‹ Les caressesChapitre 73 sur 85 · LE MAUDIT · texte numérisé non relu

LE MAUDIT

J'ai mené mon chagrin maudit dans les prairies Où je me suis roulé, sanglotant comme un fol ; Mes pleurs salés faisaient des brûlures au sol Et laissaient des trous noirs dans les herbes fleuries.

Je l'ai conduit au bois et dans les closeries Pour entendre le gai pinson, le rossignol ; Mais les oiseaux bien loin de nous prenaient leur vol Devant l'épouvantail de nos mines flétries.

Alors je l'ai traîné jusqu'au bord de la mer

Où les pleurs en tombant se noient au gouffre amer.

Où l'on n'a pour témoins que la vague et la roche ;

3Iais la roche restait muette de stupeur,

La vague en frissonnant fuyait à mon approche,

Et les monstres marins en avortaient de peur.

2o2 LES CARESSES

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