‹ Les carnets du comte Joseph de maistreChapitre 15 sur 131 · au matin, il repart pour Francin · texte numérisé non relu

au matin, il repart pour Francin

9 Kane part le matin pour Moutiers arec J/^ la Présidente Jaime et le R P Rainera .

10, j'ai donné la i^ leçon d'écriture à ma fille; j'ai envoyé à mon frère Xavier à Francin l'ouvrage de Mirabeau sur l'armée Prussienne i volume in 4° — fig. Ce livre m'a coûté 18 francs.

16, le soir retour de Xanc avec mon frère Doyen de Tarcntaise.

19, le soir, arrivée de Xavier venant de Francin.

20, le soir, il part pour les Echelles.

Bruit sur l'invasion prochaine des François; on s'effraie

ridiculement.

20 Xavier revient des Echelles.

28. J'ai achevé la lecture Je l'ouirage de Xecker a du pouvoir exécutif chez les grandes nations 2 volumes 8°.

29, j'ai donné au Sieur Pignière la commission de me

1/9^ Septembre.

relever sur la inappe les 15 paroisses des Bauges, pour le C^ de Costa.

30, j'ai renvoyé au Sieur Léger 14c "' 7' ^'^ pour ma portion des épices de la Délégation.

idem. Le Doyen est reparti après diner — arrivé le 16, j'ai été, le soir, avec ma sœur Jenni et M^ la Comtesse Millo goûter au quartier de S'' Jeoire chez M^ le Chev^^ de Tane.

Septembre i". J'ai été voir, après dîné, mon frère au Quartier de Francin avec ]\r de Chatillon et NP de Gasc; revenu à 10 h. du soir.

Le même jour la mise du cellier, au dessous de la cuisine, occupée par \P de Gilli. m'est restée pour f;^4 ' 10^.

Le 4, j'ai envoyé la clé de mon écurie à M"" le M'^ de Sostègne qui Va louée.

13, j'ai été diner à pied à Francin; pris le café à S' Jeoire chez M'' le Chev^'' de Tane; rez'enu le soir. ( Diné chez M' le Baron de la Tour).

Vendredi 14, diné au quartier de Francin avec mon frère; parti avec M^ le Chez'" de Buttet dans son cabriolet.

Samedi matin je z'ais, à pié, à S^ Pierre.

16, séjour. 17, après diné, couché à Francin.

18, matin, retour.

19 mardi, enregistrement de l'édit pour une émission de billets au montant de 4 millions.

Dans la lettre du ministre qui transmettait l'édit au I" Président, il était dit qu'il devait être renvoyé avec l'enregistrement par le courrier de mercredi (lendemain), sans doute pour éviter toute remontrance. Les membres présens, au nombre de 5 ou 6, ont été effrayés à l'excès de cette émission de billets; j'ai dit que lé gouvernement mettait son existence sur une carte : que dans les circonstances où Ion se trouve, je ne demandais point de résistance ni de remontrance avant

1792 Septembre.

r enregistrement; mais qu'on pouvait enregistrer et remontrer pour remplir notre devoir sans effaroucher l'autorité; j'ai demandé, qu'au moins, ilf le P. P. accompagnât redit d'une lettre, par laquelle il dirait au ministre, que nous avions enregistré purement et simplement parce qu'il ne paraissait pas qu'on voulut aucune remontrance, mais que nous entendions nous décharger absolument des suites funestes que devait avoir Fédit, suivant toutes les apparences. D'autres membres ont dit à peu près la même chose. Le Premier Président a dit formellement qu'il était fort éloigné d'approuver l'édit : que c'était le comble du malheur, mais qu'il fallait de l'argent, qu'on n'en avait po'inf, et qu'où n avait trouvé d'autre moyen de s'en procurer. Qu'il \'oudrait au surplus, (en s' adressant à nous) que nous fussions dans les congrès : que nous avions assez d'esprit et de connaissances pour

mener les affaires ; mais que, malheureusement, nous n'étions pas consultés: sur quoi, me tournant vers le C Salteur, vu que le discours du P. P. paraissait s'adresser plus particulièrement à nous deux qui tenions le dé, je lui ai dit en riant : (( enregistrons ce compliment » — on est allé diner.

à présent, il ne reste plus que se recommander à la Providence.

20. Départ de nui femme et de mes enfants pour Moutiers, sur le bruit d'une invasion prochaine des François, elle emporte mon argent, mon argenterie et quelques linges —

22 samedi, invasion des François, pluye horrible, fuite infâme de la troupe. Trahison ou bêtise des généraux déroute incroyable et même un peu mystérieuse, suivant quelques personnes. C'est la honte éternelle diù gouvernement et, peut être, l'anéantissement de l'état militaire.

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