NOTRE-DAME
Longue de 138,70, large au transept de 49,45, haute
sous la grande voûte de 38 mètres, la cathédrale de Reims,
R ; 7 x | qui présente une surface couverte de 7.000 mètres, appar- | tient dans son ensemble à la première moitié du xm° siècle.
Elle est considérée comme le chef-d'œuvre le plus remarquable de cette époque et l'expression la plus parfaite de l'art gothique.
Elle fut construite sur les plans de Jean d'Orbais, de 1211 à 1241, sauf la partie supérieure de la façade et les deux tours, qui ne furent montées que pendant le xrv° siècle. Cette façade est cé
èbre dans les fastes architecturaux. Au-dessus
des lrois porches s'ouvre, au deuxième étage, une grande
se abrilée sous un are de décharge. De chaque coté
;urent de hautes arcad
éminées. Le troisième étage forme une galerie continue, abritant des statues de rois. De cette base s'é
ancent les tours, hautes de 83 mètres, dont le
couronnement est resté inachevé.
Au nord et au sud, une longue file d'ares-boutants, dont
les piliers sont surmontés de dais ajourés, enveloppe
l'édifice. Nulle part, comme à Reims, le système de ces membres d'architecture, les plus beaux et les mieux raisonnés qu
ait produits l'art gothique, n'apparait davanta
dans son rôle. Il y a même pris une importance exceplionnelle d'ornementation monumentale, la puissance des piles
ne faisant que mieux ressortir le décor des arcs-boutants.
L'intérieur, avec ses trois nefs très longues, offre un ensemble des plus riches et des plus imposants. Le plan offre cette particularité de montrer un transept plus
rapproché de l'abside que dans la plupart des églises de la
même époque. Avec ses collatéraux, il empièle d'une travée sur le chœur. Celui-ci est enveloppé d'un déambulatoire; sept chapelles rayonnent autour de lui. Commencées sur le plan cireulaire, à limitation de celles de Saint-Remi, elles
deviennent polygonales à la hauteur des fenêtres: elles sont plus larges et plus profondes que dans les églises antérieures. Les nefs ne possèdent pas de chapelles latérales; par suite de cette disposition el de l'absence de tribunes, elles sont abondamment éclairées.
À la fin du xv° siècle, un incendie considérable détruisit
toute la charpente, ainsi que la flèche centrale, calcina les élages supérieurs des quatre clochers du transept et toutes
les maconneries du couronnement. Sous les règnes de
Louis XI et de Charles VIII, des sommes importantes furent consacrées à la restauration de cet édifice, mais les travaux furent exécutés avec peu de soin et à l'aide de matériaux de mauvaise qualité, de sorte que les parties ainsi restaurées étaient, au commencement du siècle dernier, dans un état pire que celui des constructions primitives. On renonca, d'autre part, à reconstruire la flèche centrale, ainsi que les au de la corniche du
clochers qui furent dérasés au ni grand comble. A l'époque actuelle, la cathédrale de Reims a fait l'objet d'importants travaux de restauration générale, exécutés depuis 1860, sous la direction de Viollet-le-Duc; depuis 1874, sous celle de M. Millet; depuis 1879, sous celle de M. Ruprich-Robert, et depuis 1887, sous celle de M. Darey. Ceux qui s'exéculent actuellement sont confiés à M. P. Gout.