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LES NAUFRAGÉS

Ah! que le vent ce soir roule d'âpres sanglots! C'est le vent de la mer. La mer doit être haute. Les crocs noirs et pointus des rochers de la côte Sont en train de grincer en éventrant les flots.

Ah! comme il fouette à coups d'aile mes volets clos! Que veux-tu? que dis-tu? qu'apportes-tu, mon hôte? J'entends passer le cri des pilotes en faute Et les râles perdus des lointains matelots.

Et je pleure en songeant à mes anciens naufrages, A mes espoirs, à mes bonheurs, à mes courages Dispersés, engloutis, noyés je ne sais où;

Et dans la cheminée où rôtit ma pantoufle,

Le vent, le triste vent, souffle comme un vieux fou,

Si triste, qu'on croirait ouïr son dernier souffle.

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