‹ Les capucins en Franche-ComtéChapitre 64 sur 183 · COUVENT DE LONS-LE-SAULNIER · texte numérisé non relu

COUVENT DE LONS-LE-SAULNIER

R. P. Joseph Prétet, de Granums, gardien.

Vêtu le 19 mars 175:3.

R. P. Âgathange Raymond, de Lons-le-Saulnier, vicaire.

Vêtu le 22 avril 1749. — Le P. Agathange de Lons-le- Saulnier (Jura), dans le monde Claude-Richard Raymond, a laissé la réputation d'un saint religieux et d*un grand bienfaiteur de sa ville natale, où û avait vu le jour le 2 mai 1739, et où il est mort le 20 août 1836. Voici la notice «jne lui consacre M. Tabbé Richard, curé de Dambelin, dans soa Histoire des diocèses de Besançon et de Saint-€laude.

« Etant entré à Tâge de dix-sept ans chez Jes Ci^adns de Salins, il étudia la philosophie à Graj et la théologie à

Baume-lea-Dames^ dans les maisons de son institut, et lîit employé de bonna henre au ministère de la prédication. U refusa de prêter serment à la constitution .ciyile du dergé, et, malgré les foreurs de la persécution, continua de porter aux fidèles de Lons-ie-Sanliiier et de la banlieue les secours de son industrieuse charité. Si on le cbassait de la ville, il se retirait à la campagne ; si, dans un humble réduit, Tinquisition révolutionnaire le poursuivait encore, il s^éloignait, moins par la crainte des tourments ef'de la mort ^e pour éviter à ses hôtes généreux les déplorables effets de la ven« geance populaire. Après s'être retiré en Suisse pendant quelques mois, il reparut bientôt au milieu de ses concitoyens, et donna aux ennemis de FEglise des témoignages si frappants de la pureté de son zèle, qu*il les força à Tadmirer en secret, en paraissant ignorer les travaux de son apostolat.

« Après le rétablissement du culte, le P. Agathange demeura mendiant par choix, comme il Tavait été par vocation. Il ne voulut vivre que de la charité publique, et ne se niit pas même en peine du pain #e chaque jour. Tant que ses forces le lui permirent, il alla prendre ses repas chez des personnes pieuses, dont la charité s'honorait de nourrir le pauvre de Jésus-Christ. Son vêtement, grossier et nég%é, correspondait parfaitement à T esprit de sa profession, ^t il se serait reproché comme une injustice de faire servir à son entretien ce qu'il pouvait mettre en épargne pour pratiquer des œuvres de miséricorde. Ce fut ainsi que, aidé des dons de quelques fidèles, il enrichit Lons-le-Saulnier d'un grand nombre d'établissements utiles, dont un seul suffirait à illustrer un homme et à perpétuer sa mémoire. La comniunauté des Sœurs de la Charité pour l'instruction des enfants pauvres et le soin des malades, celles des Frères de la doctrine chrétienne pour l'éducation des jeunes gens, et

celle des prêtres auûliaires pour tout le diocèse, furent snocessivement les fruits de ses pieuses économies. Panreim â une extrême vieillesse, il se retira au grand séminaire de Lon»-le-Saulnier, et y donna jusqu -à la fin Texemple de la plus vive foi et de la plus aimable piété. )^

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