‹ Les catacombes de RomeChapitre 78 sur 100 · LA SCULPTURE ET LES ARTS MIXEURS AUX CATACOMBES · texte numérisé non relu

LA SCULPTURE ET LES ARTS MIXEURS AUX CATACOMBES

La sculpture et les arts mineurs ont contribue, bien que dans une moindre mesure assurément que la peinture, à la décoration des catacombes. Il est nécessaire de dire quelques mots des statues et des sarcophages, des ivoires et des médailles, des lampes, des vases et des verres dorés qu'on a retrouvés dans les galeries et les cryptes de la Rome souterraine. Nous pourrons nous faire une idée plus complète et plus Juste de Tart chrétien primitif en le considérant tour à tour sous toutes ses formes. A quelque point de vue, d'ailleurs, qu'on l'envisage, il se montre à nous constamment avec les mêmes caractères : d'une part il se rattache étroitement à l'art païen de l'époque impériale, dont il emprunte les procédés, les motifs ornementaux et même, très souvent, les sujets ou les tvpes ; et d'autre part se manifestent en lui certaines tendances originales, qui sont l'apport incontesté de la religion nouvelle.

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LA SClLPTURt:

La sculpture chrétienne s'est développée assez tard. Peut-être les statues et les bas-reliels inspiraient-ils aux premiers chrétiens une métîance et une répulsion toutes particulières. La sculpture avait en eft'et pour mission principale, chez les Grecs et les Romains, de reproduire l'image des dieux et des déesses; elle donnait à ceux-ci corps et figure, et

«jusqu'aux apparences matérielles de la vie. Si l'on se hasardait à labriquer des statues du Christ, des apôtres et des marivrs, il fallait craindre que les fidèles ne fussent tentés de témoigner à ces purs simulacres une excessive vénération et de tomber à leur tour dans Tidolàtrie tant reprochée aux sectateurs des divinités païennes. Du reste, pendant les persécutions, il ciait bien difficile aux chrétiens de pratiquer à leur guise Fart de la sculpture, lis pouvaient peindre leurs fresques en toute liberté; une fois descendus dans le sous-sol de la Campagne romaine, ils n'avaient qu'à les exécuter à la place même qu'on leur destinait. Mais comment introduire dans les couloirs étroits des catacombes de gros blocs de marbre ou de pierre? Comment y ins-

I. On trouvera In description des sculptures les plus intéressantes des catacombes et la reproduction de quelquesunes d'entre elles dans le livre de O. Maruccim, Guida del mxiseo cyistiano Lateraneuse, Rome, 1^97.

taller des ateliers? Comment y fondre le bronze? Les sculpteurs travaillaient nécessairement à la surface du sol et à la vue de tous; les paiens savaient ce qu'ils faisaient, quels personnages ils mettaient en scène, quels sujets ils traitaient; le moindre indice de christianisme suffisait à exciter les soupçons et à provoquer une répression sévère.

On n'a rencontré dans les catacombes qu'un très petit nombre de statues.

L'une d'elles, découverte en i 55 i sur la voie Tiburtine et conservée maintenant au musée du Latran, représente un homme assis, vêtu d'une tunique et d'un pallium à larges plis; la tète et les mains sont modernes'. L'identification du personnage ne faitaucun doute : c'est saint Hippolyte, qui vivait au début du ni'' siècle; non seulement le lieu de la trouvaille correspond à l'emplacement du coemeterium beati Hippolyti que mentionnent les documents du moyen âge, mais encore sur les cotés du siège sont gravés, en langue grecque, les titres des écrits d'Hippolvte et l'indication du cycle pascal établi d'après ses calculs pour les années 222-334. Cette œuvre, qui rappelle tout à fait, par l'attitude et le costume, le style et la facture, les portraits de philosophes et de rhéteurs de l'art gréco-romain, a peut-être été façonnée elle-même dans un atelier païen : l'image de quelque écrivain profane sera devenue, par l'adjonction d'une tète nouvelle et d'inscriptions celle d'un docteur chrétien ; on connaît d'autres exemples de transformations analogues : les anciens fabriquaient couramment des statues impériales sur lesquelles ils

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