ACTE IV, SCENE iï
Si tu ne m'entends plus, ton âme me devine;
Tu sais combien le monde est un désert pour moi ;
Et qu'il vaut mieux mourir que d'y vivre sans toi.
ïl se relève.
CAVATINE
Sois sensible à ma prière : L'Eternel va nous bénir !
Du séjour de la lumière Je vois les anges venir.
Si chacun a sur la terre Quelque douleur à souffrir, Aux cieux elle est étrangère, Dieu règne pour l'en bannir !
0 toi qui m'es ravie,
Tendre rêve d'amour;
Dieu là-haut nous convie
A sa céleste cour.
Là- haut, Dieu nous réclame !
Son arrêt paternel
Joint mon âme à ton âme
Par un vœu solennel;
Et pour bénir ma flamme,
Il me rappelle au ciel !
11 s'éloigne un moment de la tombe de Juliette et ouvre une bague contenant du poison.
Du malheureux, dernière espérance, Poison subtil, viens me secourir ; Viens m'arracher à tant de souffrance î... Capulets, savourez la vengeance En recueillant mon dernier soupir !
Il s'empoisonne.