‹ Les cathédrales de FranceChapitre 32 sur 109 · MENDE · texte numérisé non relu

MENDE

la dignité de Gabalum. On trouva une enceinte circulaire de murailles assez vaste, formant probablement un cirque, au milieu de laquelle était une colonne en pierre calcaire, dédiée à l’empereur romain Posthume, monté sur le trône en 258. Cette découverte mit sur la voie : on. continua les fouilles et l'on mit au jour des restes extrêmement intéressants pour l’histoire de la localité.

La basilique épiscopale fut détruite dans les guerres affreuses qui désolèrent le pays. Les Barbares, les uns après les autres, promenèrent dans les campagnes et les cités, l’incendie et la mort. Les Vandales, au cinquième siècle, et les Sarrasins , au septième, laissèrent un monceau de ruines à la place où florissait auparavant Gabalum : maintenant une bourgade pittoresque, mais peu étendue, s'élève sur ses débris.

Deux siècles après son établissement à Javols, l’évèché fut transféré à Mende. Cette ville n’était alors qu’un village trèshumble, nommé Mimale. Saint Privat, évèque de Gabalum, qui s’y était retiré, fut martyrisé par les Vandales et enterré dans la ville même, où les fidèles entourèrent d’hommages son tombeau et obtinrent des grâces nombreuses par sa puissante intercession.

La cathédrale de Mende fut en proie à beaucoup de vicissitudes jusqu’à une époque à jamais glorieuse dans ses annales. Le pape Urbain V l'avait prise en affection singulière, et pendant tout le temps de son épiscopat, il voulut en être le protecteur immédiat. Il transféra l’évèque à un autre siége, et se réserva le gouvernement spirituel et l'administration

ecclésiastique qu’il confia à un vicaire. L'église, dégradée

par la vétusté et d'ailleurs bâtie dans de modestes proportions, fut entièrement reconstruite par le prélat dans un style plus orné et dans des dimensions plus convenables. Les travaux furent commencés en 1368 et continués avec une louable ardeur. Le vicaire apostolique y consacra tous les revenus de l'évêché, augmentés encore des largesses et des faveurs du souverain pontife. Malgré le zèle d'Urbain V, l'édifice ne put être entièrement achevé avant sa mort arrivée en 1370. Ses successeurs continuèrent l’entreprise et la menèrent à heureuse et parfaite exécution.

Ce monument magnifique était destiné à perpétuer le souvenir de la pieuse munificence d'un pontife illustre. 11 portait le caractère de cette belle et grandiose architecture de la dernière moitié du quatorzième siècle. Dans une contrée où les édifices du style ogival sont très-rares, il pouvait donner une idée exacte de la splendeur de l’art catholique dans les provinces centrales et septentrionales de la France. Mais dans le cours du seizième siècle, Mende, et le pays qui l'entoure, fut le théâtre des guerres civiles et éprouva, de même que les autres villes du Gévaudan, toutes les vicissitudes du sort des armes. Dans l'espace de trente années, cette ville fut sept fois prise, reprise et saccagée par les religionnaires et par les catholiques. Les édifices religieux furent dépouillés et démolis par ces hommes auxquels un déplorable aveuglement avait fait déserter la foi de leurs ancêtres. Pleins de haine contre toutes les grandeurs du catholicisme, on eût dit qu’ils voulaient abattre tous les monuments qui en démontraient l'antiquité, afin de n'avoir que des

édifices nouveaux comme leurs doctrines. En 1580, la ca-

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