‹ Les caressesChapitre 67 sur 85 · PEINES PERDUES · texte numérisé non relu

PEINES PERDUES

Hélas! pourquoi ces pleurs dans mes yeux que j'essuie, Et pourquoi ces soupirs dans ma gorge crevant? Je ne puis rappeler le passé décevant, Ni ranimer le feu dans l'Atre plein de suie.

L'amour sest envolé, la flamme s'est enfuie. A quoi bon soupirer, pleurer, en y rêvant, Comme un hautbois plaintif qui se nourrit de vent, Comme un vieux toit rompu qui se repaît de pluie?

Ah ! pauvre cœur troublé de regrets, de remords, Tes soupirs rendront-ils le souffle aux oiseaux morts Et tes pleurs feront-ils s'épanouir des roses?

Au fond de ta douleur tu peux les laisser choir; Soupirs et pleurs, tout est stérile. Tu n'arroses Qu'un linceul; et pas même, encore!... ton mouchoir.

« Homme aux yeux cruels, prends garde t

Tu nous écrases! Regarde

Nos cadavres sous tes pas.

Tu pleures et tu t'irrites.

Nous sommes les marguerites.

Pitié! Mais tu n'entends pas.

— Si, je vous entends, menteuses.

0 peuple d'entremetteuses, Sois-tu donc anéanti!

Mourez sous mes mains brutales î C'est en comptant vos pétales Que ma maîtresse a menti. »

J'ai rencontré le coucou Qui m'avait dit : casse-cou.

Il chantait, le bon apôtre!

Son amour étant fini, II avait quitté son nid; Mais il couchait dans un autre.

Chante, coucou, tu fais bien.

Sans penser au nid ancien.

Dans le nouveau tu te vautres.

Et pour toi rien n'est fini.

Moi, d'avoir quitté mon nid, Ça m'a dégoûté des autres.

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