‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 133 sur 303 · DE DOLE · texte numérisé non relu

DE DOLE

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TRANGE et rude apparaît cette église bretonne dans son vêtement de granit foncé, réfractaire au ciseau, dénué de sculptures. Son originalité s'étend au plan, de tracé insolite dû à sa situation près des remparts de la ville, auxquels elle se reliait.

Reconstruite à partir de 1203, elle fut terminée vers la fin du XIII' siècle, sauf les tours, continuées au XV L" siècle et conçues dans le style de Louis XII (1508). Elle

CATHEDRALE DE DOLE

offre une façade occidentale délabrée. Le portail est llanqué de deux tours ; celle du Sud est romane dans sa partie inférieure, tandis que son sommet est couronné d'une galerie flamboyante et que sa tourelle d'escalier se termine par un petit lanternon renaissance ; l'autre est massive et inachevée. La flèche de la tour a été abattue par les boulets deCondé en 1636. La «Sainte chapelle» est du X\' II" siècle.

L'ensemble tout d'une pièce, aux formes géométriques sans saillies, produit un effet imposant, mais lourd et peu gracieux. Comme beaucoup d'églises de la Bretagne elle forme un long vaisseau régulier, coupé vers le milieu par un transept à pignons, aux bras très développés. Elle offre trois nefs isolées de six travées, hautes seulement de 16 mètres, aux arches bien moulurées reposant sur des groupes de colonnes soudées à un noyau rond. Les chapiteaux, ornés de simples feuilles à crochets, ont de puissants abaques tout ronds.

Le triforium offre des arcades jumelles et larges. Le vaisseau est couvert de croisées d'ogives, que soutiennent de longues colonnettes enga- ^''^'- '93- - untéuiedr de la cathédrale de dole. gées à chaque pile, interrompues par des bagues. Le transept est muni au Sud d'un porche immense. A la croisée se voit une amorce de tour-lanterne couverte d'un toit pyramidal. Un chœur avec collatéraux et chapelles, une salle capitulaire complètent l'édifice. Le mur des chapelles du chœur est couronné d'un parapet crénelé ; des balustrades ajourées couronnent les corniches de la nef et bordent la terrasse du porche. Le beau portail du croisillon Sud est précédé d'un large porche ouvert, terminé à terrasse. A l'opposite le transept est fermé, pour la raison qu'il s'adossait autrefois au rempart, ce que rappellent les créneaux couronnant les chapelles.

A l'intérieur, Saint-Samson (c'est le vocable de la cathédrale) fait penser à une église anglaise par son chevet plat percé d'un immense fenestrage comme ceux d'Ely et de Lincoln ('). Ce chevet en fait un type à part différent de toutes les églises de

I. V. VioUet-le-Duc, Diction, rais. iV architecture, t. II, page 360, et Gauthier, Cathédrale de Dole, 1860.

son époque et de sa région. Sur les côtés du chœur et derrière son chevet circule un collatéral rectangulaire bordé de chapelles également rectangulaires, qui portent sa largeur à 27 mètres ; elles sont séparées par des piliers butants.

L'église garde des vitraux remarquables du XIII' et du XI V^ siècles.

La chapelle de Saint-Sainson, derrière le chœur (XIV*^ siècle), a été bien restaurée. Elle est munie d'un réduit, fermé d'une grille, où sont placés, pendant les messes, les aliénés amenés en pèlerinage à la chapelle.

On remarque au transept le célèbre tombeau de l'évêque Thomas James et de ses deux frères, chanoines de Dol, exécuté en 1507 par Antoine et Jean Lejuste, sculpteurs tourangeaux.

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