SCENE III
les mêmes, CAPELLIO et sa Suite, entrant par le fond à gauche.
capellio, au fond du théâtre, sans reconnaître Juliette ni Lorenzo.
Arrêtez !
lorenzo, bas à Juliette.
Calmez-vous, de grâce!
capellio s'approche d'eux et les reconnaît. Vous en ces lieux! Ciel ! quelle audace! A Juliette.
Ma fille, ici reposez-vous
Durant quelques instans encore !
Mais dès le lever de l'aurore
Vous devrez suivre votre époux.
A ces mots , Juliette tombe dans les bras de Lorenzo et demeure muette et immobile. Voyant la défaillance de Juliette, lesCapulets l'entourent. Capellio reste sur le devant de la scène.
les capulets, à Capellio.
Assez! respectez son délire; Voyez, à peine elle respire !
Domptez cet accès de fureur Qui navre et déchire son cœur !
Pour toute réponse Capellio fait signe à Juliette de se retirer. Lorenzo veut l'emmener; mais elle s'approche de son père et lui dit avec une vive émotion :
JULIETTE
Pitié! ta fille infortunée Implore sa grâce à genoux ; Qu'au moins je meure pardonnée A l'abri d'un juste courroux !
Voici venir ma dernière heure.
Creusez la tombe où tout s'endort ; Mais qu'entre vous, pour qui je pleure, La paix renaisse par ma mort.
capellio, la repoussant.
Laissez-moi!
lorenzo, bas à Jullietie, en se rapprochant d'elle. Cachez vos alarmes.
capellio, brusquement.
Ailleurs allez porter vos larmes !
les capulets, entourant Capellio.
A ta colère impose un frein !
Elle est mourante et prie en vain !