‹ Les castes dans l'Inde: les faits et le systèmeChapitre 38 sur 111 · J. Chaudra Ghosb, Cale, flet;., avril 1880, p · texte numérisé non relu

J. Chaudra Ghosb, Cale, flet;., avril 1880, p

assez dominant, pour mériter un nom spécial. On Ta appelé hyper garnie.

Signalé sur bien des points ', c'est parmi les brahmanes dits kulinas du Bengale qu'il a, jusqu'à ces derniers temps, produit les conséquences les plus frappantes, à telles enseignes, que pour cette caste au moins, le cas est devenu caractéristique. Le désir passionné chez des brahmanes moins bien nés d'unir leurs filles à des Kulînas, joint à l'impossibilité pour ceux-ci de marier les leurs dans un rang plus humble, à la facilité qui leur est laissée de prendre, sans déchéance sensible, des femmes dans des castes de brahmanes moins relevées, a eu pour effet de produire chez les Kulinas un développement absolument anormal de la polygamie 2 . Il en est résulté une situation morale et sociale qui a provoqué des plaintes trop justifiées. Mais, en somme, il s'agit ici d'une conséquence extrême, non d'une de ces règles positives dont je m'efforce de dégager les principales pour donner au lecteur une idée vivante d'un système si éloigné de nos habitudes.

On pourra s'étonner que je n'aie point encore

1. Cf. par exemple, Nesfield, p. 18 ; lbbetson p. 512, 456 ; Risley, p. LXXXII suiv.

2. Ward, View of the history, etc. of the H indus, I, p. 79 suiv. ; V. N. Mandlik, p. 448-9 note.

envisagé l'aspect religieux de la caste. Dans une société de type en somme très primitif comme la société hindoue, l'idée religieuse n'est étrangère à aucun fait, à aucun rouage et c'est justement un des caractères les plus saillans de la civilisation brahmanique que l'inspiration religieuse y est partout présente, qu'elle en règle tous les ressorts. Notre analyse n'en a pas moins le droit de distinguer entre les élémens spécialement religieux et ceux qui, encore que sous des influences religieuses plus ou moins lointaines, relèvent de ce que nous considérons couramment comme l'organisation sociale.

En elle- même la caste ne se présente guère sous un jour religieux. Les croyances diverses s'y coudoient souvent sans hostilité et sans gêne apparente. La conversion religieuse ne change rien par elle-même à la condition de l'individu dans la caste 1 . Telles castes mixtes sont composées de Jainas et d'Hindous. La variété des opinions n'y fait point obstacle au connubium 2 . L'influence même que l'Islamisme a pu exercer sur le régime a été lente et surtout indirecte. C'est en vertu de certaines règles de pureté violées ou minées par des pratiques contraires, non pas au nom d'un

i. Ibbetson, § 346.

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