible, dans Fétat où h divine Providence Ta miséricordieusement appelé, désiraot avec ardeur pouvoir s'y rendre utile à la Société chrétienne, au salut des fidèles, et contribuer plus par ses exemples que par ses exhortations au maintien de Tordre, à Tobcissaoce aux lois, et â la félicité publique. En foi de quoi, il a fait et signé la présente déclaration. A Pertuis ce 36 novembre 1790, signé F. Désiré, Capucin, vicaire. » Il est dit à son sujet, dans un état authentique des prêtres non assermentés domiciliés dans la ville de Pertuis, à la date du 8 mai I7.t2 : « Joseph Mangin, cinquante-neuf ans, né à Lons-le*SauIni<»r (Jura), a fait sa déclaration le 4 mai 1792. Au 27 novembre

1790, était Capucin au couvent de Pertuis. Réside au terroir (ne) de Pertuis, quartier du Pioulier, â la campagne du sieur Valixandre. Ne dit plus la messe depuis la fermeture des églises non paroissiales. Traitement, 800 francs. Est sorti du couvent des Capucins de Pertuis au mois de janvier

1791. N*a pas prêté le serment. (Archives de Vaucluse) » Ce religieux est ensuite nommé dans le registre du Vatican, mais sans indication du lieu où il a pris retraite.

MAUCOURT, Jsan-Edmb, Capucin, est indique comme faisant partie du clergé constitutionnel de Saint-Ferjeuz, â Besançon, en 1798-1800. Les notes préfectorales de 1801 disent qu'il est jeune et bon à employer en sous-ordre dans le nouveau clergé. (Sauzay, tome X, à la fin.)

-MICHEL, Claude-François, Capucin de la maison de

Verdun, en religion P. Benoît de Yesoul, « prêta le serment

de 1791 (sic)^ puis celui de liberté-égalité. Mis en réclusion

en 1793, envoyé à Rochefort ; déporté au printemps de 1794,

rétracta sur le navire ses deux serments , mourut dans la

nuit du 22 au 2B septembre même année, à Fâge de 73 ans;

inhumé dans l'île Madame. » (Martyr, franc.)» Le Martyro"

loge est généralement dressé avec trop peu de critique ! dans

cet article, plusieurs choses jurent ensemble. Ainsi, on ne

mettait pas en réclusion, en 1793, les prêtres assermentés,

encore moins lorsqu'ils étaient d'un grand âge. L^étude des

documents Ibcaux pourrait seule fournir le moyen de dire si

le P. Benoît a préludé au martyre par le serment schisma-

tique.

MOROGE, François-Xatikr, Capucin du couvent de Dijon, en religion P. Laurent de Ynillafans, se déporta en 1792, et rentra en France en 1795, comme un grand nombre d'autres prêtres; mais il ne tarda point à être saisi par la gendarmerie, et fut, avec beaucoup de ses confrères et d'autres confesseurs de la foi, enfermé dans la maison de justice de Besançon en septembre 1796. Les maladies et les infirmités qu'ils y contractèrent émurent la cpmpassion même de leurs bourreaux, qui les firent transporter dans l'ancien couvent des Capucins. Cette translation eut lieu, pour le P. Laurent, le 29 novembre. Il fut élargi le 1*' mai 1797, avec le P. Salomon Cassard, et libéré de la déportation par arrêté du 27 mai suivant. Il ne fut pas longtemps en possession d'une liberté qu*il ne pouvait employer qu*à l'exercice de son ministère. L'année 1797 n'était pas finie, qu'une dénonciation apprenait au département que le P. Laurent avait déjà fanatisé Yuillafans. « Le 15 ma Q798), la gendarmerie d'Omans arrêta à

Vuillafans M. François-Xavier Moroge, Capucin, et Técroiu dans la maison d'arrêt de Besançon. Le 21 mai, le départe ment déclara « que ce prêtre avait été trouvé muni àei « effets servant à F exercice du culte ; qu'il était présumé e£ « pratiquer les cérémonies ; qu'il ne cessait point d'agiter « les esprits, d'alimenter le fanatisme religieux, et de pro c pager sa haine contre le gouvernement républicain; que, « ayant été déporté, il aurait dû quitter le territoire ; et 4 enfin qu*il serait interrogé par le juge de paix Jarrj.» Le 24 mai, le département prit ce nouvel arrêté : « De Tinter- « rogatoire et des aveux du prévenu, il résulte que Moroge, « ex-Capucin, est âgé de trente et un ans, originaire de < Yuiilafans, et était domicilié à Dijon à T époque de la loi « du 26 août 1792. Quoique non sujet à cette loi, n*étant « pas fonctionnaire public, il en profita pour prendre un « passeport dans le courant de septembre, attendu qu'on le « considérait déjà comme suspect à Dijon. 11 se rendit â Fri- « b(furg, puis à Constance, où il passa trois années, parcoo* « rut ensuite la Suisse, et rentra en France il y a deux aos et « demi ; exerça le culte catholique, d'abord dans l'église de K Vuillafans, puis dans les maisons particulières, au mépris « de la loi du 7 vendémiaire an IV. Quoique Moroge ait été « relevé de la déportation par un arrêté du 8 prairial an V, « ses principes et sa conduite le mettent néanmoins dans le « cas d'être dé nouveau déporté, l'administration étant par- « faitement instruite qu'il n'a jamais cessé de corrompre le» « citoyens et de faire passer dans leurs cœurs la haine qu il « porte au gouvernement républicain. II est donc dénoncé « au Directoire exécutif pour être déporté, en conformité de « la loi du 17 fructidor, et les pièces seront envoyées an « ministre de la police. En attendant, il restera en arresti- « tion. » Le 29 juin, le Directoire signa l'arrêt de transpor* tation demandé (Sauzay, tome IX, page 625.) »

Le P. Laurent fit donc partie d'un convoi de douze prêtres conduit de brigade en brigade de Besançon à Fîle de Rhé. Le départ eut lieu en juillet,' et Tarrivée à Saint- Martin de Rhé eut lieu le 5 ou le 6 août (Ib., p. 678). Le retour s'effectua dans les premiers mois de 1800, et le P. Laurent obtint restitation des ornements et vases sacrés saisis sur lui deux ans auparavant. Il s'établit à Yuillafans, et fut proposé par les autorités, en août 1801, pour faire partie du nouveau clergé. (Sauzay^ tome X, p, 498, et document Vill à la fin du volume.)

MOURLOT, ex-Capucin, curé constitutionnel de Montureux-lez-Baulay, est porté sur les listes de la Haute-Saône (1801) comme ayant droit à une pension de 800 francs.

MULLER, Georoes, Capucin, à Besançon, fut frappé d'un arrêté de déportation dans les premiers mois de 1793« (Sauzay, tome III, à la fin.)

NACHIN, Albxis-Antide, Capucin, d'abord intrus à Ornans, figure sur les listes d'abdicateurs à la date du 13 août 1793, devient intrus d'Abbenans en 1798-1800, est placé curé de Rand.evilliers, canton ^e Clerval, lors du rétablissement du culte. (Sauzay, passim.)

PAHIN-MOUROT, Pierre-Philippe, de Landresse, Capucin, se réunit à ceux de ses confrères qui menèrent la vie commune à Besançon, et repoussèrent la juridiction de Seguin. 11 fut dès le mois de septembre 1792 l'objet d'un arrêté de déportation. 11 ne l'exécuta pas.

« Le 17 décembre (1792), les gendarmes..., informés qu'il y av^it à Landresse plusieurs prêtres non conformistes qui baptisaient et administraient, se rendirent dans cette coin-

mune, bien que, selon tonte apparence, elle n* apparent ^ à leur circonscription (celle de Yercel, district de Baume . violèrent la maison de Pierre-Joseph Pahin-Mourot, et j saisirent son fils Pierre -Philippe, Capucin, qu^ils condûsirent â Ornans, et écrouèrent dans la maison d*arret. hi P. Pahin ayant réclamé contre cette détention ailxtraure (les gendarmes n'avaient aucun ordre), le départam^ décida, le 21 décembre, que le prisonnier serait transféré provisoirement au séminaire, et que les pièces s^aim envoyées au district de Baume, pour savoir, des geoidarmes de Yercel, quel avait été le motif de cette arrestatiou. <]!omme il eût été peut-être difficile d'en donner de bons, os trouva plus «impie de dresser une dénonciation, régnlière. dans le canton, conti*e le P. Pahin-Mourot et son coUègw Jean-Claude Cassard, comme lui originaire de Landiesse, et, dans les premiers jours de janvier, ces deux religieux furent contraints de prendre le chemin de Texil. (Sanuj. tome III, p. 361.) »

Malgré cet exil, le P. Pnhin figure sur la liste des prêtrH fidèles qui peu après travaillaient en secret dans le département. (Sauzay, tome VU, à la fin). L'arrêté qui Tavait cotdamné à la déportation fut levé le 13 juillet 1797 ; mais la persécution ne tarda pas à recommencer, et, le 6 odobce suivant, le commissaire cantonnai de Pierrefontaine nga^ lait au commissaire central la présence des PP. Pahin et Cassard dans son canton (Sauzay, tome VIII, doeaotf&t no VII, à la fin ; tome IX, p. 234). Il ne parait pas tp/t la police ait pu saisir de nouveau le généreux confesseur dtlâ foi, et il était encore à Landresae en 1801, lorsqu'il foi proposé pour faire partie du nouveau clergé, avec eette aota : « Pahia, à Landresse, canton de Pierrefontaina, ex-Ciysein, ayant des mœurs et des moyens. »{lbîd. tome X,^doe«flieBU de la fin.)

PARIS, Jean, en religion P. Sixte de Yesoul, habitait le couvent des Capueins de la rue Saint-Honoré, à Paris, lorsque l'inventaire y fut fait, le 20 avril 1790. Sa présence ^t son option y sont mentionnés en ces termes : « P. Jean « Paris, dit en religion Sixte, prêtre de la Société hé- « braïque, âgé de cinquante-quatre ans, lequel a déclaré 4c vouloir rester en religion, et a signé, en observant que ce « serait pour rester à Paris. » L'abbé d*Auribeau, dans les Mémoires déjà cités, dit (p. 803) que le P. Sixte de Vesoul, depuis la suppression de son ordre en France, ne continue pas moins ses savants travaux. .

PERROT, Jban-Antoinb, Capucin, en religion P. Benoît de Beaujeu en Franche-Comté, religieux de la province de Touraine et du couvent d'Angers, né le 31 janvier 1737, profôs du 14 novembre 1754. Opta pour sortir et profiter de sa pension dans sa famille. (Inventaire du 27 avril 1790. Archives de Maine-et-Loire.)

PETIT, en religion P. Ambroise de Besançon, mort au couvent des Capucins de Dijon, le 20 février 1791, d Fâge de cinquante-sept ans, dont trente-six de religion.

PETIT, en religion P. Augustin de Besançon, mort au couvent des Capucins de Dijon, le 6 mai 1791, à l'âge d'environ soixante-dix ans, dont cinquante-trois de religion (Néerologe des Capueins de Dijon. Archives de la Côte-d'Or).

PINOT, Jean-Baptiste, a figuré avec la qualité de Capuein sur les listes du clergé constitutionnel, comme élu pour la cure de Passavant en 1792, et comme contraint à doiui«r sa démission de ce titre avant le 9 thermidor, sans autres détails. (Sauzaj, passim, et documents à la fin. du

tome YL) Oa le voit porté sur les listes des prêtres de la Haute-Saône en 1801, où il est désigné comme âgé de quarante-six ans et ayant droit à une pension de 700 francs.

PONÇOT, Pibere-Mathieu, ex-Capucin, fut curé constititutionnel de Colombier. Les listes de la Haute-Saôna (1801) lui attribuent Tâge de quarante-neuf ans, le droit à une pension de 700 francs, et indiquent sa nomination à la cure de Montcey, près Vesoul, au rétablissement du culte.

PROUDHON, Claude-Joseph, qualifié de Capucin, éUit un homme doux et pacifique, même faible. Il prêta le serment constitutionnel avec solennité, à la métropole de Besançon, le 31 juillet 1791, et fut nommé curé intrus de Vésigneux, où il s'appliqua surtout à rester inconnu et i n*exciter aucun trouble. 11 figure, à tort ou à rabon, sur les listes d'abdicateurs, à la date du 19 juin 1794. Contraint par les instances de quelques personnes, il alla, le 16 août 1795^ célébrer là messe â Durnes. Il avait mis pour condition à son acceptation que sa présence â Durnes passerait comme inaperçue. U n*en fut pas ainsi ; car une bataille eut lieu entre les catholiques et les constitutionnels. Le P. Proudhon y reçut à la tête deux blessures dont le sangs^échappa, et on lui remplit si bien les yeux de cendres, que deux hommes durent le conduire par la main dans un village voisin, afin de lui donner les soins réclamés par cet accident. Peu après, il fut nommé curé intrus de Reugney, d*où on le transporta, après le rétablissement du culte, à la cure d'Amondans. (Sauzay, passim.)

RICHARD, Nicolas, Capucin, suivit la vie commune an couvent des Minimes de Besançon, et refusa de reconnaître la juridiction de Seguin, le 14 mai 1792. (Sauzay, tome I« p. 469.)

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