ETUDIANTS
P. Fidèle Chevilly, de Montigny-lês-Cherlîeu.
Vêtu le 25 mars 1786. —Le P. Fidèle de Montigny (Haute- Saône), dans le monde Noël Chevilly, confessa généreusement la foi. Son. histoire, pendant la Révolution, nous est révélée par la pièce suivante, trouvée aux Archives de l'Yonne :
« Extrait des registres du département de la Haute- Saône.
« A la séance de Tadmluistration. centrale du département de la Haute-Saône du 27 fructidor an VU de la République française une et indivisible, à laquelle ont assisté les citoyens Mailly, président, etc.
« Vu le procès-verbal d'arrestation, le 8 messidor dernier, dans la commune de Russey, canton de Nods, par la brigade de gendarmerie stationnée à Ornans, de la personne de Noël Chevilly, ex-Capucin, prêtre insoumis, originaire de Montîgny-les-Cherlieux, arrondissement de Vitrey ; l'arrêté de l'administration centrale du département du Doubs du 11 du même mois, ordonnant que cet individu serait interrogé par le juge de paix des 3« et 4« sections de la commune de Be* sançon ; l'interrogatoire subi le 12 dudit mois par ledit Chevilly ; les arrêtés de l'administration centrale du Doub s des 11 messidor et 8 fructidor courant, ordonnant la traduction dudit Chevilly devant cette administration; une lettre adressée le 12 de ce mois par le commissaire central du Doubs à son collègue près cette administration; l'interrogatoire subi le 15 du courant par devant cette administration par ledit Chevilly,
« L'administration centrale du département de la Haute- Saône,
« Considérant que ledit Chevilly s'est déporté en exécution de la loi du 26 août 1792; que son inscription sur la liste
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générale des émigrés, 2« supplément, pages 1 et 2, ligne 17, ii*a en lien qne parce que les prêtres insoumis étaient assimilés aux émigrés par la loi du 17 septembre 1793 ; qn^il a été arrêté le 8 messidor dernier sur le sol français, longtemps après la publication de la loi du 15 fructidor an Y;
« Considérant qne ledit Chevilly n^est ni sexagénaire ni infirme, que rien ne s*oppose â sa déportation,
« Arrête, le commissaire du Directoire exécutif entendu : « Art. 1«'. Noël Chevilly, ex-Capudu, originaire de Montigny-les-Cherlieux, sera déporté et conduit sous bonne et sûre garde à Tlle de Rhé.
« Art. 2. Le commissaire du Directoire exécutif près cette administration est chargé d'en procurer Texécution (Suivent les signatures). »
« L*an YII de la République française, une et indivisible, et le 1«' jour complémentaire, » le brigadier de gendarmerie Cornet se rend à la prison de Vesoul pour signifier cet arrêté au P. Fidèle et lui en laisser copie, « parlant à sa personne entre les deux guichets à ce qu'il n'en ignore. » Vient ensuite le signalement très détaillé du prisonnier.
Le P. Fidèle avait pour compagnon de captivité, à Vesoul, le P. Servin, dont nous aurons à parler plus loin,et ils étaient tous les deux malades à force de privations et de mauvais traitements. Ils durent se séparer lorsque le premier fut dirigé vers Fîle de Rhé. Il figure, pendant le cours de ce douloureux voyage, sur le registre d'écrou de la prison d'Auxerre, où il arriva le 6 vendémiaire an VIII, pour en repartir le lendemain 7. C'est là que par mégarde il aura laissé la copie authentique de son arrêté de déportation que nous avons trouvée aux Archives de l'Yonne.
En août 1801, le P. Fidèle était à Besançon, et l'autorité préfectorale le désignait comme propre à faire partie du nouveau clergé.
p. Just Lavançy, de Melcey.
Vêtu le 18 avril 1786. — Le P. Just de Melcey (Hante- Saône), dans le monde Jean-Baptiste Lavancy, fut yicaire constitutionnel à Cendrey ; mais il se rétracta de très bonne heure, et continua de résider dans le pays. C'est là une première tradition; une autre l'a toujours fait figurer parmi les meilleurs prêtres du pays. Il se faisait gloire d'être insermenté, et d'avoir passé sa vie dans les bois pendant la Révolution. Curé d'Oiselay de 1823 à 1843, il se retira ensuite à Melecay, où il mourut le 3 mai 1847, plein de jours et de mérites.
P. Hyacinthe Convers, de Vigeon.
Vêtu le 2 août 1786.
V, P. Claude Prudon, de Cognêre.
Vêtu le 2 août 1786. — Le P. Claude de Cognêre, de son nom de famille Prudon, disparaît pendant la Révolution, pour figurer en 1803 comme curé de Fontenoise-la- Ville.