‹ Les cariatides (volume 2)Chapitre 76 sur 101 · OMPHALE · texte numérisé non relu

OMPHALE

A Charles Voillemot

CALME et foulant son lit d'ivoire, dont le seuil Orné d'or, sous les plis de la pourpre étincelle , La lydienne rit de sa bouche infidèle Aux princes de l'Asie, et leur fait bon accueil .

Une massue, espoir des Cyclades en deuil , Sur un tapis splendide est posée auprès d'elle. L'idole radieuse, et fière d'être belle , De ses doigts enfantins y touche avec orgueil.

Sur son épaule blonde,- amoureuse, embaumée,

Flotte la grande peau du lion de Némée ,

Dont l'ongle impérieux lui tombe entre les seins.

Son cœur bat de plaisir sous l'horrible dépouille Humide et noire encor du sang des assassins : Hercule est à ses pieds et file une quenouille.

LA THESSALIK

A Auguste Préau If

OThessalie , il est dans tes monts pittoresques De noirs vallons, jonchés de laves et de rocs, Que réclair, et la foudre en ses terribles chocs A peints de ï)Ourpre et d'or, comniie de grandes fresques.

Là, tordue et brisée en cent poses grotesques Et laissant la tempête éparpiller ses blocs, La Terre, que jamais ne déchirent les socs, Succomba sous l'effort des Titans gigantesques.

Un granit, que jamais l'ouragan n'a ployé.

Etale seul ses flancs et son front foudroyé Et mesure les cieux de son œil de colosse.

statuaire I ainsi l'artiste à l'œil de feu ,

Les pieds sur le volcan et sur sa gueule atroce,

D'un regard assuré plonge dans le ciel bleu.

NON, non, je n'aime plus ces amantes de pierre, Ces nymphes aux beaux reins, filles de Phidias, *

Qui peuvent étouffer des tigres dans leurs bras Et n'ont pas de regard sous leur rude paupière.

Ce que j'aime à présent, ô beauté jeune et fière I C'est votre front plus pur que les camélias, Et vos cheveux touffus, qui sur les blancs damas Eparpillent à flots des bouquets de lumière

(]e sont vos divins pleurs, vos rires triomphants,

Votre lèvre pareille aux lèvres des enfants,

Et vos regards plus doux que les doux clairs de lune.

Et vous, pardonnez-moi, déesses des héros, De ne plus vous chanter, alors qu'il en est une

Qui surpasse en blancheur vos marbres de Paros !

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