‹ Les capucins en Franche-ComtéChapitre 71 sur 183 · V. p. Hilarion Bassenne, de Sancey · texte numérisé non relu

V. p. Hilarion Bassenne, de Sancey

Vêtu le 26 août 1747.— Le P. Hilarion de Sancey (Doubs), dans le monde Joseph Bassenne, fut, dans les premiers mois de 1793, l'objet d'un arrêté de déportation. Au lieu de l'exécuter, il se mit à exercer en cachette le saint ministère. La police ne réussit jamais à s^emparer de lui, bien que les dénonciations ne fissent pas défaut pour venir en aide aux persécuteurs. Notamment, le 17 germinal an IV, une enquête du juge de paix de Sancey contre les receleurs de prêtres, lui fit apprendre qu'on avait vu le P. Hilarion se promener à Sancey, dans le jardin de ses parents les héritiers de Denis Bassenne, puis chez une de ses sœurs et chef des neveux ; msûs le P. Hilarion n*y était plus, et ne fut pas saisi. Un an plus tard, par un arrêté du 31 mai 1797, le département révoqua celui de sa déportation. Il y avait alors une phsuae d^apaisement, et le P. Hilarion avait eu la confiance *d^écrire ces lignes aux magistrats républicains : c Depuis 1792, j^ai été errant et fugitif, habitant les ca- « vernes et les forêts, ou d* autres asiles cachés et secrets, « vivant comme l'anachorète Hilarion, dont je portais le « nom chez les Capucins. J'ai préféré cette vie malheureuse « à la douleur de quitter une patrie qui m'est chère. » Malgré la libération qui venait de lui être accordée, le P. Hilsrion dut continuer à imiter son saint patron en vivant génénlement dans les déserts. Le 8 octobre 1797, il était dénonoé pour n'avoir pas fait son acte de soumlsaton aux lois; le

90 mai et le 16 novembre 1798, il était encore signalé à la police ; et, le 6 août 1799, on disait Tavoir vu i Sancey,puia à Yuillafans. Lors du rétablissement du culte, l'autorité préfectorale donna sur lui cette note : « Bassenne, à Sancey, infirme .et sans moyens. » Qu*il fut infirme à l*âge d'environ Boixante-dix ans, dont les neuf derniers avaient été si cruellement tourmentés, on ne saurait s'en étonner ; mais, s*i] manquait d'autres moyens, il avait eu du moins la grande sagesse do ne point souiller sa robe sacerdotale, et lliabileté non moins remarquable de déjouer toutes les rases de la persécution.

Y. P. Jnst Ghapot, de Bes^çon.

Vêtu le 24 avril 1762.

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