‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 153 sur 303 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

L'OPINION la plus répandue était naguère, que le style gothique fut introduit en Italie par des architectes allemands vers le milieu du XI 11= siècle. On admettait que les monastères construits alors par les Franciscains et les Dominicains étaient les plus anciennes constructions gothiques de la péninsule (-).

Cependant quelques auteurs (Thode, Ojetti,) ont reconnu, que l'origine de ce style en Italie remonte aux monastères Cisterciens, qui s'y établirent dès la fin du XI 1<^ siècle. Il en résulte que cet art est venu de la France et non de l'Allemagne. Un auteur Allemand, Dhome (3), n'a pas hésité à proclamer les Cisterciens « les missionnaires de l'art gothique en Allemagne ». Kahn est arrivé aux mêmes conclusions pour la Suisse. M. A. L. Frothingham a établi à son tour, que l'architecture gothique a été introduite en Italie par des moines français vers la fin du XIP siècle. Il a étudié une quarantaine de monuments cisterciens élevés en Italie dans le style français, pur de tout mélange italien (••). Mieux que lui, M. C. Enlart (^) a mis en lumière le rôle capital joué par l'Ordre de Citeaux dans ce mouvement d'expansion.

L'honneur d'avoir fait connaître l'art ogival à l'Italie revient à ces moines : le premier monument gothique de la péninsule fut l'abbatiale de Fossanova, près de Terracine, (i 187 à 1208), suivie de près par les églises plus gothiques encore de Casamari et de S. Maria d'Arbona, la première, non loin de Fossanova, consacrée en 1217; la seconde, fondée en 1208 dans les Abruzzes, tandis qu'en Toscane s'élevait celle de San Galgano, premier monument du style ogival dans cette contrée (1268- 1300) (^). En Toscane, San Galgano et la cathédrale de Sienne font école à la même époque, ainsi que Casamari et Chiaravalle, qui est une copie de Clairvaux. Dans toute l'Italie les Dominicains, puis les Franciscains, imitent, en la simplifiant, l'architecture des Cisterciens.

Quel était le caractère de cet art, dont l'importation eut de tels résultats et qui fut emprunté de toutes pièces à l'école gothique bourguignonne ?

Les voûtes romanes en berceau brisé de la Bourgogne s'étaient montrées, accompagnées de voûtes d'arêtes, dans les bas-côtés de Saint-Paul aux Trois Fontaines, près de Rome. A Saint-Nicolas de Girgenti, en Sicile, le berceau brisé de la nef est buté comme à Fontenay, près Montbard, par des berceaux latéraux perpendiculaires à l'axe de l'édifice.

La voûte d'ogives apparaît comme en Bourgogne, mêlée à la voûte d'arêtes. L'église de Fossanova n'a de croisée d'ogives qu'au carré du transept ; le reste du monument est voûté d'arêtes. A Barletta, en Fouille, l'église du Saint-Sépulcre, élevée en 1200, a des voûtes hautes sur croisées d'ogives, tandis que les collatéraux sont voûtés d'arêtes ; enfin, les églises de Casamari, S. Maria d'Arbona, S. Galgano, sont entièrement voûtées d'ogives.

1. V. W. W. CoUins,' Caihedral Ciliés of Italy, Londres, Heineman.

2. Saint-André de Verceil est de 1219, l'église supérieure d'Assise, de 1253, Saint-François de Bologne de 1236-1245.

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